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Immigration au Canada : mettre fin aux fausses croyances

Par Camille Feireisen

Mercredi soir, le tout récent club UDI-Montréal organisait son premier café-LUDIQ dédié à l’immigration des Français au Québec, au café République de la rue Peel. Une vingtaine de personnes était venue écouter, attentive, les conseils avisés du coordinateur et directeur général de l’association LEGIT-QUÉBEC, Patrick Herbelin qui aide les personnes dans leur parcours d’immigration au Canada et au Québec. 

PVtistes, Jeunes Pro, résidents temporaires ou permanents, Monsieur Herbelin a tenté de donner un maximum d’indications pour aider les Français expatriés. L’occasion aussi de parler du nouveau système d’immigration, qui sera adopté le 1er avril et d’éviter quelques écueils désagréables.

L’immigration au Canada: du cas par cas

Émigré depuis 2001 au Canada, Patrick Herbelin a vécu bien des déboires avec les services d’immigration. Aujourd’hui citoyen canadien, il a décidé d’aider ses compatriotes à s’installer dans la belle province, avec son équipe de consultants. En ligne gratuitement ou en prenant rendez-vous (frais de 200 dollars, taxes incluses), ces spécialistes de l’immigration sont capables d’intervenir de A à Z dans la gestion d’un dossier.

Il voit d’ailleurs d’un oeil très critique les sites comme immigrer.com ou PVtistes.com, qui donne, selon lui, de mauvais conseils aux nouveaux arrivants. « C’est du cas par cas les dossiers et c’est pour cela qu’il faut demander conseil pour être guidé vers les meilleures façons de procéder », insiste-t-il.

Et pour mettre tout de suite les « points sur les I » le directeur de l’association de rappeler : « il est faux de dire que c’est facile d’immigrer au Canada parce que nous sommes Français, nous sommes des étrangers ici. » L’un des seuls avantages pour les ressortissants de l’Hexagone, comme pour d’autres européens, c’est de ne pas avoir besoin de visa pour débarquer au Canada. Un Français peut donc entrer sur le territoire canadien sans passer par l’ambassade canadienne avant. Toutefois, s’il désire séjourner ici, il doit faire une demande de permis : permis d’études, de travail ou visiteur.

Le statut implicite c’est pas la panacée!

Monsieur Herbelin a déjà fait face à pas mal de fausses croyances quant au statut implicite, « qui n’existe pas » rappelle-t-il d’emblée. Ce faux statut consiste à faire la jonction entre deux permis temporaires. Aussi, rester au Québec après la péremption de son permis temporaire, dans l’hypothétique recevabilité d’un futur permis, est assez dangereux. « C’est un jeu que l’on pourrait comparer à la roulette russe, estime Patrick Herbelin. Si vous recevez votre second permis, tout va bien, mais s’il vous est refusé pour X raisons, vous serez resté de façon illégale sur le sol canadien pendant plusieurs mois parfois. » Même si monsieur Herbelin admet utiliser ce recours, il insiste sur le fait que cela doit se faire « en toute connaissance de cause ». De plus, toute demande pour un autre permis temporaire doit se faire à l’intérieur du Canada.

Idem pour la technique dite du « tour de poteau » dont les forums délivrant les conseils pullulent sur la toile. La méthode consiste à sortir hors du sol canadien quand le visa arrive à expiration et repasser les douanes américaines pour se procurer un nouveau délai de séjour. Patrick Herbelin rappelle que les agents d’immigration sont « très subjectifs ». « Ils ont un pouvoir discrétionnaire et sont les représentants directs du ministre de l’immigration, note-t-il. On peut négocier mais tout est dans la façon de présenter les choses. » Un agent de l’immigration a donc le pouvoir de déroger à la loi et accepter ou non, de laisser passer un immigré. « Il va pouvoir estampiller un accord de six mois comme d’une semaine sur votre visa de visiteur » rapporte le directeur de LEGIT.

Par ailleurs, Patrick Herbelin a insisté sur la nécessité de dire la vérité au passage des frontières. Pour les aventureux qui se risqueraient à rejoindre leur douce moitié Outre-Atlantique avec un permis visiteur, « ne dites jamais que vous vivez à l’hôtel si vous logez chez votre copain/copine », indique-t-il. Le risque : tomber sous le coup des articles 30 et suivants, qui stipulent l’interdiction de territoire pour fausses déclarations.

Privilégier les travailleurs qualifiés

Le premier objectif de l’immigration demeure d’enrichir le Canada, notamment grâce à une population qualifiée. Aussi, pour les étudiants qui ont reçu leur diplôme, il est possible d’obtenir plus rapidement un certificat de sélection du Québec (CSQ) et de débuter sa résidence permanente, grâce au programme expérience québécoise (PEC). En à peine un mois, l’étudiant peut recevoir ses papiers. Certains programmes universitaires ne permettent toutefois pas d’y postuler (les majeures, par exemple).

Pour ceux qui auraient entendu parler de l’entrée express, celui-ci ne concerne pas le Québec. « Il s’agit d’un essai à l’heure actuelle, raconte Monsieur Heberlin. Cela permet de faire un tri puisque ce sera le Canada qui ira chercher directement ceux dont il a besoin. »

Quant aux permis vacances travail (PVT), ils sont ouverts pour deux années successives depuis cette année. Les personnes qui recevront le précieux sésame pour vivre l’expérience canadienne un an pourront réitérer leur demande l’année prochaine. En revanche, pour ceux qui ont bénéficié du PVT en 2014, ce sera le retour en France à date d’expiration.

Le 1er avril, quelques changements devraient survenir du côté des règles d’immigration, notamment avec la réouverture des travailleurs qualifiés sélectionnés par le Québec, avec certains critères spécifiques, comme passer le test de français, avoir une année d’expérience professionnelle dans son domaine de compétence.

Les Cafés-LUDIQ pour aider les expatriés

À la tête d’UDI-Montréal, Arthur de Lembeye a rappelé sa volonté de faire du club un lieu de conversations et d’entraide pour les Français immigrés au Canada.  « Nous sommes présents pour vous aider, que ce soit pour discuter de vos parcours ou vous conseiller dans certaines démarches, tant administratives que fiscales », a-t-il souligné. L’un des prochains Café-LUDIQ devrait d’ailleurs se pencher sur les questions fiscales qui intéressent les Français au Canada.

crédit photo : archives CIC.GC.CA – Le ministre Alexander et la présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada, Marie-France Kenny, soulignent la première Semaine nationale de l’immigration francophone, qui se déroule du 3 au 9 novembre – Ottawa (Ontario)

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