Jean-François Copé en campagne à Montréal

(crédit photo : Rozenn Nicolle – Droits réservés)

De passage en Amérique du nord du 2 au 7 décembre, le président de l’UMP  a lancé un “appel d’unité” à ses partisans en vue des échéances électorales de 2014, et celles de 2017.

Jean-François Copé a bien sûr rencontré des ministres au cours de son voyage de travail aux États-Unis et au Canada. Mais, c’est également un président de parti en campagne qui s’est présenté devant la cinquantaine de militants réunis en ce samedi matin, à Saint-Lambert, sur la Rive-Sud de Montréal.

“Bienvenue à tout le monde”

“Il est très important que nous puissions envoyer un signal fort de rassemblement et de reconquête”, entame Frédéric Lefebvre. Le député de la première circonscription des Français de l’étranger, et l’”ami” de Jean-François Copé, sait de quoi il parle. Loin de faire l’unanimité, son investiture aux élections législatives de 2012, puis lors des partielles de 2013 ont fait voler en éclats l’UMP locale. Plusieurs militants sont d’ailleurs toujours suspendus par les instances du parti.

Plus largement, près d’un an après la victoire contestée de Jean-François Copé à la tête de l’UMP, les tensions et les divisions restent palpables, en attestent les dernières déclarations de son principal adversaire, l’ex-premier ministre François Fillon, au micro de RTL : “Il y a eu une élection à la présidence de l’UMP qui n’a pas été honnête, qui n’a pas été transparente (…) On ne peut pas baser la légitimité d’une formation politique sur des pratiques qui ne sont pas honnêtes. »

Le patron de l’UMP livre un tout autre son de cloche. Si la crise de 2012 était inévitable après la défaite de Nicolas Sarkozy face à la gauche, Jean-François Copé estime que ces problèmes sont derrière. Devant les militants du Québec il prévient : “À l’UMP, nous disons bienvenue à tout le monde. Je ne laisserai pas les divisions internes l’emporter dans aucune fédération.”

La Belle province représente une réserve électorale pour le parti de droite, et c’est bien une opération de recrutement qui se mène en coulisses. “Quand je vois le nombre d’inscrits au Consulat, il y a un potentiel pour l’UMP”, avance l’ancien ministre du budget. Ainsi, de New York à Montréal, il passe le message au risque de faire grincer quelques dents  : “Ouvrez vos bras et vos coeurs à ceux qui veulent nous rejoindre, et à ceux qui, hier, étaient dans la division! Je compte sur vous!”

Légiférer par ordonnances pour débloquer la France

Une fois dressé le portrait de la “France qui va mal” sous les coups d’une politique socialiste qualifiée de laxiste et dangereuse, Jean-François Copé souligne l’apport essentiel des 2,3 millions de Français de l’étranger pour mener l’UMP au pouvoir. “La France attend un grand message de vision pour l’avenir, et votre expérience peut nous y aider”, déclare-t-il aux militants et sympathisants présents.

Élections municipales, européennes, élections à l’Assemblée des Français de l’étranger, l’année 2014 sera le test électoral de la droite avant les présidentielles de 2017, selon Jean-François Copé.  Il détaille à nouveau sa stratégie d’un “pacte présidentiel” en cinq grandes réformes : la révision du temps de travail et annulation des 35 heures, l’allègement bureaucratique et réglementaire, la réforme des retraites, celle de la politique d’immigration, et enfin la restructuration du système scolaire. “Parce que la situation de crise en France l’exige, nous légiférerons par ordonnances durant les 6 premiers mois”, ajoute-t-il non sans faire référence à la politique mise en oeuvre par le Général de Gaulle en 1944.

“Le FN c’est du bluff”

Le premier représentant de la “droite décomplexée”, dénonce ensuite l’épouvantail d’une droitisation de l’UMP, régulièrement agité par ses opposants pour justifier la montée du Front national. “ La droite décomplexée, c’est une droite qui n’est pas dans le déni. Ce qu’ils appellent droitisation résonne comme l’interdiction de parler des problèmes des Français sous peine d’être accusé de fascisme”, raille le président de l’UMP. Il ajoute : “Le FN c’est du bluff, ils ont un mal fou à constituer leurs listes (pour les élections municipales NDRL).”

Pour Jean-François Copé si l’extrême droite l’emporte lors des prochains scrutins, ce sera la faute du gouvernement socialiste. “Je ne vais cesser de marteler le même message, dit-il,  si vous voulez dire stop au FN, il faut absolument voter UMP dès le premier tour.” Ainsi, tout rapprochement de candidat UMP avec le FN lors des élections municipales de 2014 sera sanctionné par une exclusion du parti.

L’ombre de Nicolas Sarkozy

Le message est clair. En se positionnant comme l’homme du rassemblement, Jean-François Copé tente d’imposer son leadership. Problème, au-delà des querelles internes, le spectre du retour de Nicolas Sarkozy plane toujours au-dessus de lui. Hasard du calendrier, l’ancien président de la République était d’ailleurs à Montréal en début de semaine dernière pour rendre hommage à son ami, l’homme d’affaires Paul Desmarais.

La visite de Jean-François Copé en vidéo

Une réponse

  1. ccom
    ccom at |

    Habillés exactement pareil, même gestuelle (mains qui tripotent leur alliance) ….rien de très inspirant !!!

    E pourt les municipales, qu’ils courtisent donc juste les citoyens VRAIMENT concernés, c’est-a-dire les Français de France qui vivent en France.

    On vit à Montréal, ou ailleurs au Québec ou au Canada- on vote dans notre municipalité ici. On n’a pas à voter en plus aux municipales françaises.

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