La France veut exporter sa frégate militaire multimission au Canada

La France est venue faire une démonstration de force militaire pour présenter sa frégate multi-mission quelques semaines avant l’appel d’offre de la marine royale canadienne qui souhaite acquérir de nouveaux navires de surface.

Par Lise Ouangari 

La semaine dernière, arrimé au quai de l’horloge, un navire militaire de 6000 tonnes et 142 mètres de long tranchait avec les petits bateaux de plaisance qui ornent habituellement le paysage du vieux port de Montréal.

La Frégate multi-mission (FREMM) Languedoc, a fait escale pendant quatre jours, du 24 au 28 septembre, à Montréal après avoir participé à l’exercice de guerre anti-sous-marine interallié de Cutlass Fury à Halifax. La France a pu profiter de cet entrainement qui avait pour vocation d’améliorer la coopération des forces alliées, pour convaincre des qualités de son bateau numérique.

« C’est du concentré technologique tout ça », se réjouit Olivier Casenave-Péré, le président de DCNS Technologies Canada. Le groupe français de l’industrie navale militaire DCNS, dont l’actionnaire majoritaire est l’État français, a implanté sa filiale à Ottawa en 2014 pour travailler à des fins de promotion et lobbying en vue de décrocher le contrat de la marine royale canadienne qui souhaite acquérir une dizaine de nouveaux navires de surface. L’appel d’offre de son programme « Canadian Surface Combattant » devrait être lancé dans quelques semaines.

La FREMM est un genre de couteau-suisse

L’ambassadeur de France au Canada, Nicolas Chapuis a souligné « le bon en avant de la modernisation des forces de surface françaises. C’est un bon exemple pour la marine canadienne », a t-il ajouté. À l’heure où les guerres sont technologiques et numériques, la France espère tirer son épingle du jeu avec un bâtiment de toute dernière génération. « Les FREMM sont les plus modernes déployées en mer, elles ont le plus haut niveau de technologie », rapporte l’ambassadeur.

La FREMM peut agir dans tous les domaines de lutte. « C’est un genre de couteau-suisse »,  a décrit l’Amiral Beaussant, l’expert de la marine française chargé de mettre en oeuvre le bateau.

D’abord anti-sous-marine, la frégate est aussi dotée d’une capacité anti-aérienne, anti-navire et d’une capacité de frappe à terre. À part la marine américaine, l’armée française est la seule à être dotée de missiles de croisière navale qui peuvent frapper un objectif à terre à plusieurs centaines de kilomètres.

Avec un équipage réduit, les évolutions de la FREMM veulent répondre à la volonté du gouvernement français de « défendre à moindre coût » rapporte l’ambassadeur.

« Pour nous c’est une vrai révolution de passer de 250 à 108 marins » a renchérit l’amiral Beaussant.

Si le Languedoc a pu illustrer l’excellence française en matière d’industrie militaire navale, DCNS devra convaincre de s’associer aux industries locales pour répondre à l’appel d’offre car le gouvernement canadien souhaite faire appel à l’industrie et la technologie canadienne. DCNS est notamment en concurrence avec le constructeur canadien Lockheed Martin. Tout l’enjeu pour le constructeur français sera donc de faire de sa frégate multi mission un navire canadien.

(crédit photo : Conrad Vitasse)

 

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