« CAM c’est elle », une youtubeuse française en vogue à Montréal

Courante est l’idée de vouloir raconter son expatriation lorsqu’on est Français à Montréal. Nombreux sont ceux qui s’y sont essayés via un blog ou une chaîne Youtube. Camille, monteuse vidéo de 29 ans, à Montréal depuis trois ans, a créé sa chaîne au printemps dernier. Comptant plus de 1100 abonnés, ses anecdotes rigolotes et son ton léger ont su plaire à un public français et québécois.  Histoire d’un succès franco-québécois.

Par Cédrelle Eymard

L’humour avant tout

Arrivée à Montréal en août 2013 en PVT (Permis Vacances-Travail), Camille a très vite compris qu’elle avait trouvé au Québec un lieu de vie tranquille et joyeux, à l’image de ce qu’elle est. D’une nature enjouée, drôle et très simple, elle est dans la vie ce qu’elle montre dans ses vidéos, une amoureuse de la vie préférant voir « le verre à moitié plein et non à moitié vide ». « Après les attentats du Bataclan, j’ai eu envie de faire rire les gens, de leur apporter un peu de bonheur », raconte-t-elle.

Longtemps hésitante sur l’idée de créer ses propres vidéos, cette mordue de vidéos Youtube et de blogues est finalement passée à l’action après une certaine soirée qui l’a faite croiser, par hasard, son youtubeur préféré, PL Cloutier. « Après cette incroyable rencontre, je me suis dit « Allez Camille, la semaine prochaine, tu lances ta vidéo ! ».   

Toujours filmée de sa chambre, Camille dévoile, chaque samedi, avec humeur, une réflexion, un avis, des conseils. Comment comprendre certaines expressions québécoises, les anglicismes au Québec et en France, comment aimer sa vie à Montréal, autant de thèmes qui plaisent chaque semaine un peu plus aux fans.  

La recette du succès

« CAM c’est elle », c’est 23 vidéos en 23 semaines (une vidéo diffusée tous les samedis), c’est 1 176 abonnés et de nombreux « like » et partages sur les réseaux sociaux. La recette du succès ? « Difficile à dire », répond-elle naturellement. Si ses compétences en montage et audio-visuel sont un atout, ils n’expliquent pas que ça ait eu autant de succès. Un ton léger, naturel, des sujets de la vie courante, des anecdotes toujours cocasses sur les français et les québécois. Aucune grossièreté, aucun dérapage qui pourrait froisser ou blesser. «  Je me tiens à ne blesser ou ne gêner personne. La seule censure que je m’impose est pour mes deux petites sœurs (8 et 10 ans) qui suivent mes vidéos ». Son public, avant tout français au départ, est devenu par la suite québécois et elle se félicite des retours positifs et de l’intérêt grandissant de ce public.

Certaines vidéos, de par leur contenu, pourraient en effet servir de guide touristique pour des nouveaux arrivants français, « Au Québec, on ne dit pas… Mais on dit » ou encore « Les anglicismes au Québec et en France ». Mais Camille ne traite pas uniquement de l’expatriation, même si le sujet plaît et intéresse énormément, le nombre de vues en général augmente à chaque fois. CAM c’est elle, c’est aussi un partage sur le célibat, sur la colocation, sur des conseils séduction, sur le fait de faire plus jeune que son âge… Bref, un florilège de sujets de la tête créative d’une jeune femme de 29 ans.

CAM la suite ?

Si Camille ne vit pas encore de ses vidéos hebdomadaires, elle songe pourvoir le faire un jour. « Évidemment qu’on pense à la réussite, sinon on ne fait pas ce genre de vidéos, explique-t-elle, je fais mes vidéos avec passion et j’espère en vivre un jour. Mais pour le moment, je combine avec mon travail et ça me convient très bien ». Cette jeune femme plutôt réservée qui avoue avoir du mal à se concentrer, elle en parle d’ailleurs souvent dans ses vidéos, a vu, en outre, dans cet exercice le moyen, d’une part de travailler sa timidité, d’autre part l’obligation de rendre un travail chaque semaine et de s’y tenir. « Ces vidéos sont une thérapie oui, confie Camille, puis elles me forcent à être assidue et rigoureuse chaque samedi. En général, j’écris le mercredi, je tourne le jeudi et je monte le vendredi. Le samedi, c’est en ligne ». Elle ne sait jamais à l’avance le sujet de la semaine d’après. Elle fait naturellement.

Camille avoue avoir déjà été contactée pour des collaborations artistiques mais n’a pas encore été véritablement séduite par un projet précis pour le moment, même si l’idée germe en elle doucement. « C’est sûr que je vais faire des collaborations dans le futur mais pour le moment ce format me convient et fonctionne ». Encore étonnée par son succès, Camille garde le sourire car elle aime ce qu’elle fait. Elle répand sa bonne humeur sur la toile et ne compte pas s’arrêter en si bon chemin ! Avis aux fans, pour les fêtes de fin d’année, elle promet de ne pas arrêter les capsules même si elle venait à quitter sa chambre. 

Lien vers sa chaîne Youtube

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