Climat : la COP21 s’ajuste au terrorisme, le Canada se mobilise avec des doutes

Aux lendemains des attaques terroristes qui ont ébranlé l’Europe, puis l’Afrique, les organisateurs de la COP21 se sont entendus pour interdire tout rassemblement, toute manifestation, telle celle qui aurait rassemblé des dizaines de milliers de personnes la veille de l’ouverture de la conférence sur le climat le 30 novembre prochain…

Par Jacques Rivard, journaliste spécialiste des questions environnementales

Une mesure de sécurité qui enlèvera de la couleur à cet événement, qui rassemblera plus de 40 000 participants, aussi bien les représentants de 195 pays que de l’Union Européenne, en plus de rendre difficile les déplacements aux frontières où les contrôles seront grandement renforcés. Ainsi, plus de 30 000 policiers dont les 4 000 de la Police des Frontières ont été mobilisés pour assurer des contrôles aléatoires aux 285 points de passage frontaliers de la France. Déjà, le président Obama a confirmé sa présence, en dépit des attaques terroristes.

Une conférence qui se déroulera aussi bien en français qu’en anglais pour permettre aux pays francophones en développement de participer pleinement aux négociations, une première pour une conférence sur le climat des Nations-Unies, selon la secrétaire d’État française au Développement et à la Francophonie, Annick Girardin. La COP21, qui annonce déjà « un pas majeur vers un accord à Paris », a passé un nouveau cap suite à la rencontre à Pékin de François Hollande avec son homologue chinois Xi Jinping, qui se sont entendus pour parvenir à un accord contraignant, assorti d’une clause de révision tous les cinq ans. Cet accord augure bien, selon François Hollande, d’un succès à Paris, car c’est la Chine qui avait fait avorter les clauses contraignantes à la précédente conférence à Copenhague en 2009.26

Le Canada se mobilise avec des doutes…

En effet, ce dimanche, l’Alberta, la province productrice du pétrole dit « dirty » des sables bitumineux, et province nouvellement dirigée par un gouvernement néo-démocrate de centre-gauche, a annoncé qu’elle mettra en vigueur une taxe sur le carbone dès 2017, comme sa voisine la Colombie-Britannique, en plus de fermer la majorité de ses centrales au charbon, et surtout, de contrôler les émissions de son industrie pétrolière qui depuis des années donne mauvaise réputation au Canada sur la scène internationale.

Une annonce de la nouvelle première ministre de l’Alberta, Rachel Notley, qui arrive la veille de la rencontre sur le climat des premiers ministres des provinces et des territoires avec le nouveau premier ministre du Canada Justin Trudeau, et qui promettait la semaine dernière au président Obama que le Canada ferait sa grande part en matière de protection du climat, et ce, même si le ministre des Affaires Étrangères du Canada Stéphane Dion disait douter que la COP 21 puisse réduire à 2 degrés l’augmentation des températures pour éviter un dérèglement catastrophique du climat.

Un débat auquel est d’ailleurs venue participer Chantal Jouano, sénatrice UDI de Paris et ancienne ministre de l’environnement de la France, mais aussi Michael Sorkine, Conseiller national en France de l’UDI, lors d’une rencontre organisée lundi dernier par Arthur de Lembleye, responsable du club UDI Montréal, qui attendent beaucoup de la conférence de Paris, notamment dans l’implication des instances locales et régionales. Celles-ci ne devraient pas être oubliées, car la COP21 prévoit d’inclure les considérations des gouvernements fédérés dans les négociations qui doivent prendre fin le 10 décembre prochain.

(crédit photo : Élysée – © Présidence de la République – C. Alix, M. Etchegoyen)

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