Chinese Man, le collectif français met le feu au Métropolis de Montréal

Premier jour de juillet, deuxième concert à Montréal pour le collectif de hip-hop français Chinese Man. Ils étaient déjà venus en 2013, mais cette année au Métropolis, ils ont mis le feu comme jamais. Avec leur musique qui soulève les foules, les trois DJs étaient plus qu’attendus.

Par Manon Lefevre-Mons 

Il y a environ 12 ans, en 2004, Chinese Man Records voyait le jour. Les Djs Zé Matéo, High Ku et Sly décident de travailler ensemble pour créer un premier vinyle. Ils en ont fait un, deux, trois jusqu’à ce que les trois amis du sud de la France soient amenés à tourner un peu. Le label Chinese Man Records est né en premier comme nous le raconte High Ku : « On était DJs, on utilisait beaucoup de samples et on voulait faire des vinyles, du coup on ne pensait pas qu’il y avait de l’espoir pour nous dans un réseau plus “commercial” comme le CD. Donc on a décidé de faire notre propre label ». Pourtant, le succès a poussé Chinese Man Records à devenir aussi Chinese Man, leur propre groupe. Mais comme le dit Sly, c’est une même entité. Les deux projets sont intimement liés.

Produire sa musique dans son propre label apporte forcément une indépendance, un confort aux artistes. Sly nous explique « Être un label indépendant c’est pouvoir gérer ton projet comme tu le veux sans avoir de pression extérieure ni quelqu’un qui pourrait avoir un point de vue sur ce que tu fais artistiquement. On peut aussi signer les artistes qui nous plaisent ». D’ailleurs être indépendant est devenu un mantra, une façon de faire de la musique sans subir les pressions de l’industrie. Pas de nombre d’album à sortir, pas de pression en terme de tournée, Chinese Man se sent libre de s’organiser et de travailler leur musique aussi longtemps qu’il le juge nécessaire. Dans les faits, les trois DJs ont un droit de véto sur les groupes signés dans le label, mais ils ne l’utilisent que très rarement. « Nous on est là pour donner une cohérence à l’ensemble du projet Chinese Man Records, on peut écouter, faire un retour sur des sons, mais l’idée c’est que les artistes du label sont autonomes », affirme High Ku. Pour Sly, il faut aussi savoir regarder les oiseaux voler hors du nid « L’idée c’est aussi que les groupes puissent grandir tout seuls à un moment donné. Deluxe qui a été le premier groupe signé va surement suivre son chemin parce qu’ils sont arrivés à un stade ou nous on a plus vraiment les épaules pour les aider ».

2014 : La tournée des 10 ans

Notre journaliste Manon Lefevre-Mons en entrevue avec Chinese Man (crédit photo : Conrad Vitasse)
Notre journaliste Manon Lefevre-Mons en entrevue avec Chinese Man

10 ans déjà que Chinese Man fait danser les foules. De nombreuses années à célébrer, car comme le dit si bien High Ku « La fête, c’est un peu la base de la vie ! ». Pour le collectif, cette tournée incroyable qui réunissait plus de 30 personnes, était aussi une façon de s’affirmer en tant que label indépendant. Qu’il s’agisse de Sly, High Ku ou Zé Matéo, personne ne s’imaginait en arriver là quand ils ont commencé en 2004. Cette tournée a été plutôt compliquée à gérer d’après Sly, « il y a avait beaucoup de monde avec nous, beaucoup de dates, c’était intense, mais vraiment génial ! On ne referait pas ça tous les ans quand même ! »

Pour cette date montréalaise, la deuxième depuis l’existence du groupe et du label, Chinese Man n’a pas pu apporter toute la logistique présente lors de leurs concerts en France. Mais pour Sly « C’est bien parce qu’on revient un peu au début avec une équipe réduite et un live qui repose beaucoup plus sur nous. En France on a une installation vidéo par exemple. » Pourtant à en voir le vent de folie qui a soufflé sur le Métropolis, on se demande bien comment cela aurait pu être plus fou ! Les spectateurs étaient venus en grand nombre pour se déhancher sur « Get Up » ou « I’ve got that Tune » ou encore « Pudding à l’arsenic. » On aurait pu légèrement pousser les murs de la salle pour avoir moins chaud, pour danser de façon encore plus exubérante, mais l’ambiance était incroyable.

Si Sly parlait d’un live qui reposait complètement sur eux, ils n’ont pas failli à leur mission de faire passer une soirée de folie. Leur générosité n’a pas échappé aux spectateurs qui ont pu avoir plusieurs morceaux supplémentaires. Le collectif a enchainé les chansons sans jamais vraiment sortir de scène, un rythme soutenu pour eux comme pour les spectateurs, qui transpiraient plus que dans n’importe quel concert. C’est sur, Chinese Man sait mettre le feu, possède la musique et les gens dans un mélange de générosité et de partage. Une vraie soirée entre amis qui aurait pu durer des heures ! Chinese Man, le public montréalais se souviendra longtemps de cette soirée d’été à danser sur vos musiques. Sur les bons conseils des trois DJs à la fin du concert, « on s’en va manger des nems, et soutenir les labels indépendants ! »

(crédit photo : Conrad Vitasse)

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