La Comédie de Montréal joue les prolongations jusqu’en juin

L’adaptation du best-seller Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus, mode d’emploi pratique sur les relations au sein du couple, est à l’affiche à la Comédie de Montréal. Face au succès rencontré par la pièce auprès du public Montréalais, les organisateurs ont décidé de prolonger le spectacle jusqu’au 17 juin.

Par Emeline Raimond

En ouverture, dans le noir, nous parviennent les échos des chamailleries de la vie quotidienne. « Je te l’avais bien dit que tu aurais dû te garer là, se félicite une voix féminine. Maintenant, on va être en retard pour le spectacle ». Grimé en professeur, le comédien belge Jamin Chtouki fait alors son entrée sur scène. Ce qu’il se propose de nous enseigner au long de la représentation, c’est la paix des ménages. « Je vois que ces situations sont familières à certains », constate-t-il avec un sourire, en référence aux rires et commentaires qui ont accompagné la diffusion des extraits sonores.  

John Gray publie pour la première fois Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus en 1992. Avec  50 millions d’exemplaires vendus à travers le monde, le livre connaitra un succès retentissant. L’adaptation théâtrale faite par la Comédie de Montréal, à partir d’une première adaptation de Paul Dewandre, offre un décodeur pratique sur les relations au sein du couple. La pièce se présente comme un séminaire interactif sur nos différences, avec humour et empathie, l’objectif étant de mieux nous comprendre. La structure de pensée fondamentalement dissemblable de l’homme et de la femme nous mène à des réactions différentes dans les situations anodines du quotidien. En résultent une incompréhension grandissante, et de petites gouttes de frustration qui finissent par faire déborder le vase.

Les relations hommes-femmes décryptées

« Changer de femme ne changera pas le problème », souligne avec humour le comédien, qui compare l’amour à un permis à points  -le divorce représentant le retrait du permis. Car si nous parlons la même langue, nous n’avons pas les mêmes attentes. Pour se sentir aimé, par exemple, l’homme aura besoin de confiance là où une femme a besoin d’attentions. Or nous avons tendance à projeter nos besoins sur notre partenaire. Cela se traduit par l’irritation que monsieur peut ressentir lorsque sa femme le presse de questions et de recommandations (« elle ne me croit pas capable de me débrouiller seul ? »). De son côté, madame se demande pourquoi l’homme n’est pas plus empressé à lui poser des questions sur son voyage : elle aura tendance à voir cela comme un manque d’intérêt, plutôt que comme une marque de confiance.

Ce sont  toutes ces différences que Jamin Chtouki met en scène, en partant de situations quotidiennes. Le comédien brosse avec humour un portrait hyper réaliste des malentendus qui peuvent exister au sein du couple. La participation du public est encouragée dans cette représentation où beaucoup sont venus à deux. L’ambiance est familiale, et difficile de ne pas se reconnaître, ou de ne pas penser à ses parents –pour les plus jeunes, dans les situations dépeintes. Chacun (homme ou femme) en prend pour son grade. Le comédien, dans l’esprit de l’œuvre originale, évite habilement les raccourcis sexistes.

Il n’est pas évident de parler d’amour ou de genres sans tomber dans le piège des généralités, mais le ton est juste du début à la fin. « Beaucoup se reconnaitront dans des caractéristiques à la fois masculines et féminines, signale d’ailleurs le comédien. Nous avons souvent en nous une part des deux sexes, et ces conseils valent également pour les homosexuels. » Après huit ans d’absence à Montréal, la pièce est plébiscitée au point que le spectacle soit prolongé jusqu’au 17 juin. Un beau succès pour la Comédie de Montréal, qui fête en ce moment son premier anniversaire.

Pour en savoir plus: lacomedie.ca/spectacle/les-hommes-viennent-de-mars-les-femmes-de-venus

(crédit photo: Comédie de Montréal – Jamin Chtouki, acteur principal)

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