Tout à refaire, le succès parisien de Gérard Darmon et Philippe Lelouche à l’affiche de l’Olympia de Montréal

L’Olympia de Montréal présente dès ce soir et jusqu’au 20 novembre, la nouvelle pièce de Philippe Lellouche, Tout à refaire. Mise en scène et jouée par Gérard Darmon, elle permet aux spectateurs de pénétrer dans la vie de deux grands amis, qui replongent dans leur passé.

Par Manon Lefevre-Mons 

Après plusieurs mois à guichets fermés au théâtre de la Madeleine à Paris, la pièce Tout à refaire est présentée à Montréal. L’Olympia, qui accueille très rarement des pièces de théâtre, ouvre ses portes pour quatre soirs consécutifs et une matinée. Cette comédie réunit deux grands amis sur scène comme dans la vie, Philippe Lellouche et Gérard Darmon. Attablés dans un bistrot, ils feront la connaissance de la serveuse, qui peut, par un pouvoir presque divin, les faire voyager dans le temps. Du jour J jusqu’à leur tendre enfance, les personnages vont revivre des moments, parfois douloureux. Pour Gérard Darmon, les thèmes abordés sont universels : « L’amitié, l’amour, la mort, la séparation, la religion, l’alcoolisme, l’au-delà, sont des conversations de copains dans un bistrot. » Le texte de Philippe Lellouche rassemble tous ces sujets, et les traite de façon comique, dans un décor épuré.

Une première mise en scène pour Gérard Darmon

On connaît Gérard Darmon au cinéma, en chanson, au théâtre en tant que comédien, mais c’est la toute première fois qu’il met une pièce de théâtre en scène. Après plus de 45 ans de carrière, il se lance pourtant dans cette nouvelle aventure: « Ça s’est présenté comme ça. Je fais confiance aux impondérables, au destin. Philippe Lellouche m’a proposé de mettre en scène Tout à refaire, et je me suis dit pourquoi pas ! Il n’y avait pas beaucoup de personnages, c’est dans un registre que je connais bien : les rapports humains. » Les deux personnages, amis dans la pièce, le sont aussi dans la vie. Ce qui, malgré ce que l’on imagine, n’est pas qu’un avantage « Quand on se connaît bien, le danger c’est la complaisance. C’est de tomber dans la facilité. Parfois quand on ne connaît pas les gens, le fait d’être curieux, de rechercher, nous amène dans des zones qui peuvent être bénéfiques dans la création. » Malgré tout, Philippe Lellouche et Gérard Darmon partagent des codes, qui leur permettent aussi de se comprendre rapidement. L’expérience et le talent de ces deux acteurs sont bien évidemment des atouts incontestables.

La pédagogie de la mise en scène

Outre l’aspect créatif du travail de metteur en scène, une facette à particulièrement plu à Gérard Darmon. « Il y a un aspect pédagogique qui est très important, et qui m’a beaucoup séduit. Amener l’acteur ou l’actrice vers les choix que vous avez faits, l’univers choisi, ça c’est génial! », se réjouit l’artiste. Mais Gérard Darmon s’est pourtant rajouté une difficulté, puisqu’il joue lui même dans la pièce Tout à refaire « C’est assez difficile d’être dedans et en dehors. Je suis tombé dans le piège de regarder mes partenaires comme le metteur en scène et pas comme le comédien. » Grâce à l’aide d’un assistant et d’un directeur artistique qui regardait les passages de Gérard Darmon sur scène, le travail a pu s’effectuer. « La pièce on la travaille tous les jours, et un soir c’est la première. Il faut se lancer. » Gérard Darmon, Philippe Lellouche et Laura Boujenah rentrent dans la peau de leurs personnages une fois sur scène, même si le metteur en scène n’aime pas vraiment cette expression « Quelle peau ? Il n’y a pas de peau, c’est nous, ce sont les comédiens qui lui donnent ses couleurs.  »

Tout à refaire est une pièce parfois joyeuse, triste, drôle. Une comédie qui vaut le détour si l’on en croit les nombreuses semaines parisiennes à guichets fermés. Présentée deux mois après les attentats du 13 novembre 2015, « la pièce a eu autant de succès parce que les gens ont eu besoin de rire de façon (qu’ils jugent) intelligente. » À découvrir dans la superbe salle de l’Olympia de Montréal, configurée en théâtre avec places assises pour l’occasion. Du 16 au 20 novembre.

Réservationswww.admission.com/venue/olympia-de-montreal-montreal-billets/olymp/150

(crédit photo: Manon Lefevre-Mons)

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