Montréal accueille la première édition du salon «Art de Vivre au Masculin»

La première édition du salon « Art de vivre au Masculin », s’est tenue du 15 au 17 avril dernier à Montréal. Dans une ambiance chaleureuse, ces trois jours ont permis d’assister à des conférences sur le savoir-vivre et de visiter de nombreux stands d’exposants.

Par Sylvie Colombier, collaboration spéciale

C’est parce qu’il a constaté, que depuis quelques années, nombre de jeunes gens ne connaissaient plus les codes du savoir-vivre et qu’une forte demande dans ce sens émergeait, que Serge-Jean Laviolette s’est associé avec Marie-Sophie Reix, pour créer cet élégant projet de salon. « Il est important de redonner des repaires à une génération qui n’en n’a plus, tout comme l’art de partager à table ou l’art de la conversation », explique Serge-Jean Laviolette. « Aussi, nous avons voulu que ce salon reflète tous ces aspect de la vie quotidienne en donnant quelques conseils personnalisés tout comme l’art vestimentaire, l’art de la table, l’art visuel ou l’art de la culture », ajoute-t-il.

Styliste et directeur artistique, consultant pendant 10 ans pour CHANEL Canada, M. Laviolette a convaincu Marie-Sophie Reix, directrice de l’agence d’évènementiel Mémorables, de se lancer avec lui dans cette aventure inusitée.

Durant trois jours, la salon a proposé des conférences sur le savoir-vivre, une « soirée des Dames », des dégustations étonnantes, une exposition de l’artiste-peintre, Joelle Gargour, et de nombreux exposants sont venus proposer leurs créations.

Des exposants français

L’argentier Christofle, entreprise française présente dans plus de 70 pays, créé en 1830, a montré l’étendu de son élégant univers. Synonyme d’argenterie fine, fournisseur du Palais de l’Élysée à Paris, la compagnie offre des pièces d’exception de vaisselle, d’articles cadeaux, d’accessoires de décoration, de cristal et même de meubles. En 2005, dessinée par Andrée Putman, la première collection de bijoux Christofle, tant féminine que masculine, entre dans le XXIème siècle.

Parmi les exposants, une jeune fleuriste française qui collabore régulièrement avec Christofle, Charlotte Lefebvre, créatrice de la plupart des splendides décorations florales à Montréal. Fleuriste depuis 20 ans, elle a travaillé à Paris pendant 10 ans. Passionnée par son art floral, ses décorations sont très raffinées, sans limite et de style moderne ou classique selon les besoins du client : « Chaque décoration est personnalisée en fonction de la demande du client, nous ne travaillons qu’avec des fleurs fraîches et de saison, le feuillage est stylisé en fonction des vases, des accessoires, des couleurs », explique la créatrice qui réalise un tour de force, dans un pays ou la fleur n’est éclose que très peu de temps.

crédit photo : Michael Davantes
crédit photo : Michael Davantes

L’art du vêtement sur-mesure se retrouve parmi quelques exposants avec  Finezza  Au Nom de l’Homme dont la devise pourrait être : « Accordez vous le droit de vivre l’expérience de l’habillement des gentlemen d’autrefois ». Le fondateur Ivan Lehec, breton qui habite Montréal depuis 10 ans, précise que les costumes sont taillés dans les meilleurs tissus importés d’Ecosse et d’Italie et les accessoires fait-main à Montréal.

C’est grâce à son père, daltonien, dont la vision affectée des couleurs ne pouvait lui permettre d’agencer harmonieusement complets et cravates, que la jeune créatrice et designer d’Alexandre dit Sandy, Emilie Mathieu, a développé son goût pour la mode masculine. Pendant de longues années, la jeune Emilie est chargée d’habiller ce père aimant mais non moins très exigeant : « Il fallait que ça aille! », lance-t-elle . Ses créations sont jeunes, modernes et superbement coupées dans des matériaux innovants.

Nœuds papillon à l’honneur

crédit photo : Sylvie Colombier
crédit photo : Sylvie Colombier

Julie Depaux et Pierrot Bedel ont l’accent ensoleillé du Languedoc, qui se reflète dans leurs superbes créations de noeuds papillon chics et modernes. Arrivés en 2012, Julie et Pierrot tombent en amour avec Montréal et les Québécois. C’est sur une idée de Julie, tapissière de formation, que la confection en soie, lin, brocard et même peau de poisson ou cuir des noeuds papillon avec un petit bouton en bas à droite débute.   Depuis 2014, l’Effet Papillon Créations, expose dans des galeries d’art et s’associe ensuite avec Alexandre dit Sandy.

Aurélien Doré est un jeune souffleur de verre passionné, avec plus de 15 années d’expérience, originaire d’Arras. Il met au point le premier « noeud pap » en verre soufflé selon les mêmes techniques de souffleur de verre existant depuis 1000 ans. En 2014,  la compagnie ADoré est créée : »Nous créons, fabriquons et vendons des nœuds papillon en verre soufflé, notre mission vise à créer un lien pertinent entre les métiers d’art et la mode avec le devoir de réaliser un objet précieux et de qualité irréprochable. »

Danniel Oickle est un artiste multi-talentueux. Il commence la musique très jeune et plus tard s’oriente vers la sculpture. En réutilisant des cravates en soie provenant de designers de mode réputés, il assemble un ingénieux amalgame de polymères et soies aux couleurs chatoyantes. A l’automne 2014, Guillotine est fondée et très rapidement le succès est au rendez-vous. Conçus pour les hommes et les femmes, les nœuds papillon Guillotine font sensation dans les milieux branchés de Montréal.

… Et même un cireur de chaussures

crédit photo : Sylvie Colombier
crédit photo : Sylvie Colombier

L’histoire de Patrick Marleau , « cireur professionnel » de 38 ans, est assez unique. Il y a deux ans, il était laveur de vitres lorsqu’il rencontre Henry Klein, québécois devenu cireur à 55 ans. Il se passionne alors pour l’histoire de la chaussure et du cireur de chaussures. Son parcours le conduit à Paris et à Castre ou il se forme aux techniques de base avec un maître-cireur et un cordonnier français.

« On a des techniques de base, mais on travaille à sa façon et on développe au fil du temps ses propres techniques de manière à obtenir le meilleur résultat », raconte-t-il. Ce très  élégant cireur se déplace avec son matériel mobile, le box, plate-forme en bois sur laquelle la chaise est fixée et les pieds en métal datant de 1910. « Je suis tous les matins à l’aéroport Trudeau de Montréal avec la compagnie Walters Shoes Care de Toronto, mais je suis appelé partout, dans les salons, les événements, les mariages, les banques et nombreux autres lieux de travail. Ma clientèle est essentiellement composée d’hommes et de femmes d’affaires mais aussi beaucoup de jeunes gens sortant de l’école. Le métier revit et je suis heureux de travailler car c’est un vieux métier d’art, nous sommes des artistes à notre façon… »

(crédit photo de Une :  Michael Davantes)

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