Le fonofone, une application de création sonore développée par deux Français de Montréal

Soirée très réussie au Centre Phi à Montréal mercredi dernier pour le lancement du Fonofone, une application de création sonore sur iPad/iPhone de COSIMU, organisme à but non lucratif montréalais dont la mission est de développer des outils numériques destinés à l’apprentissage de la création musicale.

Par Cécile Lazartigues-Chartier, Collaboration spéciale
Consultante en Interculturel, stratégie et développement (1)

Le fonofone est un  instrument  de création sonore disponible sous forme d’application iPad/iPhone. Une façon très actuelle de développer son imaginaire sonore d’une manière ludique, intuitive et spontanée.  Le fonofone permet d’enregistrer des sons de notre environnement direct (claquement de porte, un bâillement, une automobile en marche, etc.) et de se les réapproprier au travers de l’expérimentation. Le but avoué de cette application est de rendre la création musicale simple et accessible sur iPad/iPhone.

Deux jeunes français bourrés de talents derrière la programmation de l’application

Au Québec depuis plus de cinq ans, Sébastien Mourey et Mathieu Lescure ont des parcours riches et atypiques. Ces deux ingénieurs cultivent créativité et techno avec brio.  Avec de très sérieux bagages académiques, Sébastien en ingénierie (Paris) et Mathieu en génie logiciel (Bordeaux et Toulouse), ils ont fait leurs armes dans différents milieux, des plus classiques comme France-Télécom aux jeux vidéo éducatifs en passant par un crochet par Télécoms Sans Frontières, une ONG spécialisée dans les télécoms.

Si Mathieu Lescure a un côté plus technique qu’artistique,  il prend néanmoins beaucoup de plaisir à créer des outils qui permettent à d’autres d’exprimer leur créativité. Sébastien Mourey, quant à lui, fait de la musique depuis son adolescence et a découvert l’art génératif ainsi que de nouvelles façons d’interagir avec un instrument, de créer du son et d’explorer cette matière. Le développement et la démocratisation des interfaces tactiles, des smartphones et des tablettes ont alimenté cet intérêt, qui est aujourd’hui une composante fondamentale des applications qu’ils  développent chez Inookta.

Ils s’étaient rencontrés en travaillant et avaient en commun une riche expérience, un certain besoin d’indépendance, de liberté et une grande envie de créer leurs propres projets. C’est ainsi qu’est né Inookta en 2016. Ils ont déjà développé des applications d’exploration sonore telles que Tao Mix et iOS Tao Mix2, une application récompensée par Apple à plusieurs reprises. Le lien entre le projet du fonofone et les talents des français coulait de source !

Le fonofone, la rencontre de la création sonore et de la technologie accessible au grand public

Après 15 ans d’expérimentation, le compositeur Yves Daoust,  directeur de COSIMU, et Alexandre Burton, artiste multimédia, ont développé cet outil grâce à l’interaction avec plus de 3 000 jeunes au cours de centaines d’ateliers de création dans les écoles et camps musicaux du Québec. Compositeur, pédagogue et chercheur, Yves Daoust  qui œuvre dans le milieu musical québécois et international depuis 1976 a largement contribué au développement de la musique électroacoustique sous toutes ses formes au Québec, par ses œuvres, mais aussi par ses activités de communicateur et de producteur. Professeur dans le réseau des Conservatoires (Montréal et Québec) il a développé l’enseignement de la composition électroacoustique.

L’expérimentation in situ avec des jeunes, un regard pédagogique et créatif

En collaboration, Yves Daoust et l’artiste et luthier numérique Alexandre Burton ont un premier instrument, le Musicolateur, petit pupitre équipé de quatre plaques tactiles permettant du bout du doigt et de manière intuitive de transformer le son de toutes sortes de manières. Des centaines d’ateliers de création furent donnés dans les écoles et divers lieux culturels dont   plusieurs collaborations avec des ensembles permirent aux élèves de se retrouver sur la scène, au milieu de musiciens professionnels notamment l’ensemble I Musici, en 2005, alors sous la direction du regretté Yuli Turovsky. Puis, durant trois années consécutives, des groupes d’ados au Musicolateur eurent l’immense bonheur d’être jumelés à l’Orchestre Symphonique de Longueuil, sous la direction de Marc David, et au quatuor de saxophones Quasar.

Depuis le tout début, le projet fonofone est basé sur l’interaction avec les jeunes.   Par exemple, depuis trois ans, le compositeur Alexis Raynault  anime des ateliers de création sonore au camp musical Père Lindsay. Pour une troisième année consécutive, l’activité fonofone est offerte lors des « rendez-vous popcorn » du Festival RVCQ (Rendez-vous du Cinéma québécois). Des ateliers sont également donnés à l’étranger et la France n’est pas en reste notamment au Centre Georges-Pompidou (Paris) !

Le fonofone, une communauté grand public de partage et de connexion de création musicale

S’il est vrai que le fonofone est un outil individuel de création intuitive et ludique (pas de besoin d’être un geek pour l’utiliser), il n’en demeure pas moins que l’idée de partage et de communauté est importante. La trame de fond qui sous-tend le fonofone est la connexion entre les utilisateurs pour favoriser une certaine entraide créative et créer une synergie. L’application permet la possibilité à des milliers de créateurs, petits et grands, quelle que soit leur origine géographique de rentrer en contact pour créer ensemble. La technologie à son meilleur !

www.fonofone.com – www.inookta.com

(crédit photo: Vincent Marchessault  – fonofone – gracieuseté)

(1) Cécile Lazartigues-Chartier
Consultante en Interculturel, stratégie et développement, Cécile Lazartigues-Chartier, grande voyageuse, a toujours été curieuse de l’Autre. C’est en 1997 qu’elle choisit de quitter la France pour s’installer en famille à Montréal. Une belle aventure qui perdure depuis avec bonheur.
C’est après ses études universitaires en Europe (Lettres, Communication et un DESS en commerce international), qu’elle s’est orientée tout naturellement vers des milieux stimulants et créatifs. Sa riche expérience internationale lui permet de faire le pont entre ici et ailleurs, un motto qui demeure fondamental dans toutes ses activités. Ses centres d’intérêt éclectiques l’ont amenée à collaborer à des projets très variés (Arts, édition, communication, stratégie et développement international). Son expérience de milieux très diversifiés lui permet vision, souplesse et ouverture.

Agir en tant que consultante en Interculturel (L’art et la manière – Conseil en interculturel) est une manière d’être fidèle à des valeurs humanistes de partage, d’ouverture à l’autre tout en mettant son talent et son expérience internationale au service d’un savoir vivre ensemble.

www.lartetlamaniere-interculturel.com

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