Adallock, l’expat qui s’est lancé sur Twitch pendant le confinement

Installé depuis décembre 2017 au Québec, Jason s’est lancé sur Twitch pendant le confinement sous le pseudonyme Adallock. Le réunionnais est actuellement sous statut implicite et espère obtenir sa résidence permanente d’ici à la fin de l’année. 

Adallock, de son vrai nom Jason, expatrié français de 28 ans originaire de l’île de la Réunion, est arrivé au Québec en décembre 2017. Dans un premier temps venu visiter son frère déjà installé à Montréal le temps des fêtes de fin d’année, il a finalement décidé de rester et a obtenu son PVT en janvier 2018. Diplômé en hôtellerie et restauration, il a multiplié les expériences comme barman au Québec et été recruté en octobre 2019 au Louise Taverne, pour qui il a travaillé jusqu’à l’expiration de son PVT fin décembre 2019. Alors qu’il avait entamé deux mois avant la fin de validité de son permis des démarches pour obtenir la résidence permanente, Jason se retrouve aujourd’hui sous statut implicite, dans l’attente d’une réponse de la part des autorités canadiennes. Alors que son précédent employeur est prêt à le reprendre, il ne peut pas travailler sur le territoire canadien et doit attendre que son dossier soit traité, les délais ayant été prolongés en raison de la crise de la Covid-19. En attendant la décision finale de l’immigration, Jason peut rester sur le territoire canadien jusqu’en décembre 2020.

Partager sa passion des jeux vidéo sur Twitch

En attendant d’être fixé sur sa situation, le réunionnais a décidé de partager sa passion pour les jeux vidéo, en diffusant en direct ses parties sur la plateforme Twitch. Il a créé en août 2019 sa propre chaîne sous le pseudonyme Adallock, sur laquelle il diffuse activement depuis janvier 2020. « Cette plateforme occupe pleinement mes journées – surtout depuis le développement de la Covid-19 – et j’ai une petite communauté fidèle qui se développe depuis le début », se félicite le jeune instavidéaste, qui compte déjà environ 40 abonnés et 600 suiveurs. Adallock diffuse non-seulement ses parties de Paladins ou de Brawlhalla (des jeux de bataille), mais il invite également ses spectateurs à jouer avec lui a de petits jeux en ligne. Il diffuse ainsi six jours sur sept, entre 8h et 9h par jour. Sa communauté est essentiellement francophone, on le regarde depuis le Québec, la France, la Réunion, les Antilles, la Belgique ou la Suisse. « Le fait de jouer avec les autres, parfois en vocal, c’est ce qui fait la force de ma chaîne, on joue ensemble et on plaisante. Je prends du plaisir grâce à tout ça », insiste Jason. Le streamer accepte également des défis au fur et à mesure que sa chaîne évolue en termes d’audience – le dernier en date étant un tutoriel vernis pour fêter son 40e abonnement, ce qui renforce un peu plus son côté ouvert.

Pour rappel, Twitch est une plateforme de diffusion en direct sur laquelle des streamers (ou instavidéastes) partagent avec leur communauté leur passion, en direct. On y trouve essentiellement des jeux vidéo, mais également de la création musicale et artistique, des séances de sport ou encore des talk-shows. À l’heure où les cinémas et salles de spectacle sont fermés, les plateformes de diffusion comme YouTube, Netflix ou Twitch se révèlent être une véritable source alternative de divertissement. Sur les trois derniers mois, selon les analyses du site Internet sullygnome.com, le nombre d’heures de visionnage sur Twitch a augmenté de 63,4 % et le nombre de diffusions de 27,4 % – même si ces chiffres se sont stabilisés depuis une semaine, en raison des différentes mesures de déconfinement dans le monde.

L’instadiffusion génère un petit revenu à Adallock

La particularité de cette plateforme est que les spectateurs peuvent donner de l’argent à un ou plusieurs streamers sous forme de don ou d’abonnement. « Présentement, cela me rapporte un peu d’argent. Même si je ne touche pas un salaire complet, c’est quand même mieux que rien, étant donné que je ne suis pas éligible à la Prestation canadienne d’urgence ou d’autres formes d’aide mise en place pour la Covid-19 », souligne Jason. « Ça me paye mes courses, mais j’ai encore de l’argent de côté grâce à mes expériences dans la restauration », nuance le réunionnais, qui vit également en colocation – notamment avec sa petite amie québécoise, qui est prête à parrainer Jason pour faciliter sa demande de résidence. À l’avenir, Le réunionnais espère pouvoir de nouveau travailler pour son précédent employeur, tout en poursuivant le développement de sa chaîne Twitch, ainsi que de voyager un peu plus à travers le Canada.

Lorsqu’il est arrivé au Québec en décembre 2017, Jason a vécu un véritable choc thermique, d’un peu plus de 60°C! « Il faisait 32°C quand j’ai décollé de la Réunion, alors qu’à Montréal, il faisait -30°C ! Je n’étais pas équipé pour ça, heureusement mon frère m’avait pris une parka », plaisante le réunionnais. Alors adolescent, il s’est orienté vers la restauration en suivant des études et accumulant des expériences dans ce domaine, avant de choisir une mention complémentaire barman. « Je travaillais en alternance, sur le front de mer de Saint-Pierre, un endroit paradisiaque avec beaucoup de bars et boites de nuit. J’ai travaillé pendant trois ans dans un bar duquel je suis devenu responsable au bout d’un an, ce qui m’a permis de mettre de l’argent de côté et par la suite de voyager ». Jason a bourlingué en Nouvelle-Zélande pendant un an et demie, et plusieurs mois en Australie, en Thaïlande, au Japon, au Laos, à Bali ou encore aux États-Unis – période pendant laquelle il a accumulé quelques expériences en restauration ou en usine agroalimentaire.

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