Eva Rostain, la Française qui produit l’humour et la musique à la française

Arrivée le 15 septembre 2009 à Montréal, rien ne prédestinait Eva Rostain à devenir la directrice de production qu’elle est aujourd’hui. La désormais citoyenne canadienne de 35 ans s’est lancée, début mai, dans une toute nouvelle expérience : ouvrir son agence de production.

Par Camille Balzinger

De l’humour, de la musique, toujours à la française

Orientée vers l’humour et la musique, As One Production veut favoriser les échanges entre artistes francophones – québécois et français surtout. La nouvelle soirée qu’elle organise au Belmont s’appelle Le Joker. « On veut créer un public cent pour cent français, » explique Éva. À chaque édition, une fois par mois, elle propose à des humoristes de montrer leurs shows à un public exclusivement français, et ce dans deux optiques : permettre aux humoristes bleu-blanc-rouges de trouver un public comme en France, et aux humoristes locaux de tester leurs jokes sur ce même public.

Mais Éva est aussi dans la musique. Elle est co-productrice des soirées NTM, connues à Montréal pour passer des classiques français. « Le but c’était de faire des soirées qui ressemblent à celles qu’on fait en France, entre potes, en baskets jogging. » La prochaine aura lieu le 13 juin, et attirera, dans la lignée des précédentes, plus d’une centaine de personnes.

Des manières de faire à la française donc, mais loin d’un communautarisme ou d’une idée d’entre soi : « on est au Québec, bien sûr que les Québécois sont les bienvenus, ça fait simplement plaisir d’importer un peu de France ici, » précise Éva. Et c’est précisément sur ce même axe que sa boîte de production se positionne.

Rassembler 6 ans de réseautage en une aventure : As One Production

Au-delà de l’organisation de soirées musicales ou humoristiques, c’est seule qu’Éva a décidé de se lancer dans une nouvelle aventure : ouvrir sa propre boîte de production. « As One production, c’est rassembler 6 ans de réseau en tant que travailleur autonome. Ça fait depuis novembre 2018 que j’y travaille. »

Si Éva en est là aujourd’hui, ce n’est cependant pas dû au hasard. Lorsqu’elle s’expatrie à Montréal pour travailler chez son cousin il y a 10 ans, l’expérience n’est pas concluante. Elle transforme alors son visa en PVT et commence à travailler pour un centre d’appel en assurance, et à découvrir la nuit montréalaise. C’est lors d’une soirée qu’elle rencontre un réalisateur pour qui elle fera de la figuration une dizaine de fois, avant de passer tout naturellement derrière les caméras. De fils en aiguille son réseau se tisse.

Sociable et curieuse, Éva multiplie les contacts et se fait solliciter de plus en plus pour trouver des salles pour des artistes, être responsable de scènes pour le festival Mural… Tant et si bien qu’elle devient actrice incontournable de la scène culturelle montréalaise. « Je me mets toujours à la place des autres, pour savoir ce que les gens attendent lors d’un évènement. » Lors de la première du Joker au Belmont, elle a par exemple distribué des Carambars à tous les participants, c’est le « petit truc en plus. »

Elle avoue que partir de France l’a « responsabilisé. » Plus le choix de se cantonner aux études ou au trajet que le pays ou la famille semble parfois imposer, Éva reconnaît que Montréal lui permet de faire ce qu’elle aime sans imposer de limites. « Il y a juste l’immigration : même si je suis désormais citoyenne canadienne, ça a été le gros point noir de cette expérience. »

Une sensibilité payante

« Être une femme, dans ce milieu, ça apporte une vision différente, » explique Éva. Si elle avoue être plus timide dans la vie personnelle que dans sa vie de travailleuse autonome, Montréal lui a permis de réussir dans la voie qui lui plaisait grâce à son professionnalisme. Mais c’est aussi le dynamisme de la ville, l’importance des rencontres, le bouche-à-oreille, et l’esprit d’initiative collectif qui ont permis à Éva de réaliser ses projets.

« J’ai besoin de communiquer, d’avoir le feeling avec les gens que je choisis comme partenaires. » C’est ainsi qu’elle avance bien entourée, et qu’elle projette de faire grandir sa boîte de production. Elle ne conçoit pas qu’il soit possible d’être trop gentil par exemple, et c’est peut-être ce mélange entre sensibilité et détermination qui la place aujourd’hui comme la Française directrice de production au cœur de l’effervescence montréalaise.

Site de la boîte de production : www.asoneproduction.ca

Évènement Facebook de la prochaine édition du Joker (11 juin): https://www.facebook.com/events/1091246964402851/

Évènement Facebook de la prochaine soirée NTM (13 juin): https://www.facebook.com/events/361988731115883/

Laisser un commentaire