La CITIM: 30 ans au service de l’intégration sur le marché du travail québécois

Cet automne, la CITIM célèbre son 30e anniversaire. L’organisme communautaire, créé en 1986 pour aider la communauté française à s’intégrer sur le marché du travail québécois, accompagne chaque année près de 2 000 francophones dans la province.

Par Nathalie Simon-Clerc

Pour souffler ses 30 bougies, l’organisme Clef pour l’Intégration au Travail des Immigrants (CITIM), a décliné trois activités originales et gratuites dédiées à ses participants : Montréal cosmopolitaine, Montréal ambitieuse et Montréal savoureuse.

La première activité, « Montréal cosmopolitaine », a réuni une quarantaine de personnes au Centre d’histoire de Montréal, le 29 septembre dernier, qui ont pu découvrir la métropole à travers ses vagues d’immigration. Le 12 octobre, « Montréal ambitieuse » donnera des clefs pour ceux qui veulent se lancer en affaires, et le 2 novembre, « Montréal savoureuse » mettra en scène une cuisine revisitée par les différentes influences internationales de la ville.

Il faut décrocher son téléphone et aller frapper aux portes!

« La CITIM est fière de contribuer à une intégration harmonieuse », indique Yann Hairaud, son directeur général. Fort de son expérience, il livre quelques clefs qui favorisent l’intégration. Outre le CV à la mode québécoise, le réseautage et le bénévolat, il insiste sur la compétence. « En Amérique du nord, c’est la compétence plus que le diplôme qui compte, on est à des niveaux très opérationnels, il faut livrer la marchandise », explique le directeur général. Il recommande également une démarche proactive de recherche d’emploi : « Il faut décrocher son téléphone et aller frapper aux portes! ».

Il reconnaît que les jeunes Français, qui arrivent en grand nombre depuis une quinzaine d’années, veulent occuper un emploi à la hauteur de leurs compétences en arrivant au Québec, mais sont souvent déçus. Il recommande de l’humilité et de la patience. « Il faut savoir rentrer par la petite porte pour pouvoir progresser plus facilement, ce n’est pas si dramatique », plaide M. Hairaud.

Si la CITIM fut un club de placement en emploi pour les Français installés à Montréal dès 1986, elle aide aujourd’hui près de 2 000 immigrants francophones chaque année.

La reconnaissance des diplômes, un obstacle majeur

Pourtant, le directeur général de la CITIM admet que la reconnaissance des compétences et des diplômes par le Québec, reste l’un des obstacles majeurs à l’obtention d’un emploi. En Amérique du nord, bon nombre de professions sont réglementées par des ordres professionnels, dont le mandat est de protéger le public. « Ils veulent s’assurer que les diplômés étrangers ont les compétences requises, mais les employeurs québécois ont des difficultés à comprendre les diplômes obtenus ailleurs », se désole M. Hairaud, qui ajoute qu’ « il y a une nécessité pour ces ordres de s’adapter à cette nouvelle réalité générée par l’immigration ».

Néanmoins, le directeur général estime que les immigrants français ont de bonne chance de s’intégrer sur le marché du travail, grâce à une relative proximité culturelle née des liens historiques entre la France et le Québec. « C’est à double tranchant, prévient-il cependant, car il y a des nuances culturelles importantes. Le Québec, ce n’est pas la France ».

La CITIM, en quelques chiffres 2015-2016 :
1738 participants, dont
– 67% de résidents permanents et réfugiés acceptés
– 50% ont entre 25 et 34 ans
– 62% sont au Québec depuis 3 mois et moins
– 84% sont en recherche d’emploi
– 79% ont un niveau d’étude universitaire

Les activités 5@7 des 30 ans de la CITIM : www.citim.org/

(Crédit photo de Une : Nathalie Simon-Clerc – Légende : Yann Hairaud, directeur général de la CITIM et Amina Benhrazi, présidente de la CITIM)

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