Alstom et Bombardier rafflent un contrat de 3,75 milliards d’euros

Le consortium franco-canadien, Alstom-Bombardier, fournira 255 rames de RER, pour renouveler les trains des lignes D et E en Île-de-France. Annoncé aujourd’hui, ce contrat de 3,75 milliards d’euros, est le plus gros appel d’offres mené par la SNCF pour du matériel roulant et devrait fournir du travail à 2 000 salariés sur plusieurs sites en France. Dès 2021, les Franciliens pourront prendre place dans des rames à deux niveaux de nouvelle génération.

Par Nathalie Simon-Clerc

Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France et du Syndicat des Transport d’Île-de-France (STIF), croit que cette commande va permettre la mise en oeuvre de « la révolution des transports ». Elle ajoute que « Plus de 700 trains seront ainsi achetés ou rénovés pour moderniser le matériel roulant actuel, dont l’âge moyen dépasse les 30 ans. » 

C’est en effet, le STIF qui assurera le financement de cette commande qualifiée « d’historique » par sa présidente. La première phase du projet, d’un montant de 1,552 milliard d’euros (environ 70% Alstom – 30% Bombardier), comprend la livraison de 71 rames, « plus sécurisées et plus fiables », qui circuleront dès 2021, et sera assumé financièrement à 100% par le STIF.  » C’est le quotidien des Franciliens et des voyageurs des lignes D et E qui va changer (…) Les effets positifs de cette commande se ressentiront aussi sur le reste du réseau : 15% du trafic du RER A se reportera sur la ligne E prolongée qui doit être livrée en 2022 jusqu’à Nanterre, puis en 2024 jusqu’à Mantes-la-Jolie.», a précisé Valérie Pécresse.

Pour Guillaume Pépy, président de la SNCF, ces nouveaux trains permettront de faire face à l’augmentation du trafic (+7% entre septembre 2015 et septembre 2016) et vont contribuer à améliorer la ponctualité des lignes E et D.  » Nous disposerons ainsi d’un train spécifique aux besoins de SNCF Transilien et de la zone hyperdense francilienne (70% des clients SNCF sur 2,2 % du territoire français). », s’est réjouit le dirigeant.

Le STIF souhaite équiper l’ensemble de la ligne D (615 000 voyageurs par jour) de trains neufs avec un minimum de 125 rames de nouvelle génération pour un montant d’environ 1,8 Milliards d’euros. La ligne E (372 000 voyageurs par jour) sera entièrement équipée de trains neufs, que ce soit sur la partie prolongée que sur la partie existante. Le STIF prévoit de commander 130 rames RER NG Alstom-Bombardier en version courte pour un montant de 1,8 milliards d’euros.

Des trains de nouvelle génération

Les trains construits par le consortium seront entièrement ouverts (sans séparation entre les voitures); spécifiquement conçus pour les zones denses, ils pourront transporter jusqu’à 1860 passagers en version 130 mètres. Plusieurs innovations permettront de réduire de 25% la consommation d’énergie par rapport aux générations précédentes de matériels, et augmenteront le niveau de confort pour les usagers: éclairage LED, climatisation ou encore vidéo-protection. Grâce à de larges portes, ils permettent une grande fluidité dans les entrées et sorties des passagers et offrent trois espaces de voyage distincts: des zones plateforme pour voyager debout lorsque le trajet est très court et qui permettent de circuler facilement comme dans un métro, des zones basses mixtes (debout ou assis) pour un trajet inférieur à 20 minutes, et en hauteur des espaces au confort de type régional avec plus de places assises pour les voyages plus longs.

Huit sites d’Alstom en France concevront et fabriqueront ce nouveau matériel : Valenciennes pour la gestion de projet, la conception, la validation, les essais, la mise en service et garantie, la production des véhicules d’extrémités et l’intégration finale du train ; Reichshoffen pour des lots d’études, Ornans pour les moteurs, le Creusot pour les bogies, Villeurbanne pour l’électronique embarquée, Tarbes pour les systèmes de traction, Petit-Quevilly pour les transformateurs et Saint Ouen pour le design. Le site de Bombardier à Crespin sera en charge de la conception et de la fabrication des voitures intermédiaires. Près de 8 000 emplois seront ainsi pérennisés en France au sein de la filière ferroviaire. 

(source: SNCF) (crédit photo: SNCF – Alstom-Bombardier)

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