ESS : Français et Québécois échangent leurs « bons coups » pour changer d’économie

Par Maëlle Besnard

La délégation qui sest rendue en France pour participer à la première rencontre Québec/île de france en Économie Sociale et Solidaire (ESS) est rentrée au Québec les bras chargés de projets. L’évènement, organisé entre autres, par lAtelier -le Centre de ressources régional de l’économie sociale et solidaire en Île-de-France – et le Chantier de l’économie sociale du Québec, a réuni du 24 au 28 novembre dix québécois et plusieurs acteurs de l’ESS français.

« La semaine est terminée, mais les rencontres sont loin d’être terminées. Il sagit vraiment dentretenir les graines qui ont été plantées », explique Julien Bottriaux, responsable des relations publiques de l’Atelier. Il dresse un bilan positif de ces cinq jours d’échange franco-québécois. « On a réussi  à créer un environnement de dialogue et d’échange et on a réussi à amorcer des idées de collaboration, ça, pour nous, cest un vrai succès », renchérit-il. Il cite par exemple le modèle des coopératives d’activité et d’emploi, qui sont des espaces de soutien et d’aide aux créateurs d’entreprises, dont aimeraient s’inspirer les québécois, mais aussi l’exemple du marché solidaire de Frontenac, au Québec, qui aurait retenu l’attention d’une élue de la mairie de Paris.

Des deux côtés, on se félicite de la considération dont bénéficie l’ESS. « LESS est vue comme un secteur prometteur », explique Jean Sébastien Plourde, de la Coopérative de développement régional Québec-Appalaches. Le québécois nuance cependant l’image de ce type d’économie et évoque un manque de publicité, surtout au Québec. « Il faut montrer que lESS ce nest pas la solution de la dernière chance, mais une solution viable. Même si la France est plus avancée, il y a des enjeux communs de promotion », pense-t-il. Tout comme son confrère français, il explique que le territoire plus densément peuplé de l’Île-de-France permet un meilleur développement de l’ESS. 

Préparer lavenir

C’est avec enthousiasme que Sébastien Plourde prévoit d’accueillir une délégation française au Québec en 2015. « Cest sûr que cet évènement nous a donné le goût de montrer les bons coups de chez nous », précise-t-il. D’autant plus que les deux hommes s’accordent pour dire que, si les lois-cadres de l’ESS sont assez similaires en France et au Québec, les sentiers sont plus balisés dans la belle province. « On pourrait penser que la France est un pays très centralisé où on doit rentrer dans des cases et où il y a une administration assez forte, mais les règles de création de structures ESS changent dans chaque région, voire même dans chaque ville », explique Julien Bottriaux.

Au menu des réjouissances pour 2015, Sébastien Plourde aimerait parler de la question du financement des entreprises, tandis que Julien Bottriaux évoque la question de la gouvernance et du changement d’échelle. « Comment peut-on passer dune petite association à une grande entreprise de lESS? Ou plutôt, comment va-t-elle pouvoir dupliquer son modèle sur différents territoires? Et après, comment adapter ces modèles entrepreneuriaux aux réalités québécoises? », s’interroge-t-il.  Des interrogations incontournables, tant le secteur est en pleine expansion. Au Québec, il y aurait environ 7 000 entreprises, soit 125 000 emplois, « affiliées ESS » selon Radio-Canada. En France ce secteur représentait 10,3% des emplois en 2012, selon une étude de l’Observatoire de l’Économie Sociale et Solidaire.

(Crédit photo l’Atelier – centre de ressources régional de l’économie sociale et solidaire)

 

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