Le Brio, d’Yvan Attal, en salles au Québec aujourd’hui

Le dernier film d’Yvan Attal, Le Brio, prend l’affiche aujourd’hui au Québec. Le réalisateur français a choisi l’université d’Assas pour mettre en scène deux personnages qui vont s’affronter, avec des mots, et s’enrichir de leurs différences culturelles.

Par Pascal Eloy, collaboration spéciale

Lorsque Neïla Salah (Camélia Jordana) pénètre, en retard, dans le grand amphithéâtre de l’université d’Assas pour son premier cours de droit, elle est loin de se douter qu’elle va passer un mauvais quart d’heure. En effet, sous l’œil mi-effaré, mi-amusé de l’assemblée, la jeune femme devient immédiatement la proie de Pierre Mazard (Daniel Auteuil), vieux professeur cynique et désabusé pourfendeur d’une conception élitiste et exclusive de la culture française. Ce dérapage est filmé par une majorité d’étudiants et afin d’éviter un dérapage catastrophique, le doyen de l’université propose à Pierre de former Neila pour qu’elle représente Assas lors du concours d’éloquence inter-université. Commence, alors, pour les deux protagonistes, un cauchemar mutuel qui va les conduire à dépasser leurs préjugés réciproques pour grandir ensemble.

« C’est une « dramedy » comme disent les Américains ! Je trouve que c’est un film dans lequel on rit, principalement grâce aux dialogues mais qui nous touche et qui nous questionne… (…) Le brio est un film à la fois politique, social mais aussi léger, drôle avec de l’émotion autour d’un personnage, une Française d’origine algérienne, victime de la manière dont on enferme aujourd’hui les gens dans des catégories ou des a priori, mais victime également d’elle-même et de son entourage… », a expliqué Yvan Attal

Ce film commence par des images d’archives proposant des extraits d’interview de Claude Levi Strauss, Romain Gary, Serge Gainsbourg ou François Mitterrand. Et cela donne le ton de ce florilège jubilatoire qui oscille entre rhétorique et dialectique sur un ton cynique très savoureux, tantôt tendre, tantôt bourru.

Pour ce dernier long métrage, Yvan Attal place la barre très haut car Daniel Auteuil et Camelia Jordana incarnent magnifiquement leurs personnages. Un clin d’oeil tout particulier pour Yasin Houicha qui incarne avec une tendresse naïve et émouvante le petit ami de Neila. Gageons qu’un bel avenir lui sera réservé au cinéma.

En fait, ce film traite des différences culturelles, au moyen de joutes verbales. Pour qui aime la langue française et les mots d’humour cinglants, c’est jouissif ! Politiquement incorrect, mais très bien écrit, le film permet aux acteurs de s’amuser de leur jeu tant les joutes verbales sont efficaces et finement ciselées, brillantes, éloquentes…

Des intellectuels frustrés n’ont pas aimé le film qu’ils ont trouvé cousu de fils blancs. .. Peut-être… mais ces coutures sont magistrales, et pour ma part, j’en fais l’éloge parce que j’ai vraiment passé un excellent moment. Alors, à mon avis, ce film est très réussi… avec brio !!!

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