« Celui qui tombe »… avec peu d’audace

Du 14 au 17 mars 2018, la Tohu proposait le spectacle «Celui qui tombe» de Yoann Bourgeois. Acrobate, acteur et danseur, Yoann Bourgeois dirige le Centre Chorégraphique National de Grenoble depuis 2016. Ayant collaboré à des recherches en apesanteur avec le Centre National de Danse contemporaine, il affirme un intérêt marqué pour la relation entre le corps et la force, comme «source inépuisable du drame». C’est de cette démarche qu’est né le spectacle «Celui qui tombe» qui a voyagé partout en France avant d’arriver au Québec.

Par Pascal Eloy, collaboration spéciale

Dans ce spectacle, une plate-forme suspendue, portant six interprètes, bouge lentement, puis de plus en plus vite, tournant, s’inclinant, pivotant, oscillant. Les six artistes, trois hommes et trois femmes formant tantôt des couples tantôt des concurrents effrénés doivent se jouer de la gravité, s’accrocher à la plate-forme, se pencher, grimper, tomber, trébucher…

Si on peut admirer la prouesse technique que représente cette plate-forme parfois accrochée au plafond par des câbles, parfois posée sur un pied oscillant et tournant, j’avoue être resté sur ma faim à l’issue du spectacle. En effet, les interprètes sont bons, mais ils ne font rien d’extraordinaire, si ce n’est se tenir debout sur une plate-forme mouvante ou pousser celle-ci le temps qu’elle les soulève et les laisse ensuite retomber au sol. C’est un peu comme si l’auteur avait eu une excellente idée de départ, mais n’avait pas osé, on ne sait pour quelle raison, aller au bout de son raisonnement et de sa création. A cet égard, «Les sept doigts de la main» ont déjà produit un spectacle avec une plate-forme mouvante et avec combien plus d’audace et de brio.

S’il fallait être gentil, je dirais que ce qui a le plus retenu mon attention restera la bande son, éclectique et originale, ainsi que la performance de chant des six interprètes durant le spectacle.

Bref, pas de quoi pavoiser pour ce spectacle qui mériterait d’être poussé dans ses retranchements. Cela donnerait, sans aucun doute, une autre stature à la performance des interprètes et une autre envergue à son auteur.

(crédit photo: Facebook)

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