La doyenne de la communauté française de Montréal célèbre son 100ème anniversaire

C’est au restaurant Flammkoeur-Parigot sur le rue Fleury, que la communauté alsacienne de Montréal a célébré le 100e anniversaire de l’une des leurs, Marguerite Piat, la veille de la Fête nationale française. La doyenne de la communauté française de Montréal, vit à Montréal depuis 65 ans, et a fêté son anniversaire, un verre de blanc (alsacien!) à la main.

Par Léopoldine Frowein

Cent ans, ça se fête! Avec ses dix décades, Madame Piat en aura vu de toutes les couleurs : « vous savez, j’ai beaucoup vécu, et j’ai beaucoup voyagé. Mais j’ai aussi beaucoup souffert. Si je peux vous donner un conseil : gardez toujours la tête haute et soyez fière, quoiqu’il arrive ».

100 ans : du vécu et de l’histoire …

Née le 7 juillet 1916 à Riquewhir (Haut-Rhin), la centenaire aura connu deux guerres mondiales et voyagé aux quatre coins du monde avec son mari. Elle, ainsi que d’autres invités, me racontent leur récit réciproque. La plupart ont vécu l’occupation allemande et l’expatriation très jeune. Ils font tous le même constat : « en arrivant au Canada, on savait qu’on avait une chance incroyable d’avoir quitté la France. Mais on a réalisé qu’on arrivait dans un pays qui n’était pas aussi paisible qu’on ne l’imaginait ». Effectivement, dans les années 1950-1960, en France on parle du rêve canadien, ainsi que des nombreuses opportunités de ce pays, et de tous les espoirs qu’il suscite. Mais une fois arrivés au Canada, ces mêmes Français réalisent que le Québec aussi a ses propres conflits internes à régler. « On quittait un pays en guerre pour arriver dans un autre pays en guerre », me lancent les personnes assises à ma table, qui avaient pour la plupart quitté l’Alsace au début des années 1950 pour arriver au Québec quand la Révolution tranquille bouleverse la société.

L’Alsace réunie au bout du monde

Que des Français du bout du monde tentent de se rassembler est chose commune. Mais qu’une région comptant moins de deux millions d’habitants cherche à se regrouper de l’autre côté de l’Atlantique, est moins ordinaire. C’est pourtant le cas avec l’association Alsace-Lorraine Amériques, membre de l’Union internationale des Alsaciens, et qui compte une centaine de membres à Montréal. La semaine dernière au restaurant Flammkoeur, ils étaient d’ailleurs nombreux à célébrer l’anniversaire de Marguerite Piat. Ils se retrouvent régulièrement pour des activités à caractère culturel ou économique.  L’organisateur de l’évènement, Marcel Cronenberger, de l’association Alsace-Lorraine, révèle son prochain objectif : patronner une mission d’information reliée à l’exportation de produits ciblés d’Alsace et de Lorraine.

Pour l’heure, les propriétaires alsaciens du restaurant Flammkoeur-Parigot, Sabine et Luc, ont accueilli une trentaine de personnes autour de leur centenaire, dans une décoration typiquement alsacienne. Au menu, on retrouvait, entre autres, la traditionnelle flammekueche, une salade cervelas ou encore une quiche aux lardons, mais aussi une tarte au Calvados, flambée sous nos yeux. Les propriétaires, en créant ce restaurant, nous confient qu’ils souhaitent « devenir un lieu de rassemblement, où on se sent comme chez soi, en Alsace ». Et les convives témoignent : « ça me rappelle mon enfance en Alsace ».

(crédit photo : Conrad Vitasse)

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