Guts à Montréal : des compilations qui apaisent et réchauffent

Invité par la 19e édition du festival Montréal Électronique Groove (MEG), Guts a fait son apparition à Montréal pour la première fois depuis la dissolution du groupe Alliance Ethnik, il y a 10 ans. Le 31 août dernier au Belmont, l’artiste, à la fois producteur, digger, beatmaker et dj, a présenté ses perles sonores à un public enflammé. « Ce soir, ça va danser et zooker sur la crème des sons africains », lance-t-il avec assurance et enthousiasme quelques heures avant son dj set. Et sans conteste, les Montréalais vous le témoigneront : ça a groové comme jamais au Belmont jeudi dernier!

Par Léopoldine Frowein

Guts, des combinaisons musicales et une alliance d’origines découlant d’une unique source: le hip-hop

Afin de cerner les subtilités musicales de Guts, un retour dans le temps s’impose. Nous voici donc une quarantaine d’années en arrière, dans les ghettos américains. Transportés par les discours subversifs des Black-Panthers et influencés par les blocks party, les pionniers de la culture hip-hop, pour la majorité, des jeunes issus des banlieues, se rassemblent dans un besoin criant de s’exprimer. Afin d’affirmer leurs revendications, ils dansent, ils rappent, ils peignent des graffitis, et c’est ainsi qu’émerge le hip-hop en tant que mouvement contestataire.

Il y a quarante ans, Guts était séduit par cette volonté de changer le monde à travers l’art, ainsi que par l’énergie débordante et les influences africaines qui animaient le mouvement hip-hop.  À l’heure actuelle, le hip-hop a évolué, mais reste avant tout un partage et un moyen d’expression, pense le diggeur. « Aujourd’hui le hip-hop s’est démocratisé et s’est commercialisé. On l’associe trop souvent à la misogynie, à la violence, à un besoin de montrer son opulence. Alors qu’en soi le hip-hop était à l’origine un mouvement fédérateur, une communauté de jeunes passionnés qui s’entrainaient vers le haut. C’était un désir de rendre la vie plus belle à travers l’art. » 

© Guts  » Brand new Revolution  » – Album – Paradise for all

Communiquer la joie à travers la musique

« Si je fais de la musique, c’est pour répandre ses bienfaits. Je veux que la musique adoucisse tes chagrins, tes douleurs et soignent tes cicatrices. Je veux que ma musique mette de la joie et de la bonne humeur dans ta journée, te permette d’arrêter de penser pour vivre l’instant présent. », confie l’artiste.

© Guts  » Man Funk  » ft. Leron Thomas –  Album – Hip Hop After All

Mais la musique de GUTS n’insuffle pas uniquement des sentiments d’amour ou des émotions joyeuses. Elle recèle de subtiles messages. Si l’on jette un coup d’œil au chansons de Guts, on retrouve des titres assez évocateurs, tels que « ghetto in paradise », « living like pigs », « brand new revolution », « give up your guns » etc. Une musique qui semble donc engagée, mais qui se veut avant tout libératrice.

© Guts  » Want it Back  » ft. Patrice –  Album – Hip Hop After All

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