Constantinople : la Méditerranée vue du Québec

crédit photo : Constantinople

Le jeudi 31 octobre, à l’heure où les enfants frappaient aux portes pour réclamer des bonbons, Montréal vibrait aux accords du groupe Constantinople. Celui-ci présentait, à la salle Bourgie et dans le cadre du festival du Monde Arabe, son concert «Carrefour de la Méditerranée IV».

Ce concert fut magistral. En effet, en un peu plus d’une heure, les quatre artistes nous ont fait vibrer au son de leurs étranges instruments. Confortablement installés à Montréal, ils nous ont promenés, en un incessant va-et-vient, presque une respiration, sur les contours de la Méditerranée, reliant ainsi le Québec non seulement à la France, mais à cette mer nourricière qu’est la «mare nostrum».

Le groupe Constantinople a été fondé en 1998 par les frères Tabassian, dignes héritiers du Père Komitas dont le buste orne l’allée de Poètes, à Québec. Kiya Tabassian, suit, à Téhéran, quelques années de formation en sétar et chant. A l’âge de 14 ans, sa famille émigre au Québec où son travail musical, largement soutenu par le Conseil des arts du Canada et par celui du Québec, lui permet, en septembre 2005, de devenir membre du Conseil des Arts de Montréal. Son frère, Ziya, quant à lui, après une courte période d’initiation au tombak, obtient, à l’Université de Montréal, un baccalauréat en interprétation. À l’hiver 2003, sa résidence au Banff Centre for the Arts, lui permet d’explorer le répertoire de musique contemporaine sur les instruments de percussions iraniennes.

En 2008, le groupe s’élargit à Pierre-Yves Martel qui, après plusieurs années d’études sur la contrebasse, décide de se consacrer à la viole de gambe. Féru d’improvisation, il est rapidement reconnu par des artistes réputés puisque son interprétation des œuvres lui vaut plusieurs prix et de nombreux projets autour de la musique de Satie, Duke Ellington, Purcell, Hume et Cage.

Régulièrement, le groupe s’associe à d’autres artistes incontournables. C’est ainsi que pour cette prestation, Kiya Tabassian, unique représentant présent de Constantinople, accueillait Didem Basar (kanun), Neva Ozgen (kemençe) et Charbel Rouhana (oud et chant). Le dernier invité, Pezhram Akhavas aurait du se joindre à l’ensemble au tombak et aux percussions, mais, à la dernière minute, les autorités lui ont refusé son visa.

Si l’ambition de «Constantinople» est de faire connaître aux québécois et de développer un ensemble de création musicale puisant dans l’héritage du Moyen-Âge et de la Renaissance, le paris a été tenu. Ces aventuriers insatiables de la musique, sont devenus de véritables passeurs de mémoire, rapprochant textes anciens et musique contemporaine, traditions orales et rythmes d’autrefois, peuples qui fondent le Québec et leurs origines.

Découvrir Constantinople (crédit vidéo : Constantinople)

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