En politique les mots ont-ils encore un sens ?

Par Emmanuel Marcilhacy, chroniqueur

Et si les politiques de tout bord confondu prenaient conscience de leur part de responsabilité dans la désillusion et l’écœurement qu’ils provoquent chez leurs mandants… Ils parlent au niveau des mots de valeurs, de responsabilité, de vision, d’idéal, de respect mais qu’en est-il dans les faits ?

Pour certains, nous avons trop souvent l’amère perception qu’ils nous utilisent pour nourrir leur motivation première à savoir l’attrait du pouvoir, la sauvegarde effrénée d’un siège, d’un poste ou que sais-je encore. N’en est-on pas arrivé à une situation où finalement l’on se sert de ses mandants à des fins de carrière politique au lieu de se servir des idées pour améliorer le sort de l’être humain ?

Car ne plus vivre, respecter et ressentir ces mots-là, c’est ouvrir la voie à tous les extrêmes

Pour ce faire ils nous inondent trop souvent de promesses non tenues, de leurs incapacités à reconnaître leurs erreurs qui, contrairement à ce qu’ils peuvent penser, les grandiraient, priorisant ainsi les stratégies au détriment des idées. Alors, s’ils tronquent la valeur des mots forts et symboliques qu’ils emploient si souvent, comment oser demander à leurs mandants de les vivre, de les respecter et de les ressentir ces mots là ! Car ne plus vivre, respecter et ressentir ces mots-là, c’est ouvrir la voie à tous les extrêmes, à toutes les dérives, c’est nourrir l’intolérance et tous les abus de langage que nous avons pu vivre ces dernières semaines. Ils nous disent depuis des années nous écouter mais ils ne nous ont pas entendus.

Ne plus être obligé de voter contre

Ne pourraient-ils pas entendre que nous sommes fatigués, du fait de leur comportement, d’être obligé, vote après vote, de nous prononcer contre, au lieu d’avoir la satisfaction de voter pour des idées claires, pour des hommes ou femmes d’envergure, des leaders capables de redonner leur vrai sens aux mots et à l’engagement politique ?

Ne pourraient-ils pas entendre que nous sommes fatigués de voir ces divisions si féroces au sein des différents partis, mobilisant ainsi leur énergie au détriment de ce qui devrait être leur préoccupation première : émettre des propositions, des idées, une vision dont nous avons tant besoin en ces temps de profonde mutation ?

Ne pourraient-ils pas entendre que nous sommes fatigués de toutes leurs petites phrases assassines les uns envers les autres qui n’apportent rien aux idées et qui ne font que nourrir l’intolérance contre laquelle ils prétendent se battre ?

Alors Mesdames et Messieurs les politiques, respectez-nous, respectez le sens et la profondeur des mots que vous employez, faites-les vivre dans le concret, inspirez-vous en dans votre savoir-être et dans votre savoir-faire et alors nous respecterons votre engagement politique, et alors nous serons heureux de pouvoir nous impliquer, partager ensemble l’échange d’idées et… d’aller voter, non plus contre mais enfin par conviction!

2 Réponses

  1. Roche Fabrice
    Roche Fabrice at |

    J’abonde dans le même sens. Situation aussi flagrante ici au Québec ou l’essai d’une politique social démocrate dans un cadre nord américain est un échec brutal qui donne lieu à de tels gesticulations pathétiques de la part des politiques. Moi citoyen je suis baffoué et humilié. Suis le seul? Il semble que pas grand chose ne bouge par ici.
    FR

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  2. Marie-Anne Bouygues-Leclerc
    Marie-Anne Bouygues-Leclerc at |

    Merci Emmanuel,

    Comment ne pas être d’accord avec vous ?

    Je rajouterai que, peut-être, nous devrions
    -cesser nous-mêmes de participer au décorum dont les hommes et femmes politiques s’entourent, faisant de nous des pantins consentants,
    -cesser de nous déplacer pour assister à leurs cérémonies et parades, lorsqu’ils nous visitent en grande pompe et nous gratifient de leur attention distraite et fugace. Les mains que nous serrons sont alors autant de révérences qui entretiennent une hypocrisie et une illusion qui nous figent.

    Peut-être devrions-nous
    -leur rappeler régulièrement qu’ils doivent nous rendre des comptes (clairs et vérifiables),
    -leur rappeler que nous sommes adultes et que leurs jeux de pouvoir sont ceux de cour de récréation,
    -revoir la description du poste et définir les objectifs et enjeux essentiels liés à leur fonction, plutôt que d’adhérer à un programme qu’il est vrai, ils ne respecteront pas,
    -leur dire que leurs privilèges (ceux qu’ils se transmettent et ceux qu’ils s’octroient) nous indisposent et qu’ils sont de jour en jour, plus intolérables,
    -leur fixer une période d’essai, leur précisant également qu’ils pourraient être virés avant la fin de leur contrat si nous ne sommes pas satisfaits de leurs services, etc…

    Voici un extrait d’une liste hélas bien trop longue, et autant de raisons qui m’empêchent personnellement de voter POUR.

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