La Dame de chez Maxime, en version années 80 à Montréal

La troupe de théâtre « Les Exclamateurs » présente au centre Calixa-Lavallée de Montréal, une version adaptée de la comédie de Feydeau, la Dame de chez Maxime, jusqu’au dimanche 21 Février. Philippe Molitor, metteur en scène redonne un second souffle à cette comédie du 19ème siècle, pour l’ancrer dans les années 80 montréalaises.

Par Manon Lefevre-Mons

Philippe Molitor a choisi de mettre en scène, avec son conjoint Stéphane Buechler, l’une des pièce de Feydeau qui selon lui, n’est pas la plus connue. Ceci étant dit, en la remettant au goût du jour, et grâce à de jeunes et talentueux comédiens, cette pièce pourrait soulever bien des interrogations. « La pièce parle d’identité, d’identité sexuelle, de ce qu’on est prêts à faire pour sauver les apparences, d’acceptation de soi et de l’autre. » Mettre en scène un spectacle, c’est aussi inviter le spectateur à se poser les bonnes questions, à rire tout en ayant un regard critique sur certains faits de société, sur certains comportements. Car, comme le dit Philippe Molitor, « rire, c’est réfléchir et c’est donc le meilleur moyen de faire passer des messages. »

Vers une version plus moderne

La Dame de chez Maxime se passe originellement à Paris, fin 19ème siècle et l’un des personnages principal la Môme Crevette est une danseuse au Moulin Rouge. Mais dans cette version de Philippe Molitor, il est question d’un transformiste du cabaret gay « Chez Maxime », dans le Montréal des années 80. Le lieu où se déroule l’intrigue a simplement été modifié pour Paris, pour créer « une forme de passerelle entre les deux rives de l’Atlantique ». Le choix de transformer complètement le personnage principal, révèle simplement l’idée de Philippe Molitor qui était de garder la sphère scandaleuse de l’intrigue

« Ce qui était scandaleux dans au 19ème siècle, ne l’était plus vraiment dans les années 80, donc on a choisi de compliquer la situation en changeant ce personnage de danseuse en transformiste. » Selon lui, il ne faut pas oublier que Montréal n’a pas été toujours aussi tolérante, et que le maire Jean Drapeau, dans les années 80 avait fait fermer les commerces gays. Les Jeux Olympiques allaient s’installer, et il ne fallait pas montrer une image « négative » de la ville. De plus, le metteur en scène tient à mettre en avant que oui, l’évolution de la société a permis plus de tolérance, mais que tout ceci est encore bien faible

« Les gens disent que les temps ont changés, que l’on est plus tolérants maintenant, mais je me demande vraiment si on est plus tolérants qu’à l’époque, si en 2016 un médecin reconnu pourrait se réveiller avec un transformiste à ses côtés sans faire face aux jugements. »

La mixité culturelle sur scène

La troupe de théâtre « Les Exclamateurs » est bien particulière, et rajoute un petit quelque chose à la pièce de Feydeau. En effet, comme le dit Philippe Molitor « ce qui est très intéressant c’est que la troupe est composée à peu près pour moitié d’immigrants Français, Belges ou Suisses et de Québécois nés ou vivants depuis de nombreuses années au Québec. » Cette troupe, qui fêtera ses 10 ans très prochainement, offre une mixité culturelle sur scène, visible par les spectateurs. Chacun se reconnaît, y trouve une histoire, un attachement particulier. Le centre Calixa-Lavallée, situé dans l’arrondissement Plateau-Mont Royal accentue cette proximité avec la communauté française.

REPRÉSENTATIONS

  • Jeudi 18 février 2016, 20h
  • Vendredi 19 février 2016, 20h
  • Samedi 20 février 2016, 20h
  • Dimanche 21 février 2016, 14h

Au centre culturel Calixa-Lavallée : 3819 Avenue Calixa Lavallée, Montréal

Laisser un commentaire