Les séances d’écoute active Die Pod Die, un concept venu de France

Parti d’un financement participatif, Die Pod Die propose gratuitement des sessions d’écoute attentive d’albums. Ce concept créé à Lyon s’est installé une fois par mois depuis janvier dernier au Centre Phi de Montréal, ou le public mélomane est invité à ressentir les vinyles mis au centre de la scène. Éteignez votre mp3.

Par Théodore Doucet

Derrière la menace lancée aux lecteurs mp3 par l’événement Die Pod Die se cache l’idée de « redonner de la valeur à la musique en y portant une attention plus particulière », avance Julien Boumard Coallier, qui organise l’événement à Montréal. « Comme on peut le faire en allant écouter un film au cinéma ou observer des peintures au musée. » Sur la scène du Centre Phi trône une platine vinyle, la pièce maîtresse prête à faire jouer les chefs d’œuvres, soit deux albums soigneusement choisis pour leur qualité et leur lien l’un avec l’autre, voire leur actualité comme la diffusion de l’opus post-mortem de David Bowie. En face du tourne-disque et des enceintes dernier cri qui l’entoure, c’est une vingtaine de canapés et sofas qui invite le public à se détendre pour laisser les oreilles prendre le relais. Des conditions d’écoute idéales qui viennent contrer la diffusion de musique ‘‘facile’’ : « J’ai l’impression que la musique est prise pour acquis, soulève le coordonnateur. L’exemple le plus frappant est l’accès aux morceaux gratuitement par le téléchargement ou le streaming, on ne passe plus de temps à réfléchir sur la musique. »

Die Pod Die, un anti-concert

Une fois la cellule posée sur le disque, chacun vit cette séance de ‘‘cinéma sonore’’ comme il l’entend. Certains ferment les yeux comme pour mieux s’imprégner des morceaux, d’autres s’allongent pour une sorte de yoga mental. L’agitation est réduite à son minimum. Un anti-concert. Au bout du compte, les chansons s’enchaînent comme les chapitres d’un livre et l’on se met à essayer de comprendre ce que l’artiste a voulu partager, comment son album a été réfléchi et construit. A la fin des deux albums s’ensuit une discussion entre le public, les organisateurs de Die Pod Die et des spécialistes musicaux, parfois les artistes eux-mêmes. « On souhaite réduire l’écart entre la musique, le travail qu’il y a derrière un album et le public qui l’écoute. La discussion fait partie du contexte un peu décontracté, appuie Julien Boumard Coallier. On offre une expérience de groupe. » Une belle alternative à la consommation solitaire des musiques.

Programmation à retrouver sur phi-centre.com

Un reportage de Camille Feireisen et Théodore Doucet :

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