COP21 : Une campagne électorale fédérale peu électrisante face au réchauffement climatique

Par Jacques Rivard

La Terre a eu chaud, très chaud cet été… En effet, selon l’Agence Américaine de l’Atmosphère et des Océans, la NOAA, la France, l’Europe, le Québec, le Canada, voire l’Amérique, viennent de connaître le mois de juillet le plus chaud jamais observé. Au niveau global, les données d’archives de la NASA démontrent une anomalie climatique moyenne de +0,75 degrés Celsius pour juillet, du jamais vu depuis la tenue de ses archives en 1880.

« Nous n’avançons pas assez vite », a averti  le président américain Barack Obama, lors de sa récente visite à Anchorage en Alaska, où, a-t-il précisé, « on connaît des hausses de températures deux fois plus rapides que dans le reste du monde, allongeant de plus d’un mois la saison des feux en Alaska par rapport à 1950, déstabilisant le pergélisol où vivent 100 mille habitants ». Pour Barack Obama, qui parlait pourtant en territoire de production pétrolière, « la science … prouve que ce qui fut une menace lointaine est désormais une réalité. » Des déclarations qui arrivent trois mois avant la conférence COP 21 sur le climat à Paris, qui vise à limiter à 2 degrés Celcius, d’ici la fin du siècle la hausse des températures, pour éviter un emballement climatique catastrophique pour la planète.

Pendant ce temps, dans les Alpes, on constate que le réchauffement climatique ne fait pas seulement fondre les glaciers, mais surtout, facteur encore plus dangereux, il déstabilise également les montagnes. En effet, depuis de début de l’été, pas moins de 150 écroulements de rochers ont été recensés dans le seul massif du Mont-Blanc, un phénomène provoqué par la fonte du « ciment de glace » attaqué par la chaleur croissante.

Réactions mitigés aux preuves du réchauffement

Malgré ces faits, alors qu’aux États-Unis le climat fait débat, la campagne électorale fédérale canadienne passe sous silence le dossier des changements climatiques, même si le nouveau gouvernement néo-démocrate de la province productrice de pétrole, l’Alberta, même si ce nouveau gouvernement, élu contre toute attente, vient d’augmenter de 20 pour cent les taxes sur les productions d’or noir, une décision surprise impensable il y a même seulement un an. Des situations qui ont peut-être amené des centaines de chercheurs, d’artistes canadiens, les David Suzuki, Leonard Cohen, Denis Villeneuve, Gabriel Nadeau-Dubois, les membres d’Arcade Fire à s’unir pour rendre public la semaine dernière un manifeste appelant les partis politiques en campagne à une justice sociale, environnementale, dénonçant entre autre la performance canadienne dans le dossier des changements climatiques comme étant un crime contre l’humanité à venir.

Le courant commence à passer dans l’industrie automobile

Pendant ce temps, au Québec, on annonce les nouvelles cibles de réduction des gaz à effet de serre de 37,5% d’ici 2030 sous les seuils de 1990, soit le double de celles annoncées par Ottawa pour la même période. Le Québec, toutefois, pays de l’hydroélectricité, où roulent déjà la moitié des véhicules électriques au Canada, et où les écologistes regrettent que le programme d’électrification des transports mis sur pied par l’ancien gouvernement du Parti Québécois ait été mis de côté par la nouvelle administration libérale, forçant de nombreuses compagnies intéressées à développer ce secteur énergétique peu polluant à ralentir ou tout simplement abandonner leurs recherches.

Espoir toutefois de l’autre côté de l’Atlantique, où les grands constructeurs automobiles allemands Audi , BMW, Mercedes présentent à l’unisson au Salon de l’Auto de Francfort des modèles tout électriques qui visent à détrôner la championne de l’autonomie, l’américaine Tesla, avec des promesses de 500 à 600 kilomètres entre les recharges, en plus des producteurs asiatiques qui ont déjà commencé à démocratiser les prix de cette nouvelle façon de rouler. Si les experts de l’automobile admettent que le pétrole est là pour un moment encore, force est d’admettre que le courant commence à passer de façon irrévocable dans le secteur des transports, rendant maintenant plus que probable la venue à Montréal d’un Grand Prix de Formule E (pour électrique), et peut-être même aussi tôt que l’an prochain. Qui aurait pu prédire cela il y a seulement une dizaine d’années ?

(crédit photo : archives)

Laisser un commentaire