Émmanuel Macron à Philippe Couillard: « Il n’y a jamais rien d’innocent entre la France et le Québec »

Le président de la République, Émmanuel Macron, a reçu Philippe Couillard aujourd’hui à l’Élysée. Au menu de leurs échanges, la jeunesse et le 50e anniversaire de l’OFQJ, la lutte contre les changements climatiques, l’économie et le numérique, et la francophonie. Les deux hommes ont réaffirmé leur attachement à une relation « directe, privilégiée, marquée par l’histoire et par une langue commune » pour Émmanuel Macron, « une relation qui doit continuer de se moderniser dans le temps » pour Philippe Couillard.

Par Nathalie Simon-Clerc

« La langue française, il faut se battre pour elle », a asséné le Premier ministre Couillard en regardant Émmanuel Macron. Critiqué lorsqu’il s’exprime dans la langue de Shakespeare, le président français s’est vivement défendu en affirmant que s’exprimer dans d’autres langues renforce la francophonie car c’est le signe qu’elle n’est pas une langue enclavée, mais qui s’inscrit dans le plurilinguisme et l’échange avec les autres langues. « Je ne fais pas partie des défenseurs grincheux, je suis un défenseur conquérant et ambitieux », a-t-il ajouté.

C’est la question du climat qui a occupé une bonne partie des discussions entre les deux hommes. Le président Macron a félicité le Québec pour le marché du carbone mis en place par le Québec, avec l’Ontario et la Californie et a souligné « une stratégie régionale très inspirante ». Il a également remercié Philippe Couillard pour son implication lors du One Planet Summit. « Vous êtes à l’avant-poste de cette lutte dans l’espace nord-américain », a-t-il ajouté à l’adresse du Premier ministre du Québec.

L’économie et le numérique

L’économie et la mise en oeuvre prochaine de l’AECG (Accord Économique Commercial Global) ont également retenu l’attention des deux hommes. Le président Macron a rappelé que la France est le pays qui investit le plus au Québec et génère quelque 30 000 emplois. Il s’est réjouit de l’accord entre Bombardier et Airbus et a indiqué que 150 entreprises québécoises ont déjà investi en France. « Le Québec est une porte d’entrée privilégiée en Amérique du Nord », s’est réjoui le président Macron. 

Le Premier ministre Couillard a rappelé que l’économie numérique est une priorité du Québec et que Montréal abrite beaucoup de chercheurs en intelligence artificielle. D’ailleurs, il a annoncé qu’un événement se tiendrait autour de ce thème à Montréal avec le président Macron en juin prochain.

C’est enfin le thème de la jeunesse qui a retenu l’attention des deux dirigeants. Alors que le président de la République se réjouissait de la présence de 10 000 étudiants français en sol québécois, Philippe Couillard a rappelé son souhait de voir les grandes écoles françaises accueillir plus d’étudiants québécois pour accéder à des formations de haut niveau (1). « Des relations vont se nouer pour la vie et c’est ainsi que l’on fait grandir une relation aussi importante », a justifié le Premier ministre du Québec.

Puis, le Premier ministre Couillard a rappelé qu’il était chez lui dans l’Hexgaone: « Je porte avec beaucoup d’honneur et de plaisir ma double citoyenneté (franco-canadienne), ça fait partie de mon héritage, de qui je suis, et quand je me retrouve en France, je me retrouve chez moi aussi. »

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Revoir la conférence de presse:

 

(1) lors de l’augmentation des frais de scolarité des étudiants français au Québec, Philippe Couillard avait demandé à François Hollande, l’augmentation du nombre d’étudiants québécois admis dans les grandes écoles françaises.

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