Douglas Kennedy, le plus parisien des romanciers américains, sera au salon du livre de Montréal

Douglas Kennedy est l’un des huit invités d’honneur du 39e salon du livre de Montréal, qui se déroulera du 16 au 21 novembre prochain, où il présentera son dernier ouvrage, Toutes ces grandes questions sans réponse, un essai très personnel pour cet écrivain à succès si francophile.

Par Nathalie Simon-Clerc

« Si Monsieur Trump est élu, je serai chez vous tout le temps », lance Douglas Kennedy à l’assistance, venue participer au lancement du 39e Salon du livre de Montréal. Il qualifie l’élection américaine de « cauchemardesque » et Donald Trump d’une insulte très parisienne. Préoccupé par la montée des extrême-droites, il pense que la littérature est une clef pour la tolérance et l’ouverture au monde, face à la pensée manichéenne qu’il dénonce. « C’est important de faire lire les jeunes et de privilégier l’éducation », croit celui qui reste marqué par les attentats parisiens.

Le romancier américain vit entre New-York, Montréal et Paris. Il a épousé une Québécoise et habite dans le Vieux-Montréal; mais c’est aussi à Paris, où il possède un appartement dans le 10e arrondissement de la capitale française, non loin du Bataclan, qu’il passe une partie de son temps depuis 15 ans. « J’ai commencé à apprendre le français parce que je voulais le parler couramment », explique le romancier. Très cinéphile, il apprécie Paris pour ses nombreuses salles obscures.

On lit pour comprendre qu’on n’est pas seul

Dans son dernier livre, Toutes ces grandes questions sans réponse, paru en France le 1er octobre dernier, Douglas Kennedy se met à nu. Entre confessions et essai, il livre anecdotes et expériences personnelles. « Dans le monde francophone, en France et au Québec, les lecteurs sont fidèles et les écrivains comptent », se réjouit-il.

livreMalgré sa proximité avec la langue de Molière, il continue d’écrire en anglais. « Je lis en français, je vis en français la moitié de l’année, mais la langue anglaise, c’est ma peau », justifie le romancier. Néanmoins, il lit toutes les traductions de ses livres et se dit très proche de Bernard Cohen, son traducteur depuis 20 ans.

Admirateur de Gustave Flaubert et de Madame Bovary, il confie, encore ému, qu’il a pu consulter le manuscrit original de l’oeuvre de l’écrivain normand, la semaine dernière à la bibliothèque de Rouen.

Cet habitué des succès littéraires raconte, qu’un jour, une lectrice rencontrée à Angoulême lui a fait comprendre le sens de la lecture. « On lit pour comprendre qu’on n’est pas seul », conclut-il.

La 39e édition du Salon du livre de Montréal se déroulera du 16 au 21 novembre 2016, à la Place Bonaventure à Montréal. Cette année, le Mexique et sa littérature est à l’honneur, ainsi que huit auteurs, invités d’honneur du salon : Marion Arbona, Carole David, Jacques Goldstyn, David Goudreault, Douglas Kennedy, Yann Martel, Catherine Mavrikakis, Nobert Spehner.

Entrevue de l’Outarde Libérée avec Douglas Kennedy :

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