« En chair et en os » de Quentin Garel: réflexions sur l’immensité animale

La Galérie Got Montréal, située dans le Vieux Montréal, accueille jusqu’au 30 avril, les œuvres de l’artiste français, Quentin Garel. Si c’est une première exposition pour le public montréalais, l’artiste n’en est pas à sa Première internationale. Intitulée « En chair et en os », l’exposition, composée d’une vingtaine de sculptures et de dessins, a fait réagir les quelque 200 personnes qui on poussé la porte de la galerie Got, lors du vernissage, jeudi 30 mars dernier. 

Par Léa Villalba et Cédrelle Eymard

Quentin Garel est heureux. Pour sa première venue sur le sol canadien, nombreux sont ceux qui sont venus admirer son art. en même temps, difficile de rester insensible face à de telles œuvres. Ses sculptures, de bronze, donnent une impression de bois qui trompent l’œil. Oui quentin Garel joue avec les sens. La vue, tout d’abord, puisque l’œil est trompé. Par tant de perfection dans l’illusion. Le toucher également. Puisque ses œuvres, en bronze, appellent au toucher. Pour vérifier tout d’abord si c’est bien du bronze et pas du bois ! Mais aussi pour sentir l’œuvre animale, bestiale.

A la vue, un certain sentiment primaire émane de nous. Au toucher, c’est l’immensité animale qui est déployée. Le lien de la nature se fait naturellement. Et si nous étions qu’une seule et même nature ? Animale, bestiale, qui joue sur les apparences et la matière.

C’est sûr que personne n’est resté indifférent à l’art du français. Du beau monde, en outre, avait fait le déplacement. Le consul du chili à Montréal était très heureux de découvrir l’exposition. Egalement, l’acteur et animateur Marc Labrèche a discrètement assisté au vernissage, ravi et honoré d’admirer les œuvres de Quentin Garel.


La thématique des animaux et de la sculpture

Après avoir quitté l’école à 16 ans, Quentin Garel choisit finalement la même voie que son père : l’art. Peintre et dessinateur, c’est lui qui lui apprendra des techniques et qui lui transmettra sa passion. Intégrant l’école des beaux-arts de Paris à 17 ans, il finira ses études par un « master de luxe », comme il le dit lui-même, à Madrid, à la Casa Velázquez, où il entame son travail sur le bois.

Sculpteur professionnel depuis maintenant 17 ans, l’artiste évoque son succès comme le fruit de hasard et surtout de rencontres. Dès la fin de ses études, il travaille avec des galeries, des musées, des paysagistes, des architectes, et monte de nombreux projets, du plus petit au plus phénoménal. Cela l’emmènera à créer de diverses manières et selon plusieurs échelles : des maquettes de villes en ruine jusqu’à des fontaines baroques avec des animaux gigantesques, pour de vastes jardins. C’est alors avec appétit et gourmandise que l’artiste désire aller toujours plus loin, en faisant confiance au fruit des rencontres.

La thématique des animaux et la sculpture étaient tout d’abord une contrainte pour Quentin Garel qui voulait simplement s’émanciper de son père. Finalement, il se prend au jeu et devient un grand curieux de toutes les déclinaisons et possibilités qu’il existe à travers la figure animal. Il en devient fasciné et se prend même pour un réel anatomiste, un scientifique qui utilise le monde animalier comme prétexte pour créer et s’épanouir dans sa passion du bois.

Au départ de son travail, il exposait des animaux comme des trophées de chasse, présents pour enjoliver encore davantage l’orgueil très présent de l’homme. Toujours par le biais des rencontres, Quentin Garel ouvrira ensuite ses horizons en s’intéressant aux animaux plus exotiques. Il élargit alors ses capacités et sculptera du toujours plus gros, toujours plus précis et recherché dans son aspect scientifique. Inspiré par les muséums d’histoire naturelle, les squelettes de baleines, les univers 19ieme siècle, il joue sur le vocabulaire de musée en offrant à son public une sorte de « cabinet de curiosité ».

L’artiste utilise tout d’abord le dessin comme un outil pour comprendre le volume du crâne choisi ou de la peau de l’animal qui souhaite reproduire. Par la suite, il assemble des morceaux de bois qu’il taille à la tronçonneuse pour finalement affiner son travail pour le transformer en objet d’art et le faire vivre. Naissent alors des animaux d’un réalisme surprenant, qui incarnent le bois et jouent avec ses veines.

Maintes fois primé et exposé dans divers évènements internationaux, c’est à Montréal que l’artiste expose cette fois-ci « une compilation du meilleur depuis 15 ans » selon ses mots.

Quentin Garel a reçu la visite de l’artiste québécois Marc Labrèche

Écoutez l’entrevue avec Quentin Garel (Léa Villalba):

(crédit photo: Cédrelle Eymard)

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