La Ch’tite Famille, le dernier né de Dany Boon sort sur les écrans du Québec aujourd’hui

C’est aujourd’hui que sort sur les écrans québécois, La Ch’tite Famille, le dernier film de Dany Boon. Présenté en avant-première montréalaise le 25 avril dernier au cinéma du Quartier Latin, le film met notamment en vedette Line Renaud, François Berléand, Valérie Bonneton (la maman de la série Fais pas ci fais pas ça), Laurence Arné, Pierre Richard et le réalisateur, Dany Boon, qui est apparu dans la salle à l’issue de la projection pour se prêter, avec beaucoup de gentillesse, au jeu des questions du public durant plus d’une demi-heure.

Par Pascal Eloy, chroniqueur

Son film raconte l’histoire de Valentin D. et de Constance Brandt, un couple d’architectes designers à la mode. Ils se préparent pour le vernissage d’une rétrospective de leurs créations, au Palais de Tokyo quand la famille de Valentin fait son apparition au milieu du discours de la ministre de la culture. Le problème est que Valentin est censé être orphelin… La course poursuite qui s’en suit conduit Valentin à être renversé par une voiture. Cet accident imprévu le replonge, alors, vingt ans plus tôt, dans son rôle, d’adolescent doué en dessin, mais pauvre et ch’ti.

« J’ai eu envie pour le film (…) de revenir à quelque chose de plus familial, de plus intime et sans doute de plus personnel… (…) Je mets en scène avant tout des histoires d’amour en fait… Entre les frères, entre les parents et les enfants et puis pour la première fois à ce point, au sein d’un couple voire de plusieurs couples (…) », expliquait Dany Boon lors de la sortie française.

De grandes attentes après Bienvenue chez les ch’tis…

Bon, il faut bien l’avouer, après « Bienvenue chez les ch’tis », les attentes étaient grandes envers ce film et elles ont été un peu déçues. Au premier abord, l’histoire aurait pu être intéressante pour expliquer les contraintes que subit un jeune provincial qui veut réussir dans le milieu exigeant du design de mode. Dany Boon a une formation de dessinateur en arts graphiques, il connait donc ce milieu dont il dit: « C’est la question essentielle de la frontière entre partager son savoir et sa culture ou « étaler sa science » ! Dans ces milieux artistiques, c’est souvent la deuxième réponse qui prévaut… »

Traiter cette question sous l’angle ch’ti pouvait aussi être une option originale… Et pourtant, à l’issue du film, j’ai éprouvé un sentiment de manque dans l’histoire, d’un côté bancal, d’une frustration… Pourtant, difficile de reprocher à Dany Boon d’avoir agi dans la précipitation puisque la première version du scénario date de 2010 et qu’elle a été révisée en 2013 puis en 2016.

De même, on comprend aisément que l’auteur se soit servi de ce film pour partager les souvenirs de ce milieu provincial et modeste dans lequel il a grandi. Line Renaud qui joue sa mère dans le film, campe, en fait, la vraie mère de Dany Boon (dont elle est réellement une amie), avec ses travers et ses habitudes. Comme il le dit: « J’adore ma mère qui est une femme très drôle et qui a une vision de ma vie très poétique depuis que j’ai changé de milieu. Ce n’est ni mieux ni moins bien mais les codes y sont différents… Elle ne s’y sent pas à l’aise mais me demande de rester poli et gentil ! » Et c’est ce qu’il a fait, son film est poli et gentil, alors qu’il aurait pu être tendre ou psychologique, voire mordant ou ironique. On s’amuse des scènes de comédie et on est aussi touché par les moments d’émotion, mais c’est un peu comme si cette émotion était retenue et contenue… Malheureusement…

Une troupe de Molière, un jeu excellent

Par contre, on a le sentiment que les acteurs du film constituent un peu une troupe, comme la troupe de Molière au théâtre, et cela rend leur jeu excellent, qu’il s’agisse de Line Renaud (la mère de Valentin), Valérie Bonneton (sa sœur), Laurence Arné (sa compagne) ou François Berléand (son beau-père, un parfait salaud).

De plus, ce film – et c’est probablement un de ses intérêts majeurs – est un film de femmes, un film qui offre à ces trois femmes de très beaux rôles où elles peuvent exprimer, chacune à leur manière, une couleur d’émotion bien particulière… Et cela fonctionne très bien, avec une tendresse qui devient quasi bouleversante à plusieurs occasions. Laurence Arné, par exemple, est très crédible dans cette femme amoureuse d’un homme célèbre, qu’elle va être amenée à redécouvrir sous son aspect de ch’timi, totalement différent de l’homme qu’elle a initialement aimé et dont, pourtant, elle va retomber amoureuse.

Enfin, comme le dit Line Renaud, « J’aime le Nord : ça fait des gens solides, des battants. Et puis c’est une région magnifique : durant le tournage, j’ai redécouvert des lieux de mon enfance … C’est essentiel les racines. » Car c’est aussi cela, le sujet de ce film, les racines… Ces racines qu’il ne faut jamais oublier qui que l’on devienne et où que l’on soit dans la vie !

Le film La Ch’tite Famille frôle les 6 millions d’entrées en France devient ainsi le film français le plus populaire de l’année.

 

(crédit photo: Production AZ Films)

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