Investiture en attente ? « de l’intimidation » pour Frédéric Lefebvre

C’est hier que Christian Jacob, président du groupe Les Républicains à l’Assemblée nationale, auditionnait Frédéric Lefebvre, député de la première circonscription d’Amérique du nord. Au menu des discussions, l’engagement du parlementaire, à s’inscrire dans le « collectif » des députés Les républicains pour obtenir une investiture du parti. En termes plus simples : Frédéric Lefebvre est-il décidé à suivre les consignes de vote du parti de Nicolas Sarkozy lors de la prochaine législature ?

Le président Jacob reproche à Frédéric Lefebvre ses absences répétées des réunions de groupe et des séances de questions au Gouvernement du mercredi. De son côté, le parlementaire a déjà indiqué dans le passé, qu’il ne participait effectivement pas à ces séances qu’il juge plus « télévisuelles » qu’efficaces et qu’il préférait consacrer ce temps au travail dans sa circonscription.

La semaine dernière, le cas de Frédéric Lefebvre est demeuré « en attente », lors des travaux de la Commission nationale d’investiture (CNI) des Républicains, qui a réinvesti tous les candidats sortants qui le souhaitaient, sauf le parlementaire américain. Selon le média l’Opinion, c’est Nicolas Sarkozy en personne, ulcéré par les prises de position de celui qui fut un proche lieutenant durant 15 ans, qui a bloqué son investiture.

Le 17 juin, dans une lettre ouverte à la Haute Autorité qui supervise les primaires, et publiée par Le Figaro, Frédéric Lefebvre avait exigé la démission de Nicolas Sarkozy de la présidence du parti Les Républicains, estimant que l’ancien président de la République utilisait l’infrastructure du parti pour faire campagne. De là à penser que la rupture est consommée…

C’est de l’intimidation

Depuis son élection, Frédéric Lefebvre multiplie les prises de position différentes sur de nombreux sujets. Actuellement en campagne pour obtenir les parrainages qui lui permettraient de concourir à la primaire de la droite en septembre prochain, il a qualifié la décision de la CNI des Républicains « d’intimidation » à nos confrères de l’Est Républicain, le 26 juin dernier, et continue d’aligner des propositions inédites, comme l’instauration d’un revenu universel.

En Amérique du nord, la riposte s’organise. Les élus et responsables locaux tentent de mettre au point une lettre de protestation qu’ils adresseraient à Paris, afin que Frédéric Lefebvre bénéficie de la règle de ré-investiture automatique qui prévaut dans le parti de droite depuis toujours, d’autant que, selon eux, le parlementaire a fait un travail important dans sa circonscription.

De son côté, le candidat à la primaire, Alain Juppé, a assuré qu’il donnerait l’investiture à Frédéric Lefebvre, si le maire de Bordeaux devient le candidat investi par les électeurs de droite, pour concourir à la prochaine élection présidentielle de 2017.

La CNI doit se réunir prochainement pour statuer définitivement sur le cas du député d’Amérique du nord.

(Photo de Une : Baptiste Bardes-Saoli)

6 Réponses

  1. jpmercier1956
    jpmercier1956 at |

    Frédéric Lefebvre est difficile à suivre. Petit historique:

    1) FL a obtenu sa première investiture grâce à l’appui de Nicolas Sarkozy, nous avait-il dit. Il a perdu son élection face à une candidate locale, Corinne Narassiguin, alors qu’il résidait à Paris
    2) Il a gagné la deuxième élection en grâce aux succès de Nicolas Sarkozy et à la dynamique du moment
    3) Depuis quelques mois il vote à peu près systématiquement à gauche à l’AN, s’affiche avec « mes amis Valls et Macron », clame haut et fort que le bipartisme est mort et explique ainsi ses prises de positions à ses fidèles ici, tout en ayant une autre explication auprès des médias en disant que c’est pour le bien de la France.
    4) Dernier développement, il explique les absences de son groupe par les voyages dans sa circonscription, et la lettre de pétition pour sa « réintégration » annonce qu’il est toujours de droite.
    Ah, et puis j’oubliais qu’il demande aussi la démission de Nicolas Sarkozy et, après sa rencontre avec Christian Jacob, crie à l’intimidation…

    Allez donc savoir…

    Le fait est que beaucoup d’électeurs de droite, de toutes les sensibilité,sont désabusés et le font savoir à Paris actuellement, que cela soit à Montréal, Ottawa, Toronto, New York, Boston et j’en passe.
    Je comprends qu’il puisse s’orienter à gauche, mais alors qu’il aille chercher son investiture à gauche.

    Bref, dur de courir après un place dans un gouvernement de gauche tout en cherchant à garder ses acquis auprès de sa famille d’origine.

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  2. Minson Stéphane
    Minson Stéphane at |

    Le problème est que lorsque l’on bénéficie de la réserve parlementaire de ce député, on perd toute crédibilité dans sa défense. Car il s’agit ostensiblement d’un article de soutien. Vu qu’une foultitude d’élus ou anciens élus ont également fait part de leur opposition à son investiture, il me semblerait logique de le mentionner dans l’article au lieu de parler uniquement de la petite clique de plus en plus réduite qui gravite autour de cet obscure personnage qu’est Frédéric Lefebvre.

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    1. ABE
      ABE at |

      En aucun cas, il ne s’agit d’un article de soutien. Frédéric Lefebvre n’en a pas besoin et même si je ne fais pas partie de ses plus fervents partisans et que je ne suis pas toujours d’accord avec certaines de ses propositions, force est de constater qu’il effectue un excellent travail de député. Frédéric Lefebvre devait s’attendre à un retour de bâton de Nicolas Sarkozy. En ce qui concerne la crédibilité de l’Outarde, vous devriez lire plus attentivement certains articles sans compter les commentaires, dont le vôtre, qui les accompagnaient et que l’Outarde a publié.

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    2. VL
      VL at |

      Moi je suis un electeur de droite et pourrait-on me dire ce qu’a donc fait Frederic Lefebvre depuis qu’il est elu? Quel est son bilan? Il ne me semble effectivement avoir fait que prendre des decisions a contre-courant de son parti.

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