Élections Consulaires : c’est parti… sur fond de divisions et d’imbroglio politique

Hier, les consulats du Québec ont réceptionné les dernières listes des candidats aux prochaines élections consulaires. Neuf listes et près de 150 candidats brigueront les suffrages des 55.000 électeurs de Montréal. Mais c’est surtout sur fond de divisions politiques, tant à droite qu’à gauche, que s’amorce la campagne électorale.

L’éclatement de l’UMP Québec (Union pour un Mouvement Populaire) initié lors des élections législatives de 2012 n’en finit pas de rebondir. Pas moins de trois listes estampillées du sceau du parti de Jean-François Copé se présentent aux suffrages des électeurs. François Lubrina, tête de liste pour « la droite unie », élu sortant, renie les deux autres listes UMP, présentées par Jeanine De Feydeau, élue sortante, et Michael Pilater, assistant parlementaire du député Frédéric Lefebvre. « Je soutiens l’UMP du renouveau, celle qui va émerger après les élections municipales, car la direction actuelle de Copé a créé la désunion et les parachutages », explique l’élu sortant. Toujours amer d’avoir été exclu de l’UMP en 2012, suite à son soutien à Julien Balkany, il ne prétend pas avoir le soutien de l’UMP, mais subtilement revendique son soutien à ce parti. De son côté, Michael Pilater, qui mène une liste d’Union investie par l’UMP et l’UFE, dit avoir le soutien officiel des deux organismes et de Frédéric Lefebvre. Sur sa liste, on trouve également d’anciens partisans de Julien Balkany, dont Aurélia Le Tareau pourtant activement engagé derrière le candidat new-yorkais en 2012. « On veut faire table rase des divergences du passé, pour faire gagner la droite et redonner une vision à l’UMP Montréal », se justifie l’ancienne chargée de mission UMP.

« C’est inouï d’avoir fait une chose pareille! »
Joint à Paris, le directeur des élections de l’UMP, Ange Sitbon, ne décolère pas. « C’est une supercherie », s’exclame-t-il en parlant de la liste de François Lubrina. « Quand à la duperie de Jeanine de Feydeau, c’est un cas unique au monde », ajoute le directeur. En effet, l’élue sortante a déposé une liste estampillée UMP, mais modifiée par rapport à celle approuvée par le député Lefebvre quelques jours avant. Le directeur explique que le soutien officiel de l’UMP est donné à une liste et non à une personne. « Elle a outrepassé ses droits, c’est inouï d’avoir fait une chose pareille », n’en revient pas Ange Sitbon. À l’UMP à Paris, on promet des sanctions pour les adhérents UMP de cette liste qui ne soutiendraient pas la liste de Michael Pilater, mais qui eux aussi ont été trompés. « Il n’y a qu’une liste UMP, c’est celle de Michael Pilater », martèle Ange Sitbon. Du côté de Jeanine de Feydeau et Vincent Soumoy, responsable UMP de Montréal, on n’a pas souhaité réagir officiellement.

Des chicanes de famille en perspective
À gauche, le Parti socialiste et Brigitte Sauvage ont réussi à rallier le soutien d’EELV, mais pas celui du Front de gauche. Philippe Molitor, très critique le 1er mars dernier, a finalement déposé une liste « L’Humain d’abord ». Du côté du Parti socialiste, la sérénité est de mise. « On a fait une liste de rassemblement pour les Français de l’étranger, explique Ramzi Sfeir, directeur de campagne de la liste Rassemblement des Français de Gauche, le Front de Gauche ne s’y intéresse pas et a fait un autre choix que l’on ne condamne pas ». Le directeur de campagne affirme que l’élection reste locale, et que la liste de gauche reflète une diversité de sensibilités politiques mais également de la société civile. « On peut tous s’entendre pour défendre les Français de l’étranger », avance Ramzi Sfeir.

Quand à la troisième liste de gauche, de « rassemblement de la gauche française au Canada », le responsable socialiste lance ironiquement : « Je suis heureux d’apprendre qu’il y a 16 socialistes de plus à Montréal! ». Il qualifie cette liste de « manœuvre politique », et dit ne pas vouloir « perdre de temps avec ça ». Le directeur des élections de l’UMP, Ange Sitbon, est beaucoup plus critique. « Le crime est signé! », accuse-t-il en remarquant les similitudes avec la liste de François Lubrina. Il faut dire que des chicanes de famille sont à prévoir, puisque la tête de liste du Rassemblement de la gauche française au Canada, Sophie Mohsen n’est autre que la fille de Virginie Beaudet, seconde candidate de la liste de François Lubrina. De même Corentin Monfort, en 12e position sur la liste de gauche, est le fils du 7e candidat de François Lubrina, Jean-Luc Monfort. « Nous sommes les vrais représentants, et le rassemblement de la gauche le plus large », souligne Ramzi Sfeir.

