Blanche Gardin au Zoofest : humour noir et réflexions crues

Comédienne, auteur et scénariste, c’est avec son deuxième spectacle « Je parle toute seule » que la Française Blanche Gardin vient se présenter au public montréalais dans le cadre du Zoofest. Exposer son célibat à 39 ans, sa condition sexuelle ou encore ses problèmes de digestion, l’artiste regorge de sujets intimes, qu’elle partage avec sincérité, sans tact, tout en absurdité, vulgarité et humour noir. À bon entendeur !

Par Léa Villalba, journaliste

Parler du « vrai » quotidien

Dans son spectacle « je parle toute seule », Blanche Gardin dévoile son état actuel global qu’il soit d’ordre amoureux, sexuel ou encore digestif. C’est de son quotidien personnel et intime qu’elle veut exprimer à son public.

Elle évoque alors la difficulté de séduire à 40 ans, « envisager un chauve, c’est tragique » et s’apitoie sur son sort, avec des répliques incisives et des pensées absurdes et noires. Elle parle d’un éventuel suicide où elle ne désire pas que son corps soit considéré comme une blague auprès des pompiers qui viendront la décrocher, de son manque d’attention sexuelle, de ses premières expériences adolescentes, allant dans les détails les plus trash et les plus hilarants.
Bien qu’autobiographique à première vue, le spectacle offre aussi un état de la société, que l’artiste amène avec subtilité et humour, toujours !

Humour sadique et bien amené

Avec une noirceur des mots caractéristique et un ton toujours poli et calme, l’artiste nous questionne tout de même sur la société. Les jugements que vit une femme célibataire sans enfants, les règles implicites de l’acte sexuel et de la pénétration ou encore les nouvelles mœurs où « tuer un chat ne peut pas être publié sur Facebook ».
L’humoriste n’hésite pas à traiter de sujets tabous comme la victimisation des Français dans le monde depuis les attentats, la relation gênante avec un médecin pendant un toucher rectal, les relations ambiguës entre cousins ou encore la sodomie.

Malgré des propos parfois choquants et toujours très explicites, l’artiste manie les mots à merveille et joue avec la beauté de la langue française. Un décalage surprenant et très comique qui lui donne une légèreté soudaine et un talent littéraire, une vraie signature humoristique.

Un spectacle, interdit aux moins de 17 ans, à recommander pour les fanatiques d’humour cruel, noir et vulgaire, au Monument-National jusqu’au 24 Juillet.

(Crédit photo : Marie-Eve Lapointe)

Laisser un commentaire