Climat : peu d’intérêt électoral au Canada, mais beaucoup plus à Washington, Rome, Paris et chez les Pétrolières

Par Jacques Rivard

Selon les sondages, l’environnement est au cœur des préoccupations des Canadiens, des Québécois, avec l’économie et la santé. Toutefois, en cette longue campagne électorale canadienne, il aura fallu l’intention de la ville de Montréal de rejeter 8 milliards de litres d’eaux usées dans le fleuve St-Laurent, à cause des travaux d’infrastructures, pour réveiller l’intérêt des politiciens et des électeurs au dossier de l’écologie, et cela, presqu’en fin de campagne.

Et c’est presqu’en fin de campagne, à un peu plus de deux mois de la grand-messe du climat, COP 21 à Paris, qu’un des partis, le Nouveau Parti Démocratique (NPD), annonce enfin ses engagements en matière d’émissions de gaz à effets de serre (GES) pour éviter de dépasser de deux degrés d’ici la fin du siècle, un réchauffement annoncé comme catastrophique des températures. Le NPD vient donc de s’engager à réduire de 34% les émissions de GES sous le niveau de 1990 d’ici 2025, alors que le gouvernement conservateur alors au pouvoir avait en dernière minute cet été offert de réduire de 30% ces émissions d’ici 2030, mais sous le niveau plus élevé de 2005. Et si le Parti Vert, champion des causes écologistes, annonce le chiffre optimiste de 80 à 95% de réduction des émissions sous le niveau de 1990 d’ici 2050, étonnamment, le Parti Libéral ne « chiffre pas d’engagements qu’on risque de ne pas tenir », selon le chef Justin Trudeau, promettant plutôt une conférence avec les provinces d’ici le début de l’année 2017 pour établir un plan chiffré de réduction des GES. Pas de chiffres également pour le Bloc Québécois.

Bel intérêt à Washington, Rome, Paris… et des « pétrolières »

L'ambassadeur de France, Nicolas Chapuis, au premier rang du colloque : Les partis fédéraux face aux enjeux climatiques
L’ambassadeur de France, Nicolas Chapuis, au premier rang du colloque : Les partis fédéraux face aux enjeux climatiques

En septembre, il y a bien eu cette rencontre sur le climat des candidats de la région de Montréal, en l’absence des Conservateurs, à laquelle a voulu participer l’ambassadeur de France au Canada, Nicolas Chapuis, qui, dans un discours écologiste plutôt convaincant,  a tout de même averti qu’un échec à Paris en décembre serait de très mauvais augure pour l’organisation de futurs sommets mondiaux sur le climat. Par la suite, au fil des semaines, si la campagne électorale canadienne a démontré un faible intérêt pour la cause écologiste chez nos politiciens d’ici, alors que le climat déchaîné faisait de nombreuses victimes avec des inondations en France et aux Etats-Unis, des deux côtés de l’Atlantique, et le président Obama et le Pape François unissaient leurs voix pour exhorter le monde à s’engager fermement pour le climat à la COP21 à Paris début décembre. Sans compter, ô surprise, les grands du pétrole, tels les Shell et BP qui viennent d’annoncer de façon officielle, leur intérêt dans les moyens à prendre pour sauvegarder un climat menacé par l’ensemble de leurs produits du carbone.

(crédit photo : Jacques Rivard)

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