Une décennie canadienne, l’histoire d’une immigration heureuse au Canada

Par Pierre Chabot

Alors que la fraîche nuit s’abattait sur les rues venteuses de Montréal, forçant les marcheurs à presser le pas et s’emmitoufler dans leurs larges manteaux, s’illuminait depuis l’avenue Mont-Royal les chaudes lueurs d’un commerce hors du temps. Un lieu hétérotopique d’où surgissait, sous la voix enveloppante de Nina Simone et son Feeling Good, un jeune auteur de quarante-deux ans, la main posée sur son premier roman et le sourire fier : Graeme Villeret.

decennieL’ouvrage lui aura pris trente ans. Trente ans de travail, d’éternel recommencement, de ratures et d’émotions. Autant de larmes que d’instants amoureux, perdus dans un regard finalement porté sur les immenses espaces naturels qu’abrite le Québec. Et c’est bien au prix de tous ces efforts qu’il y est, selon ses propres mots, « enfin arrivé », et c’est ainsi dans la chaleur affable de la librairie « Le port de tête » que se trouve démultiplié son livre : Une décennie canadienne. Un accomplissement. Il y raconte ainsi l’histoire de ce jeune couple hardi et motivé par la découverte, mû par ce désir de l’aventure qui s’envole avec sa vie dans deux simples sacs à dos jusqu’aux contrées glacées et merveilleuses du Canada. Nous y découvrons avec lui l’émerveillement, le doute, la crainte, mais aussi la réinvention, le dépassement de soi et enfin le bonheur, au fil de ces pages empreintes d’un parcours brillant, que seule la poésie d’un long mais éclatant hiver à la Tchekov saurait cristalliser. Plus qu’un livre, Une décennie canadienne est une tranche de vie, le récit autobiographique d’un couple cherchant sa propre réinvention, mais aussi le parcours d’un auteur, qui a su au fil des années apprivoiser sa plume, pour en extraire la plus sincère de toutes les paroles : celle du cœur.

Son auteur favori, Ernest Hemingway, écrivait : « Tous les bons livres sont pareils. Ils sont plus vrais qu’aurait pu l’être la réalité. » Et c’est en substance tout ce qu’on retrouve dans ce premier roman de Graeme Villeret, une ode de la découverte de l’inconnu, retracée dans le parcours charmant d’une immigration canadienne, une poétique unique qui ne fait nullement l’économie d’un style centré sur le sens pratique, mais se sublime d’une littéralité sensitive dont la fragilité accompagne à chaque instant le lecteur. Pour tous les amoureux du voyage et du rêve porté vers le désir d’immigrer en terre canadienne, ce livre, en parfait guide, est fait pour vous. Pour tous les autres, il vous transportera comme nous avons-nous-mêmes à la rédaction de l’Outarde libérée été transportés, dans cette fabuleuse parenthèse que peut être la réinvention de soi.

 

« Une décennie Canadienne », 20$, chez Amazon ou tous les bons libraires de Montréal : Une Décennie Canadienne est l’histoire d’une immigration heureuse au Canada, par un jeune couple de Français, arrivés à Montréal avec pour seul bagage un sac à dos. Le récit décrit les premières découvertes, les sensations, le dépaysement total de ce jeune couple. Puis vient le temps de chercher où se loger, comment faire pour vivre chaque jour dans ce nouveau pays, réapprendre tous les mécanismes du quotidien, se confronter aux différences culturelles, et enfin, trouver du travail. Chose peu évidente lorsqu’on débarque sur le marché en septembre 2001 ! Néanmoins, face à l’adversité et après quelques galères, ils vont réussir à s’adapter, bouger pour aller là où se trouve l’emploi, en déménageant à Québec, et se construire et créer jour après jour, année après année, une nouvelle vie. Aujourd’hui devenus Canadiens, ils accueillent bien volontiers les nouveaux arrivants et transmettent leur expérience.

Graeme Villeret, après des études de géographie (où il a passé plus de temps à écrire dans les cafés rennais que sur les bancs de la fac), a tour à tour travaillé dans le monde du cinéma, des nouvelles technologies et affronte désormais celui de la littérature.

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