Catherine Girard-Audet fait fureur chez les adolescentes françaises avec Léa Olivier

Invitée d’honneur au Salon du Livre de Montréal (du 19 au 24 novembre 2014), l’auteur jeunesse Catherine Girard-Audet a accordé une entrevue à L’Outarde libérée au sujet de sa réussite en France depuis un peu plus d’un an.

Par Charlotte Lopez

Vos six tomes La vie compliquée de Léa Olivier, ainsi que la bande dessinée adaptée des romans se sont vendus à 360 000 exemplaires au Québec, et à plus de 80 000 exemplaires en Europe, comment expliquez-vous ce triomphe chez les adolescentes de l’autre côté de l’Atlantique ?

Le succès de La vie compliquée de Léa Olivier ne s’arrête pas aux bornes culturelles, ce n’est pas seulement québécois. J’aborde vraiment des thèmes et des préoccupations qui vont toucher les filles, au-delà des frontières. Les jeunes vivent les mêmes inquiétudes que ce soit au Québec, en France ou en Belgique. Ce que je trouve très flatteur, c’est que mes romans n’ont pas été traduit pour l’Europe, on a vraiment gardé une adaptation très québécoise, avec un lexique à la fin pour expliquer les termes. J’aime penser que ça a peut-être aidé au succès, car en plus de s’associer au personnage de Léa, les adolescentes peuvent voyager sur un autre continent, découvrir  Montréal et sa langue française, avec les mots qu’on emploie ici.

Voyez-vous une différence entre le public français et le public québécois ?

Je ne vois pas vraiment de différence, si ce n’est que les filles françaises vont être un peu plus gênées, contrairement aux filles québécoises. Elles sont plus réservées et ne veulent pas me brusquer. Elles n’osent pas faire de photos avec moi, alors je leur explique qu’il n’y a pas de problème. Au Québec les filles me font de gros câlins ! Si les deux publics aiment Léa, je pense que c’est la preuve qu’ils se ressemblent beaucoup, les deux s’associent à mon personnage. Même si on n’a pas tout à fait le même vocabulaire, les Françaises arrivent tout à fait à comprendre.

Est-ce que ça vous parait difficile de devoir aborder le succès à la fois au Québec et en France ?

Ce que je trouve difficile c’est de ne pas pouvoir être là physiquement, autant en France qu’à travers le Québec, qui est six fois plus grand. Avec les médias sociaux c’est bien je peux quand même être présente, puis j’essaye de me déplacer quand je peux. Je serai d’ailleurs, en 2015, au Salon de Montreuil, en France. Mais j’aimerai être plus proche de mon public français physiquement, que les filles sachent que je me préoccupe d’elles réellement.

Vos livres sont axés sur l’adolescence, mais quels sont les thèmes abordés particulièrement ?

Je tiens un courrier du cœur dans le magazine Cool, ça me permet vraiment de voir tous les points qui touchent les filles, elles se questionnent énormément. Dans La vie compliquée de Léa Olivier, j’aborde des sujets légers, mais aussi plus lourds comme l’intimidation, le rejet, la confiance en soi, l’image de soi. Le corps se transforme à l’adolescence et autant les Françaises que les Québécoises se posent des questions existentielles sur leurs vies et leurs corps. Je voudrais leur faire comprendre que c’est normal de vivre tout ce qu’elles vivent à l’adolescence. C’est normal de faire des erreurs, de ne pas se sentir bien dans sa peau, de se faire niaiser, ou encore de pleurer le soir. Tout finit par passer, c’est une phase, la vie ne s’arrête pas là, au contraire ce n’est que le début ! Aussi, j’ai publié des carnets L’avis de Léa Olivier sur…, qui sont des produits exclusifs en France, je parle sur l’amitié, la mode et les garçons.C’est un peu l’adaptation de L’ABC des filles que nous vendons au Québec depuis 2008, mais vu par le personnage de Léa Olivier.

En plus de l’objectif de publier quatre autres tomes sur La vie compliquée de Léa Olivier, avez-vous d’autres projets d’écritures ou cinématographiques ?

Rien n’a été annoncé officiellement et rien n’est encore concret, mais il y a effectivement des projets en développement au niveau cinématographique. J’aimerai beaucoup que cela se réalise, mais ma passion est avant tout l’écriture. Si le succès doit se limiter à la bande dessinée puis aux romans, je serai déjà une fille comblée. J’ai prévu cependant un autre hors série comme celui que j’ai publié sur l’ennemi de Léa, Maude (ndrl : La vie moins compliquée de Maude M. Bérubé), car cela me permet d’approfondir mes personnages, et j’adore ça.

Vous faites partie cette année des invitées d’honneurs du Salon du livre de Montréal, qu’est-ce que ça représente pour vous ?

On ne s’attend jamais à être invitée d’honneur dans un tel évènement. C’est le summum d’une année rempli de succès professionnel pour moi. Le Salon du livre de Montréal c’est ma Mecque, c’est le plus gros Salon du livre au Canada, ça représente énormément. Quand j’étais petite, j’allai voir les auteurs en tremblant, et maintenant je vois les jeunes, et je ne peux pas croire qu’ils viennent me voir, moi. C’est un peu irréel et magique comme moment. J’essaye de profiter de chaque instant, je sais que ça n’arrive juste une fois dans une vie, alors j’en profite !

(crédit photo : Charlotte Lopez)

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