IAM à Montréal: « Nous sommes d’abord et avant-tout un groupe de scène »

Dimanche dernier, le groupe français IAM était à Montréal pour conclure en beauté la 29e édition des Francofolies de Montréal. Quelques heures avant, les cinq compères marseillais s’étaient prêtés au jeu des questions des journalistes. Ils sont revenus sur leur longue carrière, sans une ride, et ont révélé regretter de ne pas avoir fait de scène pendant six ans, alors que L’École du micro d’argent venait de sortir, et qu’ils célèbrent les 20 ans de cet album cette année.

Par Félix Lacerte-Gauthier

L’École du micro d’argent, album mythique qui aura marqué les esprits et que IAM a fêté à Montréal le 18 juin dernier au cours d’un concert gratuit. Le groupe a profité de l’occasion pour revenir sur une carrière bien remplie. Akhenaton rappelait d’ailleurs ses premiers voyages à Montréal dans les années 1990 avec Shurik’n, où ils passaient des semaines à faire de la promotion, notamment auprès de radio universitaire. Il était d’ailleurs fascinant de les entendre parler de leurs premières tournées, où ils ont fait les premières parties pour Madonna et James Brown entre autres, avant même d’avoir sorti leur premier album. « Ce serait impensable aujourd’hui, d’avoir un groupe qui n’a pas sortie d’album faire la première partie d’une star internationale », s’exclame Akhenaton, qui revient également sur un concert à Marseille, où plus de personnes s’étaient déplacé pour IAM en première partie, que pour Public Enemy, qui était la tête d’affiche. Il revient aussi sur une autre anecdote qui l’a marqué. « À 18 ans, en 1986, j’avais fait signé un disque vinyle par Rakim. En 2013, on a joué avec lui à Central Park. J’ai eu l’occasion de lui refaire signer le même disque », confie-t-il.

Moins d’argent pour la musique

Les membres du groupe auront également eu l’occasion de réfléchir à ce qui a changé au cours des vingt dernières années. D’abord, les échantillonnages (sample) sont beaucoup plus difficile à obtenir, et peuvent coûter des dizaines de milliers de dollars. « Sur Rêvolutions, on a eu 10 demandes de sample qui n’ont pas aboutis », dévoile Akhenaton. L’importance des vidéoclips a également changé, alors qu’à l’époque de L’École du micro d’argent, plusieurs morceaux ont eu droit à leur vidéo, et que ceux-ci disposaient d’un important financement. « La vidéo était beaucoup plus présente, entre autres à la télévision, alors ce qui n’est plus le cas, explique Shurik’n. Il y a donc moins d’investisseur pour les financer. »

Pas de scène pendant six ans, des regrets

Ce fut aussi l’occasion d’entendre les membres du groupe parler de leur plus grand regret, celui d’avoir délaisser la scène pendant six ans. « On avait seulement fait 22 concerts pour L’École du micro d’argent, révèle Akhenaton. À titre comparatif, pour Arts martiens et pour Rêvolutions, on en a fait plus de 250. » Par la suite, plusieurs projets personnels ont fait en sorte que les membres du groupe n’ont pu livrer de concert. « La première fois qu’on est remonté sur scène, en 2003 à Montpellier, pour faire la tournée de Revoir un printemps, on a vraiment regretté cette longue absence, confie Akhenaton. On s’est juré de ne plus jamais perdre contact avec notre public. IAM est d’abord et avant tout un groupe de scène. »

Malgré le temps qui passe, le groupe refuse de s’asseoir sur ces lauriers. « On déteste les florilèges avec d’anciens morceaux, s’exclame Akhenaton. On sort de nouveaux albums, on continu de créer, et c’est important de pouvoir jouer ces morceaux sur scène. » Afin d’illustrer que le groupe n’est jamais satisfait et veut toujours pousser plus loin, Imhotep lance cette devinette. « Quelle est le meilleure album d’IAM ? Demande-t-il. Ce sera le prochain. »

IAM commente le rachat de l’OM et la prochaine saison:

(images: Nathalie Simon-Clerc)

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