Benjamin Constant, retour sur une traversée du désert

Par Maryne Zammit

Le Musée des beaux-arts de Montréal rend hommage au peintre Benjamin Constant jusqu’au 31 mai avec l’exposition « Merveilles et mirages de l’orientalisme. De l’Espagne au Maroc, Benjamin Constant en son temps ». Parmi les dizaines de tableaux visibles, Le Jour des funérailles – Scène du Maroc retient particulièrement l’attention…Retour sur une traversée du désert.

Depuis fin janvier, le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) s’emploie à faire redécouvrir Benjamin Constant, ce peintre orientaliste français du XIXe siècle, quelque peu oublié de nos jours et souvent confondu avec le romancier et homme politique homonyme. Menée conjointement avec le Musée des Augustins de Toulouse, l’exposition « Merveilles et mirages de l’orientalisme. De l’Espagne au Maroc, Benjamin Constant en son temps » propose un parcours au travers de plusieurs lieux emblématiques de l’orientalisme.

Parmi les dizaines de tableaux présents, l’un d’entre eux tire son épingle du jeu : Le Jour des funérailles – Scène du Maroc. « Il était roulé comme un tapis en attendant de retrouver la lumière », explique Isabelle Collet, conservatrice au musée du Petit Palais à Paris, venue spécialement en janvier dernier à Montréal assister à toutes les étapes de réception de l’œuvre. Et pour cause, Le Jour des funérailles revient de loin. Conservé dans les réserves du Petit Palais depuis environ trente ans, ledit tableau fut détérioré par un dégât des eaux au début des années 2000.

Mais quand Toulouse le demande en prévision de l’exposition l’an dernier, Paris débute sa restauration. Elle est rapide : en trois mois, l’œuvre est totalement réhabilitée. Elle quitte la Rive droite pour la Ville rose en octobre 2014, puis traverse l’Atlantique au début de cette année. Jean-Pierre Galopin, restaurateur parisien du cadre, a lui aussi fait le voyage du Petit palais vers le Québec pour coordonner l’équipe montréalaise de neuf personnes qui s’est chargée de la mise en cadre et de l’accroche du tableau. « Montréal le découvre donc avant Paris ! », note Isabelle Collet. Une fois l’exposition achevée au MBAM, le 31 mai prochain, « tout rentre à la Ville Lumière », ajoute-t-elle. Mais plutôt que les réserves, Le Jour des funérailles – Scène du Maroc retrouvera, contre toute attente, les cimaises de l’exposition permanente du Petit Palais…

(crédit photo : MBAM)

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