Acheter un premier bien au Québec

Le printemps est souvent synonyme de changement d’habitation au Québec, voire même d’achat immobilier. Sur un marché très tendu comme celui de Montréal, quelques règles de base s’imposent pour mener à bien une transaction importante dans la vie d’un immigrant.

« Le marché est très dynamique », confirme Aminata Fall, conseillère en finances personnelles chez Desjardins, chargée des nouveaux arrivants et des investisseurs étrangers. Selon elle, la tension du marché s’explique par l’arrivée toujours continue d’immigrants, des investisseurs étrangers et aussi de retraités qui délaissent leur maison en banlieue pour s’installer en condo à Montréal.

Mme Fall recommande aux Français d’être « réactifs et se positionner rapidement » sur un bien; elle reconnait qu’en France le processus est long et la décision peut prendre du temps. « Ici, on est propriétaire en 30 jours, et du jour au lendemain, le bien peut être vendu », justifie la conseillère financière.

Gagner la confiance du prêteur

Pour magasiner un bien immobilier, Aminata Fall recommande d’abord de « gagner la confiance du prêteur », en l’occurrence la banque, et de commencer à chercher la maison ou l’appartement de ses rêves avec une préapprobation hypothécaire en poche. « Chez Desjardins, on peut se faire préapprouver avant même l’arrivée au Canada, par téléphone », rappelle-t-elle.

« Ça rassure le vendeur, ça permet d’accélérer le processus d’achat et de sécuriser le taux sur trois à six mois », renchérit-elle.

Selon son statut au Canada, investisseur, nouvel arrivant ou immigrant déjà installé, le futur propriétaire devra apporter plus ou moins 20% du prix d’achat sur ses fonds propres.

« Les résidents avec un historique de crédit et au pays depuis plus d’un an peuvent solliciter un financement assuré, garanti par un des organismes canadiens spécialisés. », explique Mme Fall.

Les taux vont-ils augmenter ? « On n’est pas sur une tendance à la baisse », lâche la conseillère financière. Au Canada, les acheteurs préfèrent généralement un taux fixe sur quatre à cinq ans, même si l’amortissement court sur 25 ans. Au bout de cinq ans, il faut renégocier un prêt au taux en vigueur.

Se constituer un historique de crédit

Mais c’est aussi un historique de crédit que les primo-accédants et immigrants doivent se constituer pour gagner la confiance des créanciers. « On doit pouvoir prouver que l’on paie ses factures et son compte de crédit à temps et régulièrement », explique Mme Fall.

Même si elle reconnait que les immigrants soient réticents à utiliser une carte de crédit, elle recommande vivement d’en utiliser une pour prouver sa capacité à gérer et payer ses comptes dans les temps. Équifax et TransUnion sont les deux organismes qui centralisent les données des Canadiens.

Un courtier immobilier ?

Enfin, pour trouver la propriété de ses rêves, Mme Fall recommande de se faire accompagner par un courtier immobilier, qui connait les quartiers, les processus d’achat et pourra être de bons conseils, pour faire une inspection du bien par exemple. Contrairement à la France, tous les biens au Canada sont recensés dans une base de données (plus de 83 000), Centris.ca, à laquelle tous les agents immobiliers ont accès. Pas besoin de changer d’agence !

Faut-il se fier à la valeur municipale du bien ? « Pas du tout! », assène Aminata Fall. Sur un marché tendu comme celui de Montréal, c’est souvent sous-évalué selon elle. Elle affirme que Montréal connait une croissance importante qui devrait durer car, avec une valeur moyenne de 300 à 400 000$ par propriété, la métropole se situe bien en dessous des autres métropoles canadiennes comme Toronto ou Vancouver.

Bon à savoir

  • Un condo est un appartement habité par son propriétaire
  • Un logement est un appartement loué
  • Une hypothèque est un crédit
  • Un courtier immobilier a accès à l’ensemble des propriétés à vendre, recensées sur centris.ca; en cas de vente, il partagera sa commission (versée par le vendeur) avec l’agent inscripteur.
  • Les taux sont fixes ou variables, en moyenne de trois à cinq ans, et renégociables à leur terme.
  • Le processus d’achat est très rapide, on peut être propriétaire en 2 à 4 semaines
  • Les frais de notaire sont très abordables (autour d’un millier de dollars)
  • Prévoir la taxe Bienvenu (pour Montréal) : montant fixe à payer quelques semaines après l’entrée dans la propriété, d’un montant un peu supérieur à la taxe municipale.

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