Baron Noir, le House of Cards français part à la conquête du Québec

Le 16 avril prochain, Canal + International amorce la diffusion de la première saison de la série Baron Noir, chaque lundi soir à 20H. Acclamée par la critique en France alors que la Saison 2 vient de s’achever, la première série politique française, qui met en scène Kad Merad, Niels Arestrup et Anna Mouglalis, se veut un House of Cards à la française,… mais pas tout à fait. Le producteur Thomas Bourguignon, homme de cinéma, part à la conquête du Québec avec une série très française au pays de la série nord-américaine.

Par Nathalie Simon-Clerc et Pascal Eloy

Dans cette série, Kad Merad joue un politicien français, Philippe Rickwaert, député maire de Dunkerque, qui soutient la candidature à la présidence de la République de Francis Laugier (Niels Arestrup). Mais, empêtré dans des combines politiciennes et financières, lui qui espérait siéger à la rue Solferino, au siège du Parti socialiste, se voit progressivement sacrifié par le candidat qu’il soutenait. Animé d’une forte soif de vengeance contre ses amis et ses ennemis politiques, il forge des alliances et des amitiés improbables qui feront de sa vie un chaos. Mais n’est-ce pas un risque à courir lorsqu’on veut faire de la politique à un haut niveau ?

Etre un écho de la réalité

« Quand on a commencé le développement de Baron Noir, la série américaine House of Cards n’était pas diffusée », justifie Thomas Bourguignon. La première série française qui se déroule dans le milieu politique n’est pas pour autant un copier-coller de la célèbre série qui met en scène Kevin Spacey. « Il y a des similitudes, mais il y a de grandes différences : notre héro n’est pas cynique, il fait les choses au nom d’une grande idée, même s’il les fait de manière condamnable. Et notre intrigue se déroule au plus haut niveau mais aussi au niveau local », explique le producteur.

La comparaison s’arrête là. Car c’est en observant le milieu politique de l’intérieur que les scénaristes Eric Benzekri et Jean-Baptiste Delafon ont ficelé ce thriller. Eric Benzekri a milité et travaillé avec le parti socialiste pendant 20 ans. « Nous montrons ce qui se passe dès les portes closes, les intrigues de pouvoir ou comment se prennent les décisions », ajoute-t-il. Inspirés parfois de faits réels ou d’histoires inventées qui auraient pu se passer, la série met en scène des personnages fictifs, construits à partir de personnages connus. D’ailleurs, l’un des personnages de la saison connait un destin à la Macron dans la Saison 2… « On suit nos personnages et on veut être un écho de la réalité », poursuit Thomas Bourguignon.

Il y a une morale…

Aidé d’une impressionnante distribution, cette série montre un Kad Mérad à contre rôle de ce qu’il fait normalement. Diabolique, manichéen et sans scrupule, il incarne un homme prêt à tout pour réussir. « C’est un fou dangereux. Il est prêt à tout. Je l’ai toujours su  » (Niels Arestrup). L’histoire qui se déroule à un rythme effréné trace, avec un sens aigu du détail, la carte des manipulations nécessaires pour arriver au pouvoir et le garder. « On n’est pas des enfants de choeur, mais aucun de nous ne mérite d’aller en prison  » (Kad Merad). Et pourtant…
On pourra simplement regretter, peut-être, le jeu de Niels Arestrup, un peu empesé et rigide, lui donnant plus une allure de maître d’école que de président de la République. Gageons que cela se bonifiera au gré des épisodes.

Ses personnages, Thomas Bourguignon les définit comme « passionnés » et « passionnants ». « C’est de la fiction mais on s’attache aux personnages qui ont commis des fautes graves, parce qu’ils font ça par passion et non pour un enrichissement personnel », fait valoir le producteur. Pour autant, la série se veut « morale ». « Ce qu’on montre, c’est que tout a un coût. En politique, si vous faites une faute morale, vous êtes entravée dans votre action », croit M. Bourguignon.

Une série bien accueillie par la classe politique

Alors que la Saison 2 vient de s’achever en France, les producteurs et scénaristes travaillent déjà sur la Saison 3. Thomas Bourguignon est ravi de l’accueil réservé à cette deuxième saison. « Elle a été très très bien accueillie, même par les hommes politiques! c’est important en termes de réalisme », confie le producteur.

Thomas Bourguignon souhaite séduire le public québécois et reste confiant. « D’un point de vue qualitatif, on est au niveau mondial, avec de grands acteurs et une équipe technique nominée aux Oscar; en termes de rythme et de dynamique de série, on est à un très bon niveau; d’ailleurs c’est une série qui s’exporte », justifie le producteur.

« House of Cards » à la française ou pas, cette série qui a obtenu l’un des plus importants budgets de production de la télé française, remplit parfaitement son objectif. Avec un excellent scénario, bien joué et filmé, cette série constitue un très intéressant moment de télévision pour qui s’intéresse un tant soit peu à la vie politique.

Sur Canal + International: tous les lundis à 20H

(crédit photo: Mathieu Zazzo / Canal + – Gracieuseté)

 

 

 

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