Des voyageuses racontent leurs conquêtes du monde en solo

Elles ont conquis le monde en solo, aux Éditions de l’Homme et écrit par un collectif d’auteures dirigé par Ariane Arpin-Delorme, vient d’être publié. Ce livre contient 10 récits de femmes relatant leurs aventures en solitaire.

Texte et photo par Romain Lambic

Elles étaient presque toutes au rendez-vous le 16 octobre au Gypsy+Kitchen Bar, rue Rachel-Est, pour le lancement de leur livre collectif, Elles ont conquis le monde en solo. Dans cet ouvrage, « Dix femmes aux âges et aux parcours différents, ayant osé parcourir le monde en solo, racontent ici leurs souvenirs d’un des périples les plus mémorables qu’elles ont fait », peut-on lire sur la 4e de couverture de cet ouvrage collectif, chapeauté par Ariane Arpin-Delorme. Véronique Leduc raconte sa baguenaude gourmande sur la Côte Est américaine ; Sophie Bourgeois revient sur son voyage en Indonésie ; Sarah-Emilie Nault relate sa vie à Londres ; Rachel Latour décrit sa vadrouille en Amérique Centrale ; Nathalie Pelletier nous fait découvrir l’Argentine ; Marie-France L’Ecuyer évoque son tour de l’Afrique de l’Est « pour apprivoiser le deuil » ; Marie-Eve Blanchard raconte sa traversée du Costa Rica avec son nourrisson ; Ariane Arpin-Delorme elle-même décrit son voyage humanitaire en Inde ; Anne Pélouas se remémore ses expéditions dans le Grand Nord québécois et Anick-Marie Bouchard décrit son road-trip en Turquie en auto-stop.

Encourager les lectrices et les lecteurs à voyager seul-e-s

« Depuis mon premier voyage en solitaire en Inde, j’ai toujours voulu créer un collectif avec d’autres femmes inspirantes et proposer plusieurs histoires différentes dans un livre. Il y a cinq ans, j’ai eu la chance de co-écrire Le voyage pour les filles qui ont peur de TOUT avec Marie-Julie Gagnon (ndlr : aux éditions Michel Lafon). Cet ouvrage a ouvert la porte à d’autres projets de livre, dont celui que nous lançons aujourd’hui », souligne Ariane Arpin-Delorme. Avec Elles ont conquis le monde en solo, elle met en avant des aventures riches en humanité, des voyages faits de rencontres, de plus ou moins agréables surprises, d’imprévus, et d’accomplissement personnel. Par ce collectif, Ariane Arpin-Delorme donne des conseils pour tenter l’aventure en solo, comme un guide pour se préparer à faire face aux différents obstacles qui pourraient se dresser sur la route des vadrouilleuses solo. « La sélection des auteures de ce collectif est le fruit d’un choix déchirant, car je suis entourée de voyageuses que j’admire beaucoup. (…) Le but du livre est d’encourager les lectrices et les lecteurs à partir seuls, de leur donner cette confiance et tous les outils nécessaires pour l’accomplissement de leurs projets ».

Anne Pélouas et Ariane Arpin-Delorme

Anne Pélouas, journaliste indépendante française vivant au Québec depuis 31 ans, à découvert le voyage en solitaire dans le cadre professionnel. « Les vacances en solo, ce n’est pas tout à fait mon genre, j’aime bien partager ces moments avec des amis. J’ai découvert cette autre façon de voyager par le travail, principalement », explique-t-elle. C’est en effet dans le cadre d’un reportage qu’elle est partie pour la première fois dans le Grand Nord québécois, en l’an 2000. Malgré des débuts difficiles, ce voyage s’avérera payant avec la réalisation d’un reportage sur Johnny May, l’un des premiers pilotes d’hydravion inuit. S’en suivront une dizaine d’autres expéditions dans les régions polaires du Canada, que ce soit pour le côté professionnel ou personnel.

Un guide pour globe-trotter en herbe

« J’ai cherché tous les moyens d’y retourner. J’ai toujours trouvé et vendu des sujets, j’ai passé des mois à convaincre des gens sur place pour mener à bien mes reportages. Pour arriver dans ces régions-là, cela représente un gros investissement, cela peut coûter l’équivalent d’un aller-retour Montréal-Paris, c’est donc déjà une aventure sur ce plan-là. Je suis allée jusqu’au Passage du Nord-Ouest (ndlr : entre l’île Baffin et le Nunavut) à bord d’un brise-glace, ou encore jusqu’au parc national canadien le plus septentrional (ndlr : le parc Quittinirpaaq) sur l’Île d’Ellesmere… mais il me reste plein d’endroits où aller ! », se réjouit Anne Pélouas. Tous ces voyages lui inspireront un essai intitulé Les Inuits : Résistants !, édité aux Atelier Henry Dougier. L’ensemble des récits illustrent très bien les côtés positifs et négatifs de tout voyage en solitaire dans des régions reculées ou des destinations inhabituelles. Il est tout à fait possible de partir sur un coup de tête, mais comme tout voyage, cela nécessite un minimum de préparation pour ne pas se retrouver au dépourvu une fois arrivé sur place. Elles ont conquis le monde a pour objectif d’inspirer les voyageurs et de créer des vocations de globe-trotter.

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