Éric Plamondon, lauréat du Prix littéraire France-Québec 2018

Le Prix littéraire France-Québec 2018 a été remis à Éric Plamondon pour son roman Taqawan à l’occasion du Salon du livre de Paris.

Par Jacques Simon

Tous les ans depuis 1998, l’association France-Québec choisit une œuvre littéraire québécoise à récompenser, dans l’objectif de présenter le monde de la littérature québécoise au public français. Cette année, c’est Eric Plamondon, pour son roman Taqawan,qui a été sélectionné par plus de 600 membres répartis sur 33 comités de lecture. Né au Québec en 1969, l’écrivain a déménagé à Bordeaux en 1996, avant de traverser la Garonne pour s’installer à Cenon. Il est l’auteur de nombreux romans et d’un recueil de nouvelles intitulé Donnacona.

Un prix franco-québécois

« Je suis heureux, fier et ému de recevoir le prix France-Québec. Heureux de la rencontre de mon roman Taqawan avec les lecteurs et lectrices en France. Fier de défendre la littérature québécoise. Et ému de ce prix qui vient comme célébrer mon parcours personnel entre mon pays natal et mon pays d’adoption. Je vis en France et j’écris Québec ! » a réagi Plamondon après avoir reçu le prix.

Mais, s’il a pu se faire un nom des deux côtés de l’Atlantique, les écrivains québécois qui arrivent à vendre dans le marché français ne sont pas nombreux, faire le pont entre l’hexagone et la Belle province n’est pas toujours facile, surtout dans le monde de la littérature.

« C’est avant tout pour des questions logistiques » a-t-il expliqué à l’Outarde Libérée : « il n’est pas évident pour un éditeur québécois de débarquer dans le grand bain éditorial français ». Un grand bain, qui n’est pas toujours ouvert aux nouveautés étrangères. « Mais c’est de plus en plus courant » a nuancé Plamondon, optimiste, qui observe un intérêt croissant des maisons littéraires québécoises pour le marché français. « La Peuplade et le Quartanier ont récemment fait ce choix. Je crois que ce sera très positif. Il y a plein d’auteurs et d’autrices bien distribué.e.s en France. Je pense à Andrée Michaud, Larry Tremblay, Audrée Wilhelmy, Jocelyne Saucier, David Goudreault et Christian Guay-Poliquin qui a reçu le prix France-Québec 2017. Les choses bougent dans le bon sens. L’élection de Dany Laferrière à l’Académie française s’inscrit dans ce mouvement. Il n’est jamais facile de se démarquer dans le milieu littéraire, que ce soit au Québec ou en France, mais il faut y croire et s’accrocher ».

Un sujet méconnu des deux côtés de l’Atlantique

Le succès du livre est d’autant plus notable que le thème abordé par le livre d’Eric Plamondon n’est pas des plus connus en France. En effet, Taqawan—un terme qui désigne le saumon qui revient pour la première fois dans sa rivière natale en langue mi’gmaq—est basé dans la réserve amérindienne de Restigouche, en Gaspésie. Le roman porte sur des événements qui ont eu lieu le 11 juin 1981, lorsque des policiers de Sûreté du Québec débarquent pour saisir les poissons, fraîchement pêchés, provoquant ainsi une émeute. Autant dire que le sujet n’est pas au programme d’histoire des lycéens français. « Malheureusement, je ne suis pas certain que les Canadiens ou les Québécois connaissent beaucoup mieux que les Français la réalité des peuples autochtones » regrette l’auteur.

Et pourtant, c’est en partie à cet angle mort de la culture française que Plamondon attribue le succès de son roman: « En France, en général, les gens ont plutôt une vision enjolivée de [la réalité des peuples autochtones]. Je pense que c’est la raison du succès de Taqawan, il montrait autre chose, il dépassait les idées reçues tout en essayant de ne pas tomber dans les clichés, a-t-il expliqué à l’Outarde libérée, je pense que c’est un livre qui plaît parce qu’il pose beaucoup de questions et laisse à chacun le soin d’apporter ses propres réponses ».

De Paris à Toulouse, et passant Bruxelles, Rennes et Nantes, Éric Plamondon fera une série de rencontres en librairie pendant tout le mois de mai. Le 20, c’est l’organisation France-Québec de Laval qui organisera une session de dédicaces à la Libraire M’Lire à 17h, suivie d’une rencontre à la bibliothèque Albert Legendre entre 18 et 19h.

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