FIFA: Une réalisatrice française Dans les pas de Trisha Brown

Marie-Hélène Rebois, réalisatrice française, présente, dans la catégorie FIFA compétition son nouveau film Dans les pas de Trisha Brown, présenté à deux reprises, à Concordia, le 26 Mars et le 1er avril, à Pointe-à-Callière, à la cité d’archéologie et d’histoire de Montréal.

Représenté dans la catégorie des meilleurs films internationaux, c’est à la séance du 26 Mars que j’ai pu assister afin de me faire mon propre avis sur le film et imaginer les chances qu’il aurait d’être récompensé en fin de festival.

Par Léa Villalba

Passionnée par la danse et le mouvement, ce n’est pas la première fois que Marie-Hélène Rebois filme le travail des danseurs en répétition et sur scène. Réalisatrice de documentaires sur des chorégraphes de renoms, elle compte dans sa filmographie Histoire d’une transmission, Dominique Bagouet à l’Opéra en 1999 ; Maguy Marin, la danse cachée en 2009 et plus récemment, en 2012, Merce Cunningham, la danse en héritage.

Ayant un fort intérêt pour la mémoire du corps, l’héritage et la transmission de la danse contemporaine, elle réalise Ribatz, Ribatz ou le grain du temps en 2003; Noces d’or, la mort du chorégraphe en 2007 et enfin, Le Geste créateur en 2008

C’est après quelques années d’absence en tant que réalisatrice que Marie-Hélène Rebois nous revient avec un documentaire sur la reprise du travail de la grande Trisha Brown, au ballet de l’Opéra de Paris.

La (re)construction d’une pièce

La réalisatrice nous amène dans les coulisses du ballet de l’Opéra de Paris en suivant Lisa Kraus, danseuse et grande complice de Trisha Brown, figure majeure de la danse contemporaine. Répétitrice de talent, elle se fait le témoin et la passeuse de l’œuvre Glacial Decoy auprès des nouvelles danseuses. Le film permet de voir le processus de mise en place d’une pièce, plus précisément de la reconstruction de cette œuvre, créée en 1979, qui devient alors une œuvre du répertoire du ballet de l’Opéra de Paris. Le spectateur assiste donc à tous les aspects de la transmission de la chorégraphie. On y voit l’apprentissage des danseuses, imitant la répétitrice puis se l’appropriant petit à petit, dans leur propre corps, l’importance de la scénographie de l’époque et les moyens mis en place aujourd’hui pour la reproduire ; enfin, le choix et l’essayage des costumes pour coller au mieux à l’époque de la création tout en restant dans l’ère contemporaine. Il s’agit là d’une construction en elle-même au vu de la différence d’époque. Construction qui aura pour finalité de se produire sur la scène de l’Opéra de Paris, comme on peut le voir sur le reportage, malgré le fait qu’il ne nous renseigne pas plus sur sa fréquence ni son éventuelle diffusion future.  

Un documentaire pour danseurs

La caméra de la réalisatrice est seulement passive et montre vraiment l’envers du décor. Il n’y a qu’une seule fois dans le documentaire où on interroge directement la répétitrice. Elle devient alors comme le personnage principal du film et on suit ce qu’il se passe à travers elle.

Cependant, il est difficile, pour un non danseur, de se plonger dans ce film, qui ne décrit aucunement l’aspect avant-gardiste de Trisha Brown, ni même sa révolution dans la notion de poids, de gravité et d’extrême fluidité pour les années 70-80. Le spectateur doit imaginer par lui-même l’ampleur des idées de cette chorégraphe pour l’époque et doit seulement regarder des danseuses actuelles reprendre des pas, qui paraissent beaucoup moins novateurs en 2017. Il apparait donc difficile pour un non-initié à l’histoire de la danse de vraiment comprendre le symbole de cette reconstruction ainsi que le personnage précurseur qu’est Trisha Brown. 

On peut cependant remercier Marie-Hèlene Rebois de mettre en lumière l’art de la danse, rarement glorifié dans le monde du cinéma, et de toucher à la finesse de cet art pour le montrer sous son plus beau jour. Cependant, fort est de constater qu’il s’agit d’un film pour un passionné de danse ou pour un initié à l’histoire de la danse au vu de ses non-dits et de son manque de repère historiques, qui alourdi la vitesse du film.

Le Festival International du Film sur l’Art (FIFA) a ouvert ses portes jeudi 23 mars à Montréal et présente plus de 170 films à son public jusqu’au 2 avril prochain.

(crédit photo: © Kaléo Films)

Dans les pas de Trisha Brown- bande annonce from Kaleo films on Vimeo.

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