Danakil, l’engagement et la générosité

Danakil était en concert à Montréal au théâtre Fairmount, le 29 septembre dernier. C’est dans le cadre des Productions Nuits d’Afrique, que le groupe de reggae français a pu faire danser le public montréalais.

Par Manon Lefevre-Mons

La salle était plutôt bien remplie en ce vendredi, un peu glacé par les températures ambiantes. Le groupe Danakil, sans pression aucune, discutait tranquillement autour de cigarettes devant la salle. Pourtant, une fois sur scène, on ne pouvait plus les arrêter.

Après plus de 2h de spectacle, on en redemandait.

C’est cette joie de vivre, cette volonté de partage et des titres emblématiques qui ont enflammé la salle. Pour cette date à Montréal, il était question de présenter le nouvel album La Rue Raisonne, tout en interprétant leurs classiques.

La Rue Raisonne

La Rue Raisonne, a été réalisé pendant une période difficile en France, comme l’explique Balik (chanteur et compositeur du groupe) « Il y a beaucoup de chansons inspirées de nos vies en France, nos ressentis, pendant les attentats par exemple. C’était une période compliquée ». Pour Natty Jean, chanteur de Danakil, cet album c’est l’occasion de rassembler « C’est important d’utiliser la musique pour réunir et adoucir les mœurs. On se sent juste humain, et on dit ce que l’on ressent en musique ».

Danakil a toujours cherché à utiliser la musique comme un vecteur de messages, comme un hymne à l’amour du monde, de son prochain. Mais c’est aussi le moyen de passer des coups de gueule contre des procédés qui les rebutent. Dans ce nouvel album, on trouve la chanson Médiatox, adressée directement aux chaines d’informations continues. Sur un beat plus hip-hop, Balik a tout de suite trouvé les mots pour signaler un problème. Il explique que « C’était à l’époque où les attentats étaient traités de manière honteuse par BFM TV. Et j’avais l’impression que la télé ne faisait que diffuser des sondages pour matraquer des idées dans la tête des gens. Ça me rendait fou. » 

En remaniant l’hymne national français pour le refrain,  Balik rend cette chanson entêtante, et facile à chanter lors de concert.

Finalement, ce nouvel album est très proche de l’univers de Danakil, fidèle à leur démarche depuis le commencement, engagé, proche de l’être humain et de la planète. Il n’en fallait pas plus pour laisser un sourire sur le visage des spectateurs à Montréal. Tous étaient très impressionnés de la générosité du groupe, qui continuait même à chanter en coulisse, pendant que les gens quittaient tranquillement la salle. À t-on déjà vu autant de laisser-aller, de partage et de sympathie chez un groupe ? C’est assez rare pour remercier chaleureusement Danakil, pour avoir réchauffé cette froide soirée d’automne.

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