Joutes oratoires francophones : le Québec, la Belgique et la France s’affrontent à Montréal

Pour la 2e édition du projet DéFI (Débats Francophones Internationaux), une délégation franco-belge affrontera une délégation québécoise en fin de semaine, lors du Championnat national d’art oratoire canadien 2015. Reçus par le Consul général de Belgique à Montréal, Karl Dhaene, à quelques heures de la confrontation, les jeunes jouteurs affûtent leur langue commune dans la métropole québécoise.

« C’est une plate-forme pour ceux qui aiment raisonner et débattre », explique Adam Sanson, directeur du Championnat canadien 2015. Gagnant d’une première place aux championnats 2014, étudiant à Polytechnique Montréal, le Québécois de 21 ans estime que le débat canadien est beaucoup plus rationnel et structuré qu’en Europe.

Cet avis est partagé par les participants français, pour qui l’éloquence et les effets de manche priment en Europe. D’ailleurs, beaucoup de participants européens étudient en droit ou en sociologie, alors que les débatteurs canadiens sont issus de toutes les disciplines.

Un échange qui s’inscrit dans la francophonie oratoire

Le championnat consiste à faire débattre des binômes, qui doivent argumenter en tant qu’Opposition à une proposition gouvernementale. Huit débats sont nécessaires pour espérer être sacré champion. « Avoir de l’intérêt pour la chose publique et pouvoir l’expliquer est essentiel », ajoute une participante.

La compétition est un partenariat conclu en 2013, entre la Conférence Olivaint (France et Belgique) et la Société Universitaire Canadienne de Débat Intercollégial (SUCDI). « C’est un échange qui s’inscrit dans la francophonie oratoire », indique Benjamin Boutin, coresponsable du projet. L’année dernière, 32 équipes s’étaient affrontées, et les inscriptions sont encore ouvertes pour la compétition 2015.

Créée il y a 140 ans, la Conférence Olivaint est le plus vieux cercle estudiantin de France. Des noms prestigieux, tels qu’Alain Juppé, Laurent Fabius ou Jacques Attali, ont marqué la vie de l’association. Le membership s’acquière par cooptation et la durée d’engagement est de trois ans.

L’immigration belge au Québec est plus soutenue depuis cinq ans

Le Consul général Karl Dhaene écoute les participants présenter la 2e édition du projet DéFI
Le Consul général Karl Dhaene écoute les participants présenter la 2e édition du projet DéFI

Le Consul général de Belgique à Montréal, Karl Dhaene, voit d’un bon œil cette compétition étudiante francophone. « On attache beaucoup d’importance aux échanges académiques entre la Belgique et le Québec », assure le diplomate. D’ailleurs, la Belgique, le Québec et la Suisse ont lancé il y a trois ans, la plate-forme G3, coopération entre l’Université libre de Bruxelles, l’Université de Montréal et l’Université de Genève. La plate-forme vise à positionner les trois universités dans le monde dans un environnement francophone. Le programme rencontre un grand succès et facilite les échanges entre étudiants, même s’ils ne bénéficient pas des conditions privilégiées des étudiants français. À l’automne 2013, 317 étudiants belges étaient inscrits dans des universités québécoises. Néanmoins, depuis cinq ans, l’immigration belge est plus soutenue selon le diplomate, car le Québec vient souvent recruter à Paris et à Bruxelles, et le Permis Vacances Travail (PVT) rencontre un vif succès. D’après les autorités québécoises, 10 000 immigrants belges ou nées en Belgique seraient présents dans la Belle Province.

Au mois de mai, la délégation québécoise sera reçue à Paris par la Conférence Olivaint pour participer à la coupe du monde de débat francophone organisée par la Fédération francophone de débat (FFD). Le projet DéFI veut s’élargir à d’autres associations et clubs de débat en langue française, et notamment à l’Afrique, afin de découvrir de nouvelles techniques d’art oratoire et promouvoir la francophonie.

Benjamin Boutin (France), Adam Sanson (Canada) et Sébastien Popijn (Belgique) se prépare pour la compétition :

(crédit photo : Nathalie Simon-Clerc – Légende : le Consul général de Belgique reçoit une délégation franco-belgo-québécoise)

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