Plein la vue pour petits et grands au cinéma Beaubien

Il y a foule au cinéma Beaubien pour la semaine de relâche. En cause, la 19e édition du Festival International du Film pour Enfants (FIFEM), qui depuis 14 ans a lieu principalement sous les toits du seul cinéma de quartier de Montréal, et qui accueille cette année le réalisateur français, Jean-Luc François.

Par Anne-Hélène Mai

Chaque année, plus de 15 000 paires d’yeux viennent découvrir ou re-découvrir de longs et courts-métrages destinés à la jeunesse. La directrice du festival, Jo-Anne Blouin, souhaite « préparer les cinéphiles de demain », offrir à ces têtes fraîches des films autres que ceux d’Hollywood, leur fournir de nouveaux horizons cinématographiques, en bref leur transmettre le goût du septième art.

En tout, 43 films de plus de 30 pays sont projetés au cinéma Beaubien, au cinéma du Parc, à la Cinémathèque et au Musée des Beaux-Arts depuis le 27 février et jusqu’au 6 mars. C’est une programmation ambitieuse et variée, qui met de l’avant les plus récentes productions tout en gardant en mémoire les œuvres majeures des précédentes décennies : cette année le festival rend hommage au réalisateur italien Enzo D’Alò (La Mouette et le chat, Momo à la conquête du temps) et à Co Hoedeman, connu pour ses court-métrages en stop-motion (Le Château de sable, Un Crocodile dans mon jardin).

Des histoires d’enfants sans téléphones intelligents

JLFrancois_toisond'orLe réalisateur français Jean-Luc François, créateur de T’choupi, s’est déplacé pour l’évènement, dans la foulée de la diffusion de sa série Les Mystérieuses Cités d’Or à la télévision québécoise durant le temps des Fêtes. En plus de permettre aux enfants de profiter des aventures cultes d’Esteban, Tao et Zia, cette suite de la série originale des années 1980 a replongé en enfance les parents nostalgiques.

Dans le cadre du festival, M. François et d’autres artistes de l’animation ont pu s’exprimer sur les nouveaux défis du milieu de la production jeunesse, le mardi 1er mars. En petit comité, dans un studio de l’Institut national de l’image et du son (Inis), on rappelait par exemple que le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) diminuait un peu plus chaque année le quota de productions canadiennes sur les chaînes du pays. De plus, les séries pour enfant étant intemporelles, il est bien moins dispendieux de piocher dans les inventaires que d’acheter de nouveaux long métrages.

C’est d’ailleurs en étant fidèle à la série archivée que Jean-Luc François est parvenu à séduire les diffuseurs. Des histoires d’enfants sans téléphone intelligent qui partent à l’aventure sans leurs parents fascinent facilement les gamins, explique-t-il. Il reste néanmoins à moderniser le design grâce aux techniques actuelles d’animation (la 3D notamment), dans lesquelles se spécialise la main d’œuvre montréalaise : les développements créatifs préalables se font la plupart du temps à Paris ou Angoulême dans les coproductions France-Québec.

Un jury composé de professionnels et d’enfants

Parmi les onze films en compétition officielle, sept seront présentés en première nord-américaine, tout comme le film d’ouverture Phantom Boy (Alain Gagnol et Jean-Loup Felicioli). Ce dernier raconte l’histoire de Léo, 11 ans et hospitalisé. Il a le pouvoir de sortir de son corps en fantôme, invisible, capable de voler et de traverser les murs. Il en profite pour aider un policier, blessé et cloué à son fauteuil roulant, à attraper un bandit qui entend prendre le contrôle de la ville de New York à travers un virus informatique.  C’est tout en délicatesse que ce film d’aventure aborde avec poésie la maladie, n’oubliant pas les touches d’humour et la fantaisie qui font sa fraicheur de film jeunesse. Le tout sous un coup de crayon simple et efficace, coloré et soucieux du détail, qui n’a rien à envier aux images de synthèse.

Le jury est composé de trois professionnels du cinéma et six enfants de 11 et 12 ans mordus de films et de popcorn. S’ajoutent trois jeunes blogueurs qui publieront critiques et commentaires sur le site internet du festival.

Le FIFEM fêtera ses 20 ans l’année prochaine, en même temps que le 375e anniversaire de la ville de Montréal. Un rendez-vous à ne pas manquer chaque année, pour s’immerger dans l’univers doux et spontané des enfants.

Page Facebook du FIFEM

(crédit photo : FIFEM)

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