Cafés LUDIQ : Débattre de sujets qui intéressent les Français expatriés

Par Maryne Zammit

Le 18 novembre dernier, l‘UDI de Montréal lançait son troisième café LUDIQ devant une cinquantaine de personnes, autour du thème : « L’Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union Européenne (AECG) : une chance ou un danger ? ». Le parti de Jean-Christophe Lagarde, résolument européen, avait invité l’économiste français Thierry Warin, enseignant à HEC Montréal, qui a rappelé la force de l’économie européenne et la place particulière de la France et du Québec dans cet accord.

Les Cafés-Ludiq, organisés sur le modèle du café-philosophique, avaient été initiés en mai dernier par l’UDI de Montréal durant la campagne consulaire. Animé par Damien Fiere, secrétaire de l’UDI-Canada, cette édition s’est également déroulée en présence de Séverine Boitier, conseillère consulaire toujours suspendue de son parti. L’événement a attiré une cinquantaine de personnes, de bords politiques différents, dont Michaël Pilater, conseiller consulaire et conseiller à l’AFE (UMP) et Cyrille Giraud, aujourd’hui responsable du Parti vert du Canada.

Faire valoir l’intérêt de l’UDI au travers de ces cafés, Damien Fiere s’en défend. L’objectif est, selon lui, de rassembler une communauté française de Montréal fragmentée : « Le principe de ces cafés, c’est de toucher une grande diversité d’origines, d’âges et de milieux sociaux. Il ne s’agit pas de tenir un meeting politique ou électoral de l’UDI au Canada. Le but est plutôt de faire circuler la parole sur des sujets qui intéressent tous les expatriés », explique-t-il.  « Après, quand il s’agit de dérouler les positions de l’UDI sur des sujets, on le fait franchement aussi. Mais ce n’est pas incompatible », finit-il par concéder.

Résolument européen, le parti centriste a souhaité ancrer cette troisième rencontre dans l’actualité. Alors que l’AECG vient d’être signé et sera bientôt ratifié, l’UDI a fait appel au Français Thierry Warin, professeur agrégé à HEC Montréal, pour exposer les enjeux économiques de l’accord d’association.

« La plus grande économie au monde, c’est  l’Union Européenne»

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Séverine Boitier, Damien Fière et Thierry Warin

Premier partenaire commercial des Etats-Unis et de la Chine, deuxième partenaire économique du Canada, l’Union Européenne (UE) reste la première économie de la planète, commence par corriger l’économiste. Pour le Vieux Continent, l’AECG serait donc un formidable accélérateur de cette dynamique. M. Warin préconise d’approfondir les relations dans les secteurs qui font déjà l’objet d’accords entre l’Europe et le Canada. 60% des productions non-agricoles bénéficient déjà de l’exemption des droits de douanes. Avec le nouvel accord, l’objectif est d’élever ce pourcentage à 98% d’ici 7 ans.

Alors que la France réalise déjà une part majeure du commerce intra-industrie du Canada (et plus particulièrement du Québec) par rapport aux autres pays européens, l’accord viendrait soutenir cette tendance. Une entreprise québécoise qui investirait en France verrait ainsi ses parts de marché augmenter, plus que dans n’importe quel autre pays européen.

En revanche, l’AECG ne prévoit aucun changement du côté des télécommunications, de l’agriculture et des monopoles publics. Mauvaise nouvelle, donc, pour les amateurs de téléphonie low cost,  de fromages et de vins français au Québec : les prix dans ces domaines ne bougeront pas dans l’immédiat.

Néanmoins, l’analyse de Thierry Warin ne vaudrait que « si les agents économiques canadiens et européens se servent de cet accord, car s’ils ne s’en emparent pas, il n’y aura aucun effet », avertit-il, avant d’ajouter : « Mais, ce serait dommage, car la France est un pays bien situé dans la relation commerciale entre le Canada et l’UE».

 

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