Carnets de Montréal, la métropole vue côté cour et côté jardin

Depuis 30 ans, Catherine Pont-Humbert entretient un lien fidèle avec Montréal. Aujourd’hui, la journaliste littéraire française publie Carnets de Montréal, un portrait de la métropole à travers les yeux de 24 artistes montréalais.

Par Nathalie Simon-Clerc

« L’idée de faire le portrait de Montréal, à travers des créateurs, dans leur lieu de création, s’est très vite imposée », expose Catherine Pont-Humbert. Elle a choisi des écrivains comme Dany Laferrière, des cinéastes comme Denis Côté, des metteurs en scène comme Denis Marleau, des chorégraphes comme Marie Chouinard, des musiciennes comme Carole Laure ou Ariane Moffatt, mais aussi des générations différentes, et puis des natifs de Montréal ou d’ailleurs, mais tous, avec une notoriété internationale. « Certains sont des amis, d’autres sont des découvertes, comme Ariane Moffatt », ajoute l’auteure.

Il faut dire que l’ancienne productrice de France-Culture n’est pas une inconnue à Montréal. Voici 30 ans, elle vient y faire une partie de ses études de lettres. Au hasard d’une librairie, elle découvre toute une littérature québécoise, alors inconnue à Paris, « une sorte de terrain vierge où tout était à explorer ». Elle revient faire son doctorat à Montréal, et sa thèse porte sur… la littérature québécoise. Dès lors, elle vient régulièrement à Montréal, devenue une ville-repère pour elle.

Montréal, on y parle français, mais c’est avant tout une ville américaine

707_carnets_web_1« Ce livre m’a permis de renouveler mon regard sur la ville, de le faire évoluer et surtout, de l’affiner, car j’ai le regard de quelqu’un qui connaît bien la ville, mais qui n’y vit pas », justifie la journaliste. Elle ajoute que la proximité de la langue ne doit pas être synonyme de fausse similitudes. « On est profondément différents. Montréal, on y parle français, mais c’est avant tout une ville différente, parce qu’elle est américaine », affirme-t-elle. L’auteure estime qu’il est important de reconnaître cette différence, « pour pouvoir approcher les artistes montréalais et s’intéresser à ce qu’ils font ». De plus, elle estime que la relation avec la langue n’est pas la même entre Québécois et Français. « En France, la langue n’est pas menacée », note-t-elle.

Ce carnet de voyage de près de 300 pages, nous plonge dans le Montréal de Nathalie Bondil, avec un arrêt au Musée des Beaux-Arts, dans le Mile End de Kim Thuy ou encore dans le Outremont de Louise Forestier, pour toujours survolé par Lindberg, et bien loin des guides touristiques. Selon elle, sa proximité avec Montréal, de même que sa distance avec le Québec, l’ont beaucoup aidé. « Je n’aurais jamais pu faire un livre comme ça sur Paris, parce que c’est ma ville », admet Mme Pont-Humbert.

En fin d’ouvrage, des photographies réalisées par le jeune photographe montréalais Alex Tran illustrent les lieux évoqués par les artistes.

crédit photo : Alex Tran
crédit photo : Alex Tran

Disponible en librairie au Québec, aux Éditions du Passage, le livre sera publié en France le 22 novembre prochain, chez Distribution du nouveau monde, et lancé à la Librairie du Québec à Paris début décembre.

(crédit photo : Nathalie Simon-Clerc – Une : Catherine Feuillet, Consule générale de France à Montréal, Nathalie Bondil, directrice du MBAM, Catherine Pont-Humbert, auteure, et Julia Duchastel-Légaré, directrice des Éditions du Passage)

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