Anne-Yvonne Jouan : quand le patrimoine culturel renait à travers l’art

Anne-Yvonne Jouan, la coordonnatrice aux lieux patrimoniaux de la Société d’art et d’histoire de Beauport, était de passage à Montréal mardi dernier afin de présenter l’exposition estivale de la Maison Girardin à l’émission « Ça me regarde » chez AMI télé. Mettant à l’honneur l’apothicairerie et la céramique de Renaud Sauvé, l’exposition intitulée « Mémoire fragmentée et fragments de mémoire », retrace l’histoire de Robert Giffard, chirurgien-apothicaire et premier seigneur de Beauport.

Par Léopoldine Frowein

Il y a déjà une dizaine d’années que l’artiste Anne-Yvonne Jouan a quitté la France avec ses enfants et son mari, le sculpteur Philippe Pallafray. Alors qu’elle était commissaire-priseur à Paris, l’artiste choisit l’Île d’Orléans, berceau de l’Amérique française, pour vivre son aventure canadienne, où elle conjugue actuellement sa production artistique avec sa fonction de coordonnatrice des lieux patrimoniaux pour la Société d’art et d’histoire de Beauport. À ce titre, elle souhaite faire revivre l’histoire, et plus largement le patrimoine culturel canadien.

Évoquer l’histoire et faire revivre le patrimoine culturel canadien, une mission essentielle pour l’artiste

Anne-Yvonne Jouan et son mari ont tous deux un même désir : « faire revivre le patrimoine culturel ». C’est pourquoi ils puisent leur inspiration majoritairement dans des paysages canadiens. Par exemple, une de leurs dernières créations artistiques mettait en lumière le pont de l’Île d’Orléans (Québec). À travers une série de dessins et de sculptures, symbolisant la construction et l’asphyxions progressive du pont de l’Île d’Orléans, le couple d’artistes a voulu sensibiliser les insulaires à la possible disparition du pont reliant l’île à la rive nord de Québec.

affiche-horizontale_maison Girardin

« Mémoire fragmentée et fragments de mémoire », un retour dans l’histoire grâce à l’éveil des sens

En tant que coordonnatrice des lieux patrimoniaux, Anne-Yvonne Jouan retrace également l’histoire du Canada. Pour la programmation estivale, elle a donc choisi de nous plonger dans l’univers de Robert Giffard, chirurgien-apothicaire et premier seigneur de Beauport, avec l’exposition « mémoire fragmentée et fragments de mémoire ». Pour se faire, le céramiste Renaud Sauvé a confectionné des contenants de porcelaines en s’inspirant de l’environnement du chirurgien.

Par ailleurs, l’exposition sollicite tous les sens des visiteurs avec ou sans handicap auditif ou visuel. Effectivement, les visiteurs ont le choix de visiter l’exposition avec ou sans bandeau sur les yeux, et peuvent ainsi toucher les œuvres en porcelaines. Toujours dans cette même optique de réveiller les sens, une table de découverte multi-sensorielle est également mise à leur disposition afin d’explorer de façon originale l’exposition estivale.

Une mission fondamentale et tout un défi

Il s’agit sans aucun doute d’une mission cruciale puisque le patrimoine culturel constitue un élément vital pour le maintien de la diversité culturelle face à la mondialisation croissante. En plus d’encourager le respect d’autres modes de vie, l’importance du patrimoine culturel réside également dans la richesse des connaissances et du savoir-faire qu’il transmet d’une génération à une autre.

Mais pour Anne-Yvonne Jouan, il s’agit aussi d’un défi. En plus de faire revivre l’histoire et le patrimoine culturel canadien, elle souhaite allier à cette mission un angle contemporain encore bien plus vaste qu’il ne l’est actuellement.

L’exposition, ouverte à tous, a débuté le 4 juin et se poursuit jusqu’au 4 septembre à la Maison Girardin.

Laisser un commentaire