Jean-Yves Leconte: L’accueil des réfugiés doit répondre à une logique européenne

En visite au Québec le 1er novembre, le sénateur des Français de l’étranger, Jean-Yves Leconte, s’est livré à un réquisitoire contre l’Europe qui n’aurait pas fait sa part dans la crise des réfugiés syriens, au cours d’une conférence sur le droit d’asile, organisée par le Club Jean-Jaurès de Montréal.

Par Nathalie Simon-Clerc et Yann Nopieyie

« L’ensemble de l’Europe n’a pas été à la hauteur », assène M. Leconte devant la trentaine de personne qui s’est déplacée au Gésu à Montréal.

En effet, le sénateur regrette que l’Europe, qui compte ½ milliard d’habitants, ait accueilli à peine un million de réfugiés alors que la Turquie, par exemple, en a accueilli 2,5 millions. « On est mal placés pour donner des leçons aux Turques », juge-t-il. Il dénonce même l’attitude frileuse de la France, qui devient peu attractive à cause du sentiment « anti-musulman » qui s’y développe. D’ailleurs, il cite ces étudiants libanais, rencontrés récemment, qui se demandent s’ils sont toujours les bienvenus en France pour étudier. « Développer les peurs sur ce sujet, c’est indigne », s’insurge M. Leconte.

Il juge même sévèrement l’attitude du premier ministre français, Manuel Valls, qui a fait la leçon à Angela Merkel, alors que l’Allemagne a accueilli 800 000 réfugiés.

Le parlementaire fait également remarquer que la majorité des réfugiés proviennent de pays où les nations occidentales sont intervenues militairement.

Le principe de Dublin doit être européen

« On a construit une zone Schengen sur une planète de Bisounours », persifle le parlementaire devant son auditoire.

Il préconise de donner plus de moyens à l’Europe en adoptant une logique fédérale; actuellement, le principe de Dublin qui réglemente le droit d’asile, fait obligation au pays d’entrée du réfugié, d’en traiter le dossier.

Selon lui, le droit d’asile doit répondre à une logique européenne et doit être géré par l’Europe. Puisque l’espace Schengen permet une liberté de circulation, le sénateur Leconte préconise une politique commune financée par la communauté européenne. « Il faut augmenter le budget de l’Europe, 1% du PIB, c’est ridicule ! », estime le sénateur des Français de l’étranger, qui réclame plus de moyen pour l’Europe.

Ramzi Sfeir, président du Club Jean-Jaurès
Ramzi Sfeir, président du Club Jean-Jaurès

Le parlementaire reste préoccupé par l’amalgame qui est fait entre réfugiés et attentats. « L’opinion européenne est très inquiète », rapporte-t-il. Il refuse d’en faire un enjeu politique et regrette l’attitude Laurent Wauquiez, président des Républicains, qui politise ce dossier.

Le président du Club Jean-Jaurès, Ramzi Sfeir, s’est dit satisfait de la conférence, qui a renforcé son sentiment européen : « Avec plus d’Europe, on peut faire plus de choses, et notamment accueillir convenablement plus de réfugiés ». Contrarié par les quelques messages « insultants » qu’il a reçus alors qu’il organisait la conférence, il a tenu à rappeler la mission d’information et d’explication du club qu’il préside.

(crédit photo: Nathalie Simon-Clerc)

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