« L’UDI est un parti autonome, prêt à rivaliser avec les autres partis »
La multiplication de ces divisions pourrait bien profiter au mouvement centriste et à l’UDI (Union des Démocrates et des Indépendants) en plein renouveau. C’est Séverine Boitier qui mènera la liste UDI-Parti Radical. Suppléante de Louis Giscard d’Estaing lors des élections législatives partielles l’année dernière, cette quadragénaire est impliquée depuis de nombreuses années dans la communauté française associative et économique. « On ne peut pas représenter les Français de l’étranger si on n’est pas concerné », explique la candidate. Elle a bâti une équipe à son image, avec des Français « qui se sont démarqués par leur implication et le bénévolat ». Même si les grandes lignes de l’UDI seront la trame de son discours, elle compte bien mener une campagne de terrain « pour les Français d’ici », et part confiante. « On a de bonnes chances de bien se placer, car l’UDI est un parti autonome, prêt à rivaliser avec les autres partis», ajoute-t-elle. En seconde position, l’UDI présente la candidature d’Émmanuel Marcilhacy, ancien élu à l’AFE. Malgré de longues discussions, l’UDI Montréal ne fera pas d’alliance avec le Modem.

Quant à Anne-Lise Blin, qui vit à Moncton, elle présente une liste pour les Français du Québec Atlantique. Elle s’était notamment illustrée aux côtés de François Lubrina en septembre 2010, avec son association des Français du Nouveau-Brunswick, contre la réduction des services consulaires, et notamment la délivrance des passeports biométriques. La liste des « indépendants », menée par Gérard Bodin compte dans ses rangs Gaspard Skoda, délégué de l’UPR (Union Populaire Républicaine) pour le Canada. L’UPR revendique 19 Français adhérents à son mouvement au Canada, dont 18 au Québec.

À Québec, la situation est plus simple, puisque trois listes se disputeront les suffrages des quelque 8 000 électeurs inscrits. Aux traditionnelles listes UMP et du Rassemblement des Français de gauche, s’est jointe une liste associative, menée par Yves Saliba, Président de l’AFQ (Accueil français de Québec), dont Georges Mosser, élu sortant UMP, fut l’inspirateur pendant des années.

(crédit visuel : Rozenn Nicolle)

2 Réponses

  1. Pipo
    Pipo at |

    Miss Boitier a perdu toute credibilite en se mettant derriere le parachute Giscard et en soutenant le socialiste au second tour. La gauche unie est plus divisee que jamais est aura du mal a explique les nombreuses mesures anti francais de l’etranger, mais ils font parti du folklore francais…
    Le ponpon revient sans aucun doute a UMP, Mais que pense Louis Duvernois de tout cela? Le pauvre Sitebon a Paris ne sait plus quoi dire et va exclure a nouveau a tour de bras le peu de militants qui reste au Canada. Alors on dit un grand MERCI au depute F Lefebvre pour avoir mis une telle pagaille en si peu de temps… quand au M Pilater, jeune etudiant n’est absolument pas attache parlementaire, seul 2 personnes ont ete declare comme attache parlementaire par le depute, F Lefret et Valerie Lefebvre epouse du depute.

    Reste F.Lubrina qui ne change pas, ratisse tres large et fait du rentre dedans sans moderation.

    Pauvre de nous sur Montreal, dire qu’il va falloir choisir au milieu de tout cela!

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    1. Thomas
      Thomas at |

      Pipo, l’UMP soutient une seule et unique liste et c’est celle de Michael Pilater, qui je vous le confirme, est bien le collaborateur parlementaire de Frédéric Lefebvre. La « pagaille » comme vous dites, elle vient de ceux qui ont délibérément déposé une liste qui n’a pas été validée par l’UMP. Le député a sû rassembler au-delà des vieilles querelles mais l’irresponsabilité de certains, guidés par des petites ambitions individuelles, ont pris le dessus ces derniers temps. Les élections qui auront le lieu le 24 mai donneront raison à la liste officiellement investie par l’UMP.

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