Festival Mural : les capteurs de rêve de GREMS

Pour son premier graff sur le boulevard Saint-Laurent, le Festival Mural de Montréal, qui avait lieu du 9 au 19 juin dernier, a prêté son mur à Michaël Eveno alias GREMS, rappeur, designer, et graffeur français. Rencontre avec un artiste au style antique, qui n’a pas sa langue dans la poche.

Par Charlotte Lopez

En plus de réaliser un très grand graff au coin Saint-Laurent et Milton, GREMS était également à Montréal en tant que rappeur. Il a ainsi participé au Festival Mural autant pour sa peinture que pour son rap : « Ici les gens comme moi on les appelle des « grapeurs », j’ai beaucoup rigolé quand j’ai appris ça, lance GREMS. Il y en a énormément ici, alors qu’il n’y en a pratiquement pas en France; à Montréal c’est normal, en France c’est un autre niveau, ça leur fait peur. »

La vague d’immigration française qui existe depuis plusieurs années au Québec n’étonne pas du tout le « grapeur » qui pense que « les vrais Français sont ceux qui viennent voir ce qu’il se passe ailleurs ». Selon lui, ces derniers représentent plutôt bien les valeurs françaises. « Je ne suis pas surpris de voir autant de Français ici, la manière de faire anglo-saxonne est plus rapide et simple; dès que je pars de France, c’est super agréable donc je suis bien ici. »

Un style antique

S’inspirant des religions, de différentes tribus, mais aussi d’ancêtres comme les Grecs, ou les Égyptiens, GREMS met en avant « un langage réutilisé par les humains depuis la nuit des temps ». Il développe un alphabet qui s’inspire également de plusieurs cultures comme celles de Nouvelle-Calédonie, ou encore d’Afrique du Sud : « Si je peux donner de l’amour et du plaisir aux gens avec de la couleur, c’est très bien », déclare-t-il.

Concernant sa peinture représentant des gros capteurs de rêve, il explique que « c’est pour enlever les cauchemars de Montréal, car ici il y a certains Français qui se la racontent un peu, donc avec mon gros dessin je leur donne un talisman pour qu’ils ne reviennent plus, c’est ça le message. »

Un reportage de Léopoldine Frowein et Charlotte Lopez :

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