La Fine Équipe et l’art du Beatmaking

Après le Brésil, l’Asie, le Costa Rica, et quelques tournées en Europe, la Fine Équipe se retrouve enfin à Montréal. Le 22 juillet dernier, le groupe de beatmakers était invité à jouer au Belmont, dans le cadre du Festival MEG – Montreal electronic groove. Rencontre avec trois des quatre membres de la Fine Équipe, Chomsk, oOgo, et Mr Gib : des projets à foison, une véritable passion pour la musique, et beaucoup de plaisir.

Par Léopoldine Frowein

Carpe Diem. « Avec notre musique, on veut avoir du plaisir et surtout en créer autour de nous ». C’est d’ailleurs une des raisons pour laquelle le quatuor a décidé d’appeler leur album la Boulangerie : « on aime les plaisirs éphémères qu’on retrouve dans des gourmandises. Il s’agit également d’un hommage à J. Dilla et à son album Donut ». Parmi les titres de leurs chansons, on retrouve notamment « tarte au citron », « perle de tapioca », « wish lorraine », une invitation à lâcher prise et ne pas se prendre au sérieux afin de pleinement profiter du moment présent.

La Fine Équipe, précurseurs du Beatmaking

Originaires de Paris et Marseille, c’est l’amour de la musique qui réunit les membres de la Fine Équipe, il y a déjà une dizaine d’années. À l’époque, les jeunes mélomanes touche-à-tout possédaient chacun une collection de vinyles et jouaient plusieurs instruments. Quand ils sortent leur premier album en 2008, la Boulangerie, la technologie dans le domaine de la musique électronique est bien moins avancée qu’elle ne l’est à l’heure actuelle. C’est pour eux « un défi quotidien » de s’y adapter, avouent-ils. Mais ils voient également plusieurs avantages à créer avec peu d’instruments. Il s’agit en quelque sorte d’une contrainte créative : « c’est très enrichissant de se limiter à peu d’outil pour composer, c’est comme ça qu’on arrive à développer, on se sent plus libre de cette façon », explique Chomsky.

Nowadays Records, une famille musicale

fine_equipeEn quête d’indépendance et ne trouvant aucun label qui leur correspond, les quatre acolytes décident de créer leur propre label, Nowadays Records, une façon pour eux d’élargir leurs projets musicaux plus librement. Leur volonté est de produire avec et pour un vaste public. C’est pourquoi ils réunissent à la fois soul, hip-hop, jazz, rock, reggae, remixent aussi bien des sons actuels que des chansons plus « old school », et multiplient les collaborations, que ce soit avec Fakear ou encore Superpoze. Néanmoins, Nowadays Records n’est pas pour autant une plateforme promotionnelle mais bel et bien une famille musicale. Les beatmakers choisissent les artistes essentiellement à cause des affinités qu’ils créent, et non à cause du style de l’un ou de l’autre. Au contraire, ils ont envie d’explorer de nouveau genre musical.

Enfin, influencés par la scène hip-hop, et grâce à des interludes faisant référence à des figures cinématographiques récurrentes, des collaborations abondantes et variées, la Fine Équipe maitrise incontestablement l’art du beatmaking en France et se démarque des autres rappeurs. Actuellement, les jeunes artistes ne rêvent plus que d’une chose, c’est de faire découvrir leur musique à l’étranger. Après s’être donné en spectacle en Thaïlande, en Birmanie ou encore au Cambodge, la Fine Équipe se dit touché de voir un public aussi transporté par leurs représentations, et réalise l’importance de se produire aux quatre coins du globe, dans des lieux où le choc culturel frappe et ouvre de nouvelles portes.

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